Aller au contenu

Mastodon – « Marrow deep » – Au coeur de l’émotion

Un neuvième opus qui prend aux tripes

MASTODON - MARROW DEEP
MASTODON – MARROW DEEP

Il est de ces périodes dans la vie d’un groupe qui sont de vrais défis émotionnels: changement de line up, changement de direction artistique et j’en passe.
Le décès d’un membre du groupe peut soit tuer le-dit groupe, soit le faire se sublimer. Le monde du métal a connu nombre de légendes trop tôt disparues. Cliff Burton, Bon Scott et tellement d’autres mais autant AC/DC que MetallicA en sont sorti grandis. Plus matures peut-être… Inspirés, définitivement.

Comment se sortir émotionnellement du départ d’un membre aussi essentiel que Brent Hinds, non seulement du groupe en Mars 2025 mais son accident de moto en Aout de la même année qui devait lui couter la vie? Il n’avait pas quitté le groupe en très bons termes, cependant. Explorons tout cela ensemble.

MASTODON - 2026
MASTODON – 2026

Le groupe d’Atlanta nous revient avec un nouvel album qui vous prend aux tripes par sa puissance et les émotions distillées le long de ces 12 chansons. Ils ont eu l’excellente inspiration de ne pas en faire un album de deuil pleurnichard. Un bon point d’ores et déjà.

La production est parfaite. On retrouve le son typique de ces chantres du sludge prog metal: des guitares très présentes, une batterie qui foudroie tout sur son passage, un chant très équilibré autant en clair qu’en scream qui véhicule à merveille les émotions de Troy Sanders. Cet album vous fait voyager intérieurement. Il y’a très peu de groupes qui sont capables de ce prodige: vous faire « voir leur musique ». The Deftones sont le premier groupe à qui je pense quand je mets cet argument en valeur. La musique qui exacerbe et met en éveil vos sens.

Les arrangements et les sonorités sont très bien amenés. L’album est d’une logique imparable artistiquement parlant. Les passages mélodiques ne sont en rien superflus et très intelligemment intégrés. Les claviers de Joao Nogueira amènent non seulement une richesse lugubre à l’album mais des soli aussi précis qu’inattendus.

Marrow Deep débute avec le très lourd et groovy « Barbarians Blood ». On y retrouve cette enclume sur la tête que seuls Mastodon et quelques rares autres sont capables de vous envoyer dans les gencives. Mais les passages rapides viennent s’assurer que vos molaires sont bien nettoyées. Nick Johnston, remplaçant de Brent Hinds ne démérite en rien, même si la pression de jouer en lieu et place du pilier qu’était le défunt guitariste a du être intense.

Est-on en droit de considérer « Your Ghost Again » comme le dernier adieu du groupe à Hinds. On peut aisément répondre par la positive. Quelle tristesse dans ces paroles, quelles souffrances tant morales que physiques cette chanson nous conte. I saw your ghost again followed by crushing feelings of regret. Est-il besoin d’en rajouter? Le fait que Brent Hinds soit parti sans tambour ni trompette de Mastodon a déjà du laisser un gout très amer dans la bouche de ses anciens compagnons. Mais être restés sur des non-dits, une aigreur, tant et si bien que le soudain décès du guitariste a exacerber cette amertume laissée par des mots tus, des sentiments refoulés par fierté mal placée. S’ils avaient su…

Ce qui peut frapper un peu plus que dans le reste de leur discographie, c’est le coté plus progressif que d’habitude de cet opus. Les fans de Tool en seront pour leur compte à l’image de « In The Ruins ». On est transporté, parfois on tombe dans un piège d’arythmie qu’on avait pas vu venir, d’une note, d’un changement de tempo. C’est un sentiment très fort et agréable de se faire cueillir par le talent quand il est poussé à ce point.

Les férus de technique auront à coeur de se jeter avec délectation sur un « They’re Coming For You » qui sent le jazz, le prog encore une fois et un rock’n’roll vibrant qui fait penser à Machine Head de Deep Purple.

A l’heure où je boucle cette chronique le groupe d’Atlanta est déjà parti sur les routes défendre « Marrow Deep » sur les scènes du monde. Les connaissant, ils auront à coeur de démontrer que l’épreuve que fut le départ de leur ami leur a donné une rage. Rage d’haïr, rage d’aimer? Quoiqu’il en soit, cet album est une masterclass du genre à n’en pas douter.

LINE UP:

Troy Sanders : basse, chant (depuis 1999/2000)

Bill Kelliher : guitare, chœurs (depuis 1999/2000)

Brann Dailor : batterie, chant (depuis 1999/2000)

Nick Johnston : guitare, chant (depuis 2026)

João Nogueira : claviers (depuis 2026)

 

DISCOGRAPHIE:

Remission (2002)

Leviathan (2004)

Blood Mountain (2006)

Crack the Skye (2009)

The Hunter (2011)

Once More ‘Round the Sun (2014)

Emperor of Sand (2017)

Hushed and Grim (2021)

Marrow Deep (2026)

LIENS:

https://www.mastodonrocks.com

MASTODON rend hommage à Brent Hinds en concert

 

 

 

Ma note : 

Partager cet article

Nos dernier articles

Abonnez-vous à notre Newsletter

Recevez nos informations directement dans votre boîte mail. Leur nombre est limité. Vous, comme nous, n’aimons pas les mails intrusifs.