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Interview de Bad Situation à L’Empreinte

Bad Situation à L'Empreinte ©isispictureshow
Bad Situation à L’Empreinte ©isispictureshow

Bad Situation s’apprête à franchir une nouvelle étape avec une date annoncée au Trabendo, point de départ d’un nouveau cycle pour le duo. Nous les avons rencontrés à L’Empreinte pour revenir sur un parcours marqué par le Hellfest, une tournée canadienne et une première expérience nord-américaine qui a façonné leur vision du live et du groupe.

Entre retour aux sources, exigence scénique et volonté de rester dans un fonctionnement simple et humain, ils évoquent une trajectoire où la scène reste le moteur principal. À l’aube de ce nouveau chapitre plus ambitieux, ils nous annoncent en exclusivité leur retour en tournée canadienne l’année prochaine.

Bonjour Bad Situation, merci de répondre aux questions de Loud TV. Vous sortez de scène, comment s’est passé votre set, un peu trop court à mon goût ?

Aziz :  Ça a été assez court, finalement. Deux groupes se sont rajoutés à l’affiche, il a donc fallu s’adapter rapidement. Mais ça reste toujours un plaisir de revenir à l’Empreinte.

Lucas : C’était une super journée, on a rencontré plein de gars, les balances se sont bien passées, et on s’est tous entraidés, c’était vraiment cool

Aziz : Et en plus, on est principalement sur des groupes américains, et on est le seul groupe français de la soirée. Etant donné qu’on sort de la tournée canadienne, ça nous a permis aussi de continuer à parler en anglais durant la journée. Pratique !

On est le seul groupe français d’une soirée portée par des groupes américains. Comme on revient tout juste d’une tournée canadienne, ça nous permet de continuer à parler anglais. Pratique !

Est-ce toujours la même intensité après tous ces concerts ?

Aziz : Je trouve qu’on s’est encore plus trouvés maintenant. Tout est plus naturel, plus automatique, et même techniquement on se prend moins la tête. Pendant un moment, on avait l’impression qu’il fallait toujours arriver avec quelque chose de plus gros que nous. La tournée canadienne nous a remis les pieds sur terre : on est revenus à la base, à l’essence de Bad Situation. Deux gars qui jouent, avec juste ce qu’il faut autour. C’est vraiment là qu’on est les plus justes.

Lucas : On est beaucoup plus à l’aise maintenant. On n’a plus vraiment de soucis techniques, plus cette question de “est‑ce que ça va tenir”. Du coup, on profite vraiment beaucoup plus de ce qu’on fait.

Est-ce que vous composez en pensant au live ?

Lucas : Oui, complètement. Le live me sert beaucoup à jauger les tempos qui fonctionnent. Je suis très attentif à ça : en studio, il m’arrive même de sauter sur place pour voir si le morceau fait bouger. Le retour du public nous aide ensuite à retrouver cette même sensation au moment de composer, même sur disque.

Bad Situation est,  se « vend » et  se revendique comme étant un groupe de live. Et on voit le concert comme un spectacle

Aziz : On sait aussi faire des morceaux plus posés, on en a dans notre catalogue, mais ce n’est pas forcément ce qu’on met en avant en live, surtout avec le temps de scène qu’on a. Et comme on n’est que deux, on a une double contrainte : gérer les imprévus — comme un micro qui se casse la figure — et rester suffisamment dynamiques pour que personne ne décroche.

Le public, c’est un peu le troisième membre de Bad Situation. On s’adapte à lui. Il y a des soirs où c’est très intense, d’autres où c’est plus réservé selon l’endroit. À chaque fois, on ajuste : adapter le live, adapter l’énergie, tout en donnant le meilleur de nous‑mêmes.

Votre album a déjà deux ans, avec le recul, changeriez-vous quelque chose ?

Aziz : On a beaucoup évolué dans notre manière de composer. Aujourd’hui, on est plus à l’aise avec ce qu’on veut faire et la façon de le faire, donc on prend davantage le temps. Si on devait refaire un album aujourd’hui, je pense qu’on se laisserait justement plus de temps. Le premier album, a été fait en trois mois, porté par l’envie du moment. Il est très marqué par cette période-là, et c’est aussi ce qui fait qu’on y reste attachés. Avec le recul, on ferait les choses différemment, sans pour autant changer ce qu’on a fait.

Lucas : On ne changera rien parce que c’est trop tard.

Est-ce qu’il y a un morceau qui a changé une fois confronté au live ?

Lucas : Sur cet album, certains tempos ont évolué et plusieurs morceaux ont été retravaillés avec le temps. À force de jouer en live, certains passages improvisés ou hors partition sont revenus naturellement parce qu’ils nous plaisaient vraiment. On aime garder cette part de spontanéité dans notre jeu.

Aujourd’hui, certains titres seraient même impossibles à jouer sans ces ajouts nés sur scène. Ce sont de petits détails liés à des souvenirs de concerts, et ils ont fini par faire pleinement partie des morceaux. Ça a donné un truc assez marrant, alors on les a intégrés. Au final, il y a toujours deux expériences : celle du live et celle du disque.

Aziz : Tu sais, ça fait deux ans que l’album est sorti, et on l’a énormément joué. Forcément, les morceaux ont évolué naturellement, parce qu’on les sentait mieux, parce qu’on était plus à l’aise. L’album a gagné une forme de maturité après coup. Mais on ne changerait rien. Par contre, on a noté plein de choses pour la suite : ce qu’on veut pousser encore plus, et ce qu’on ne veut plus refaire. À chaque fois, c’est une question d’équilibre.

Donc ce que vous avez retenu de cette période se retrouvera dans le deuxième album ?

Aziz : Pour le prochain album, il y a des choses qu’on ne veut plus refaire. Bad Situation reste un projet un peu atypique : on est deux, et même si aujourd’hui beaucoup de groupes fonctionnent comme ça, la manière dont on s’est fait connaître et ce qu’on veut mettre en avant fait qu’on n’a pas envie de “vendre un album comme un album”. C’est une expérience qui nous a moins plu.

Aujourd’hui, on veut aller plus loin dans notre univers, dans notre vision. On est fans de cinéma, de plein de choses, et certains morceaux sont nés d’une phrase entendue, d’un livre, d’une discussion. Là, on prépare un album en deux parties. Il est composé, mais on veut que les gens prennent le temps de découvrir, d’abord notre univers. À une époque où tout se consomme vite, on veut proposer quelque chose qui s’explore.

Est-ce qu’il a eu un moment où le fait d’être deux sur scène vous a mis en difficulté ?

Aziz : Le fait d’être deux, ça nous met aussi dans une logique de défi permanent. Ce n’est pas de la pression à proprement parler, mais une forme de challenge : quand on voit des groupes à plusieurs sur scène, on se dit qu’il faut qu’on donne l’impression d’être bien plus nombreux. C’est dans cet état d’esprit-là qu’on avance et qu’on construit nos lives.

Lucas : Notre force, c’est justement d’être deux et très proches. On est en confiance permanente, donc être un duo ne nous met pas en difficulté. Je joue avec la personne en qui j’ai le plus confiance, ce qui nous permet d’avancer et de monter sur scène les yeux fermés, en quelque sorte.

Ce qui m’a frappé sur ce set, c’est votre complicité évidente en live, on vous sent « fusionnels ». Ce qui fait que vous transformez cet « inconvénient » en force !

Aziz : c’est qu’on a gagné alors !

Lucas : on est sur scène comme dans notre relation amicale, on se dit tout sans filtre !

Vous êtes un vieux couple ? 

Aziz : On est un vieux couple de ouf ! On est un plus vieux couple que nos couples officiels !

Parlons d’une grosse date… la grosse date. Le Hellfest, on le voit souvent comme une validation. Comment vous l’avez vécu ? Comment vous avez reçu la nouvelle avant d’y aller, comment vous l’avez ressentie une fois sur place… et après coup, est‑ce qu’il n’y a pas une sorte de petite dépression post‑Hellfest ?

Lucas : En fait, c’est assez drôle, parce que le Hellfest est souvent perçu comme une consécration énorme, alors que nous, on le vit plutôt comme un début, presque un baptême. Une première marche, un truc un peu vertigineux.

Cette étape est un peu difficile à appréhender, même si on s’y était préparés. Tout est tellement impressionnant, les conditions sont incroyables, et comme on est avant tout des fans et des rêveurs, on arrive avec un regard presque d’enfant, donc on prend énormément de plaisir.

Mais justement, il faut réussir à rester concentré après ça.  J’ai fait une petite galipette, d’ailleurs.

Aziz : J’ai plutôt eu une forme de “descente” quelques jours après l’annonce officielle, parce que tout ça paraît un peu démesuré. Le Hellfest reste une consécration, sans doute l’un des meilleurs festivals de rock et de metal au monde. Nous, on est plus ancrés dans le rock, donc même si j’ai beaucoup de respect pour la culture metal, je sais que ce n’est pas exactement ce qu’on fait.

Et en plus, cette année‑là, il y avait la sortie de l’album, la Boule Noire, plein de choses qui s’enchaînaient. Donc la pression, elle venait surtout de l’extérieur : du nom “Hellfest”, de ce que ça représente. Nous, on relativisait en se disant : “On joue à 10h30. Ça reste 10h30.” J’ai déjà fait des Hellfest où des groupes jouaient à 11h devant personne. Donc on s’était préparés à ça.

Lucas : On est arrivé en se disant qu’il n’y aurait personne.

Aziz : Finalement, il y avait beaucoup de monde et on a eu de la chance : les gens étaient curieux et certains venaient vraiment pour nous. Ça a été rassurant et ça a validé notre démarche. Même l’équipe du Hellfest était présente tôt le matin pour voir ce que ça donnait.

Aujourd’hui, on est aussi bien entourés par notre équipe, qui nous rappelle que, même si c’était une très belle étape, ce n’est pas le quotidien et qu’il faut continuer à travailler. C’est pour ça qu’on reste dans cette idée que ce n’est que le début, même si on sait aussi qu’il y a beaucoup de monde qui « tuerait » pour être à notre place.

Vous parliez très justement d’équipe. Quels sont les gens qui vous entourent ?

Lucas : Il y a beaucoup de monde autour, mais finalement pas tant que ça. On fonctionne beaucoup à l’affect, à la confiance et à l’amitié. Sur le Hellfest, il y avait Marie au son, Simon à la gestion plateau, et l’équipe de Bass Production avec Laurent qui nous accompagne aussi.

Au final, on s’appuie surtout sur un petit noyau de personnes avec qui on peut tout se dire, et c’est ce qui nous permet d’avancer en se sentant vraiment en confiance, même dans des moments aussi énormes.

Aziz : On veut pouvoir appeler les gens de manière spontanée et avoir une vraie réponse derrière Oui, il y a du monde derrière Bad Situation, mais la base reste Lucas et moi.

On fonctionne encore de façon très artisanale. On avance avec nos moyens, nos réflexes, notre petite équipe, et ça nous va très bien comme ça.

Lucas : On n’a pas du tout la volonté d’arriver avec trois fois plus de techniciens. On est deux, donc ça va vite. Et on fait encore beaucoup de choses nous-mêmes : déchargement, balances, merch, son, et gestion des albums pour l’instant.

Peut‑être qu’un jour ça évoluera, on verra quand ça viendra. Mais aujourd’hui, il n’y a aucune envie de se surentourer. On préfère garder ce côté artisanal, ce côté humain.

Aziz : On a envie de garder les choses simples et naturelles. On s’est rendu compte que dès qu’on sort un peu de ce cadre, notamment avec ce qu’a représenté le Hellfest et les sollicitations qui vont avec, on est plus à l’aise dans un cercle restreint, avec des gens qui nous comprennent vraiment. Ce truc d’image c’est très éphémère et on peut très vite se perdre là-dedans

On a besoin de personnes capables de nous recadrer, de nous dire quand on va trop loin, quand il faut réfléchir autrement ou quand au contraire on est sur la bonne voie. Mais au final, on reste les capitaines de notre vaisseau. C’est notre direction, notre duo, notre manière d’avancer.

Aujourd’hui, les personnes qui nous suivent ont d’abord été conquises par le live. Elles sont venues nous voir sur scène, ont échangé avec nous et ont retrouvé une vision qui correspondait à ce qu’on voulait transmettre.

C’est essentiel pour nous, parce qu’on veut beaucoup tourner et jouer devant du monde. Il faut donc être le plus irréprochables possible sur scène, ou en tout cas donner le meilleur à chaque fois.

Notre priorité reste la même : faire de bonnes chansons, que les gens prennent du plaisir, aient envie de revenir et en parlent autour d’eux.

Qu’avez-vous appris en créant votre propre festival (BadFest NDLR)

Lucas : Déjà, ça remet en perspective le rapport au sommeil… et à l’anxiété. C’était vraiment chouette d’avoir cette vision de programmateur de festival, avec les équipes du Forum et de Bass Production. C’est un métier qu’on voit de loin quand on est artiste, mais quand tu passes de l’autre côté, tu réalises à quel point c’est compliqué. Tu as presque de la peine pour eux, tellement c’est intense.

Et là, on avait trop de casquettes. J’adore les casquettes mais là j’en avais beaucoup trop. C’était hyper intense : gérer une équipe, gérer le temps, les plannings, les groupes, les annulations, l’argent… C’était un monde qu’on ne connaissait pas, et on a pris tout ça en pleine face.

On a trouvé ça hyper intéressant, justement, parce qu’on aime comprendre. Comprendre ce qu’on fait, dans quel univers on évolue, comment tout ça fonctionne autour de nous. Et là, découvrir l’envers du décor, même sur l’aspect financier, c’était précieux. Savoir ce que ça coûte, ce que ça implique vraiment… ça remet tout en perspective.

Aziz : Ah oui, le budget !!!

Un festival ou un concert, ce n’est pas juste acheter une place et venir voir un show. Il y a tout un travail et beaucoup de personnes derrière. : il y a une quantité de gens qui travaillent dans l’ombre pour que ça existe !

Lucas : C’est une micro-entreprise, avec tellement de gens : la technique, les bénévoles, du catering, la gestion des horaires, des transports, de la sécurité…

Aziz : C’est des mois de travail et de préparation. Tout ça a été très formateur, pas seulement parce qu’on a appris des choses, mais surtout parce qu’on s’est retrouvés plongés dans le réel, avec des situations concrètes et des décisions à prendre. Un cas pratique géant, hyper formateur

On a aussi fait suffisamment de choix cohérents pour envisager une nouvelle édition, sur laquelle on commence déjà à travailler. Il y a une vraie envie de continuer et de partager, d’autant que le Forum a une dimension symbolique forte pour nous : Lucas et moi nous sommes rencontrés au lycée juste en face. Il y a tout un historique, un retour aux sources dont on avait besoin.

On avait aussi besoin de se reconnecter à cette scène qu’on avait un peu quittée, de sortir de notre cercle de confort et de nos habitudes pour se confronter à d’autres réalités. Et au final, Bad Situation reste pour moi la meilleure école que j’ai faite jusqu’à présent.

Est-ce que ça vous a permis finalement de comprendre l’envers du décor ?

Lucas : On arrive aujourd’hui sur les concerts différemment, entre le Batfest et ce qu’on a vécu au Canada, avec des moyens et des formats de show plus importants. Ça nous ramène aussi à des bases d’adaptation.

Sur une date comme celle-ci, avec des groupes en plus, on comprend mieux les réalités et les coûts que ça implique. Et oui, c’est vrai, ça change tout dans la manière d’arriver, de se préparer, de se positionner.

 Aziz : On a des tableaux Excel dans la tête maintenant.

Lucas : Je ne pense pas qu’on soit chiants, mais on a encore plus de compréhension pour les gens avec qui on travaille. On est tous dans le même bateau, avec le même objectif : que le public vienne et vive un vrai spectacle.

Aziz : L’essentiel reste le public, parce que c’est aussi ce qui fait exister les groupes. Il faut tout mettre en œuvre pour qu’il reparte satisfait, quitte à mettre son ego de côté. On a assez travaillé à mettre nos egos de côté pour comprendre qu’en concert, tout se joue en équipe, même avec des personnes qu’on connaît depuis seulement une heure.

Comment vous êtes retrouvé sur cette tournée au Québec ?

Aziz : Notre tourneur voulait nous confronter au marché nord-américain, en lien avec notre identité musicale. Ce qui devait être un simple showcase s’est transformé en petite tournée après un vrai bon accueil autour du projet. Et peu importe le nombre de personnes dans le public, on a toujours joué avec la même énergie.

Lucas : On a vraiment écumé les petits clubs et les bars pour montrer qui on était, tout en retrouvant des scènes plus structurées. C’était chouette, car ça nous a aussi permis de nous retrouver tous les deux.

 Aziz : Oui, ça a été un vrai retour aux sources, sans technique ni artifices ce qui nous a obligés à revoir nos exigences à la baisse. Après le Hellfest et cette forme de “folie des grandeurs”, ça nous a remis les pieds sur terre et permis de voir ce que le projet dégage vraiment dans sa forme la plus simple. Et au final, ça a plu, puisqu’on est censés y retourner cette année. Exclusivité LTV.

Merci beaucoup pour cette exclu ! Parlons maintenant de cette superbe date au Trabendo, où vous serez en tête d’affiche. Une façon de clôturer cette tournée ?

Aziz : Non, c’est le début d’un nouveau cycle. On a encore des dates à confirmer, mais tout est mis en œuvre pour promouvoir notre concert au Trabendo. C’est un nouveau départ, assez ambitieux, et c’est pour cette raison qu’on concentre toute notre énergie sur cette date-là. »

Lucas : C’est presque un nouveau départ. Il va y avoir énormément de nouveautés, beaucoup de musique et plusieurs sorties à venir. Cette date marquera un point culminant avant toute la tournée qui suivra.

Pour nous, l’essentiel reste le live, comme tu l’auras compris. Ce nouveau chapitre est ambitieux : on arrive avec un show et des morceaux que l’on travaille depuis des mois. C’est une facette inédite de notre travail qu’on a pu laisser entrevoir au Badfest ; le public fidèle a tout de suite senti qu’on avait franchi un palier. Ça nous a confortés dans l’idée qu’on a encore une belle marge de progression. En résumé : vous n’avez encore rien vu, et c’est ça qui est vraiment cool.

Qu’est-ce que vous voudriez qu’on retienne de Bad Situation à l’heure actuelle ?

Aziz : Qu’on est avant tout des amis, qu’on fait tout avec le cœur et avec une démarche sincère. Et on espère que ça se ressent, au-delà même de la musique.

Lucas : Pas mieux

Retrouvez notre live report du concert : https://loudtv.net/news/lansdowne-a-lempreinte-live-report/

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