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Live Report – Motocultor Festival 2025 – Jeudi 14 août

Live Report – Motocultor Festival 2025 – Jeudi 14 août

I prevail au Motocultor
I Prevail au Motocultor Crédit : Corentin Charbonnier

Motocultor : the place to be pour les metalheads ?

Première fois pour Loud TV et pour moi au Motoc’ ! Et comme pour toute première fois (si vous aviez pas encore la chanson de Jeanne Mas dans la tête, c’est chose faite), un sentiment paradoxal m’envahit : entre excitation et peur d’être déçue, avec quand même énormément d’excitation.

Alors, je ne vais pas vous faire patienter jusqu’au dernier live report du dernier jour de festival pour vous dire qu’au Motoc’, c’est une première qui déroute : beaucoup d’excitation et aucune déception. On avait d’ailleurs pu échanger avec Yann Le Baraillec il y a quelques mois au sujet du festival :

Tout a été parfait, avec un micro-bémol sur les stands de restauration mais, on y viendra plus tard. De la prog, au site, à l’accueil incroyable des équipes : le Motocultor est vraiment un festival où le plaisir des oreilles et du bien vivre est maitre. Si vous êtes du genre « c’était mieux avant le Hellfest », arrêtez de rallonger la file d’attente chaque année en juillet pour Clisson et, comme on dit, changez de crèmerie. Venez donc à Kerampuilh, vous ne serez pas déçus.

On reviendra petit à petit, au fil des jours et des live reports, sur tout ce qui m’a tant plu au Motocultor. Et on commence avec notre première journée du jeudi 14 août, avec un public qui commence à affluer en masse sur le site peu de temps avant son ouverture.

L’organisation est fluide, l’entrée se fait sans encombre. Le site est spacieux et aéré, avec une nouvelle organisation cette année. Quatre scènes règnent au Motocultor : si les noms sont drôles (Dave Mustage, Supositor Stage, Massey Ferguscène, Bruce Dickinscène), il n’est pas forcément évident de se rappeler qui joue où, dans la mesure où ces dernières ne sont pas réellement thématiques.

L’objectif de cette première journée est clair : quatre scènes, une trentaine de concerts, et un public prêt à vivre des émotions fortes pour démarrer de toutes les manières possibles, sauf en douceur.

Petit disclaimer avant de commencer : évidemment, comme ça m’est déjà arrivé, un problème de batterie d’appareil photo (qui sera résolu le lendemain, mais bon, boulet un jour, boulet toujours me direz-vous), me fait remercier infiniment Corentin Charbonnier pour ses incroyables photos de ce premier jour de Motocultor afin d’illustrer mes propos.

Premier jour et premières claques au Motocultor

Arrivée à 15h, la première halte de l’équipe de Loud TV est la Dave Mustage, où Dogma lance les hostilités. Je ne vous cacherai pas que je ne connaissais que de nom et que je n’ai pas été déçue du voyage. Il faut déjà commencer par saluer l’ingéniosité et l’audace des programmateurs pour avoir pris le pari de commencer sur Dogma.

Si les américaines se présentent sur les réseaux comme, au-delà d’un groupe, un culte voire une religion, leur esthétique peut aussi dénoter pour une ouverture de festival en milieu d’après-midi. Pourtant, les riffs saccadés et la voix puissante de leur hard rock / death metal secouent le public.

Lamia Spills, guitariste de Dogma, fait une démonstration de shred qui ravit l’audience. L’énergie est contagieuse et le festival démarre sur les chapeaux de roue. En somme, une belle découverte live qui donne le ton du festival.

On enchaîne avec une deuxième découverte pour moi : Versatile, que vous retrouverez d’ailleurs bientôt en interview sur Loud TV ! Le groupe suisse a électrisé le public de la Supositor Stage avec son black metal industriel sombre et théâtral.

Avec des tenues de scène qui mettent dans l’ambiance, la performance de Versatile a plongé les spectateurs dans une atmosphère oppressante, avec des compositions tirées de leur dernier album, Les litanies du vide, que j’avais écouté avant le festival pour préparer l’interview.

Pour un groupe émergent, pas facile de passer après Dogma et son charisme, renforcé par une esthétique des plus marquantes. Pourtant, Versatile s’en sort haut la main et a littéralement mis le feu au Motocultor. Un groupe à suivre, je ne serais pas étonnée de les voir rapidement dans de multiples festivals. Un tantinet électro parfois (on vous invite d’ailleurs à écouter le duo avec Shaârghot).

Début de soirée festif au Motocultor pour apéro bien mérité

Vous connaissez surement l’expression deux salles deux ambiances. Eh bien là, on va plutôt dire deux scènes deux ambiances puisque nous sommes de retour en Dave Mustage avec le spectacle de Guillaume Aldebert, connu pour sa carrière dans la chanson pour enfants.

Aldebert au Motocultor
Aldebert au Motocultor Crédit : Corentin Charbonnier

Présent au Motocultor avec son projet Helldebert, il nous fait la joie, que dis-je, le bonheur de mêler enfantillages (666 pour être précis) et metal. Guillaume Aldebert a offert à un public, sans grande surprise familial, un show où l’humour et le metal se sont rencontrés de manière surprenante, pleine de renouveau pour le metal dit parodique, avec des titres tels que Seum 51 ou Pour Louper l’École.

Aldebert au Motocultor
Aldebert au Motocultor Crédit : Corentin Charbonnier

En marge du public familial, les non connaisseurs ont été amusés et étonnés par cette fusion unique de genres. La venue sur scène de Max Cavalera, qu’on retrouvait un peu plus tard avec son groupe Nailbomb, et avec qui Guillaume Aldebert avait fait un duo dans le passé (Le Cartel des cartables), a donné du crédit aux quelques metalheads qui, éventuellement, n’auraient pas été convaincus. Mais croyez moi : au vu du public et de son emballement, tout le monde a trouvé son compte dans cette prestation plus que réussie.

Aldebert et Cavalera au Motocultor
Aldebert et Cavalera au Motocultor Crédit : Corentin Charbonnier

Dans un autre registre qui aurait pu (et j’insiste bien sur le « aurait pu ») être familial vu l’ambiance festive, le papier toilette et tout ce qui se rapporte à nos excréments, on enchaine avec Gutalax. Pour ceux qui ne connaissent pas, vous ratez quand même quelque chose !

Le nom vous inspire sûrement un médicament concurrent au Smecta. Eh ben, dites vous que ça pourrait : le groupe tchèque a livré une performance brutale sur la Supositor Stage (là pour le coup, c’était thématique), avec son style grindcore extrême.

Avec Gutalax, ça commence toujours sur une chanson festive puis ça part en joyeux bordel : comme dirait Ultra Vomit, « chiassez le naturel, il revient en gastro ». Le public, comme toujours avec Gutalax, a répondu avec un enthousiasme plus débordant qu’un WC après la restitution de 3 kilos d’abricots, créant une ambiance fidèle à ce que Gutalax sait faire de mieux.

Après une petite pause, on se remet de nos émotions et on retrouve Max Cavalera sur la Supositor Stage. Avec son groupe Nailbomb, on se retrouve en famille, avec entre autres son fils Igor Amadeus Cavalera. Le retour récent de Nailbomb est à son apogée avec une tribu Cavalera enragée.

Nailbomb au Motocultor
Nailbomb au Motocultor Crédit : Corentin Charbonnier

Le groupe avait sorti un unique album et un live avant de se séparer il y a de bien nombreuses années. Relancé en 2024, toute l’énergie et l’esprit des Cavalera envahit Kerampuilh. C’est sale, c’est brutal, c’est perçant et sans concession. Si le public n’a pas peut être pas saisi l’engagement politique du groupe (pas besoin de vous traduire les titres World of Shit ou Religious Cancer), il a par contre bien percuté sa rage.

 Nailbomb au Motocultor
Nailbomb au Motocultor avec un Max Cavalera au taquet Crédit : Corentin Charbonnier

One night in Kerampuilh: explosion et final apocalyptique pour l’ouverture du Motocultor

Plus tôt dans la journée, j’avais discuté avec Stewie, ingé lumière de Kataklysm. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la gentillesse du groupe et de son équipe se retrouve sur scène, malgré la brutalité musicale des canadiens. Kataklysm a déchaîné une vague de puissance sur scène, à la fois très intense et technique. Un show clinique, quasi chirurgical, pour un black / death de haut niveau, sublimé par le chanteur Maurizio Iacono.

Pour le public pas super death, Magma jouait en parallèle. Parce que j’adore le groupe de Christian Vander, j’ai donc délaissé une partie du set de Kataklysm pour partir découvrir la Massey Ferguscène.

Magma, c’est tout un art, pour ne pas dire un mouvement spirituel. Et Magma a été fidèle à lui-même. Si Christian a confié, plus tôt en conférence de presse, vouloir jouer et tourner le plus vieux possible, l’énergie ésotérique, voire tantrique, dégagée sur scène est la même au fil des ans (en tous cas, depuis que je les vois en live).

Alors oui : certains diront peut être que chaque chanson dure 10 minutes et que le disque est rayé… En vrai, il faut une oreille sensible et attentive pour comprendre tout l’intérêt et toute la subtilité. Magma, c’est du prog’ et du jazz, c’est un langage à part entière et c’est une expérience, notamment en live. Au Motocultor, le public, en masse sous la tente de la Massey Ferguscène, a eu le droit aux classiques qu’on adore, comme Ëmëhntëhtt-Ré, Theusz Hamtaahk, Köhntarkösz ou Mëkanïk Dëstruktïẁ Kömmandöh. Si vous ne connaissez pas Magma, ne vous laissez pas décourager par ces titres : c’est toujours un grand moment musical.

Après toutes ces émotions, la soirée se termine pour Loud TV en compagnie d’I Prevail alors que la nuit bat son plein. Personnellement, ce n’est pas mon style mais, il faut reconnaitre que le public est complètement au rendez-vous. Les Américains réussissent à ambiancer la foule comme jamais. Un show efficace mais sans réelle plus value pour mes oreilles ou mes yeux.

I prevail au Motocultor
I prevail au Motocultor Crédit : Corentin Charbonnier

Le groupe a d’ailleurs annoncé un nouvel album cet été, toutes les infos sont à retrouver sur Loud TV : https://loudtv.net/clips/i-prevail-annonce-son-4e-album/

Je suis restée à proximité pour tendre l’oreille pour écouter Samael, groupe helvétique aussi intriguant pour les non connaisseurs que puissant. Si j’ai pu entendre certains festivaliers aguerris regretter la setlist trop « moderne » avec des morceaux plus « électro » que ce qu’avait pu faire Samael il y a 30 ans, mon oreille fut réjouie de ce qu’elle a entendu ! De quoi me faire regretter de n’avoir eu que le son.

Conclusion : un démarrage sans faute pour le Motocultor 2025

De l’après-midi jusqu’à l’aube, le Motocultor a réussi, fidèle à sa réputation, à alterner découvertes, têtes d’affiche et moments inattendus. Ce qu’on attend d’un festival côté programmation, c’est bien sur les incontournables, mais aussi les pépites de demain, les exclu, les raretés. Et cette première journée de Motocultor a largement dépassé mes espérances. L’équipe de Loud TV se réjouit de ce qui l’attend le lendemain, avec là encore de belles découvertes et de grands moments musicaux, alors stay tuned pour un peu plus de lecture !

Site internet : Festival Motocultor 2025 – Carhaix – Festival Motocultor

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