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HORSKH l’interview pour Mtnt

horskh2026
Horskh Le trio surpuissant bitonois de metal indus

HORSKH : interview pour MTNT

Interview réalisée par Loud TV avec Bastien, membre de HORSKH, à l’occasion de la sortie de MTNT.

Loud TV : Commençons par le titre de l’album. Comment prononce-t-on MTNT ?

Bastien : On peut le prononcer « M-T-N-T », en anglais. Ça veut dire « mutant », sans les voyelles.

Loud TV : « Mutant », c’est un terme particulièrement intéressant, notamment lorsqu’on pense à la science-fiction. Quelles sont tes références dans cet univers ?

Bastien : Il y en a beaucoup. Depuis que je suis adolescent, la science-fiction me nourrit énormément. Quand j’étais ado, c’était Terminator, RoboCop, Strange Days… Il y avait plein de choses qui m’influençaient.

Depuis, beaucoup d’autres films sont sortis et j’ai aussi lu énormément de livres. C’est donc un ensemble de références qui nourrissent mon univers.

Loud TV : Il y a quelque chose d’assez troublant dans la science-fiction, notamment dans la littérature des années 1950, avec des auteurs comme Philip K. Dick : certaines visions semblent aujourd’hui extrêmement proches de notre réalité.

Bastien : Oui, complètement.

Loud TV : Avec MTNT, HORSKH est une nouvelle fois en pleine mutation. Le son évolue d’un album à l’autre. Est-ce important pour vous de ne jamais vous répéter ?

Bastien : Oui. C’était vraiment l’idée de cet album : être dans la transformation et créer de nouvelles choses.

Au début de HORSKH, le premier EP et le premier album étaient très électro, très EBM. Il y avait énormément de sons électroniques et très peu de guitare.

Petit à petit, au fil des albums — MTNT étant notre quatrième — toutes les influences qui étaient déjà les miennes sont revenues de plus en plus. Cette fois, j’avais vraiment envie de les assumer pleinement.

Il y a donc du metal, du grunge, de l’indus, encore des éléments EBM sur certains morceaux, mais aussi d’autres choses. Certains titres peuvent même avoir des influences trap. Il y a vraiment beaucoup de choses différentes.

Loud TV : Le décès récent du leader de Das Ich m’a fait penser à cette scène industrielle des années 1990. Est-ce que Das Ich a été une influence pour toi ?

Bastien : J’ai écouté Das Ich pendant une période, mais c’était il y a longtemps. Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est une influence. Ce n’est pas quelque chose auquel je pense lorsque je compose.

Mais évidemment, ça m’a attristé d’apprendre sa disparition.

Loud TV : On retrouve justement cette volonté de ne pas rester cantonné à la scène industrielle.

Bastien : Oui, c’est exactement ça. C’était déjà l’idée de HORSKH depuis quelque temps, mais encore davantage avec cet album : ne pas rester cantonné à la scène indus et à ses codes.

L’idée est de faire d’autres choses, d’évoluer et de créer de nouvelles choses. Le terme « mutant » de l’album représente aussi cela. C’est finalement une manière de parler de créativité.

Loud TV : Strange Game est justement un morceau assez différent. Tu modifies énormément ta voix et on retrouve une approche qui peut presque évoquer la pop.

Bastien : Oui. J’avais vraiment envie, sur cet album, de faire des titres plus calmes. J’avais déjà essayé sur les albums précédents, mais je n’étais jamais satisfait du résultat.

Cette fois, je voulais vraiment faire des morceaux plus calmes pour créer de la dynamique et du contraste : avoir à la fois des morceaux qui tabassent à fond et d’autres qui sont beaucoup plus posés.

Sur les albums précédents, il y avait quelques interludes, mais ce n’étaient pas vraiment des morceaux. Là, avec Strange Game et The Party Is Over, on a des titres beaucoup plus calmes.

Et concernant la voix, j’utilise effectivement beaucoup de choses différentes. Sur Strange Game, il n’y a finalement pas tant d’effets que ça. Sur The Party Is Over, en revanche, il y a des moments avec de l’autotune, et c’est totalement assumé.

Pour moi, ce n’est pas quelque chose qui doit faire débat. Je trouve que c’est intéressant de l’utiliser et que ça correspond totalement à l’univers de HORSKH. Ça permet de faire entendre la voix tout en créant une certaine artificialité.

Loud TV : Ce contraste doit également fonctionner sur scène. Vous envoyez beaucoup d’énergie en live et il faut parfois pouvoir souffler un peu !

Bastien : Oui ! Ce n’était pas forcément pensé pour ça, mais on verra en live si ça permet de souffler un peu !

Loud TV : Sur scène, HORSKH garde une forte connotation industrielle, mais votre jeu de scène est très vivant. Le trio bouge énormément. Avec ce nouvel album plus varié, cela peut également apporter une nouvelle dynamique.

Bastien : Oui. C’est toujours difficile de savoir dans quoi les gens vont se projeter, mais avec cet album, on avait vraiment envie de faire quelque chose de varié.

Loud TV : Qui s’est occupé du mix et du mastering cette fois-ci ?

Bastien : C’est la même personne que pour l’album précédent, Body : Thibault Chaumont.

Il a mixé et masterisé l’album. Il travaille avec énormément d’artistes, notamment Carpenter Brut, Igorrr, Shaarghot et plein d’autres projets.

Loud TV : Avais-tu des demandes particulières concernant le mix et le mastering ? Est-ce que tu voulais notamment que le son évolue par rapport à Body ?

Bastien : Oui, ça dépendait beaucoup des compositions et des différentes parties. Pour les mixes, on part évidemment des morceaux, mais aussi de références : des groupes et des titres.

Sur cet album, j’avais des références qui étaient peut-être plus metal que sur le précédent. J’avais notamment un morceau de THRONES, quelque chose d’assez metalcore ou hardcore moderne.

Il y avait donc des références assez différentes dans l’idée du mix.

Loud TV : Chaque chanson possède-t-elle également son propre univers au niveau des paroles, comme sur Body ?

Bastien : Il y a une trame globale sur tout l’album. Elle tourne autour de la transformation, de ce que signifie être humain aujourd’hui, de notre rapport à la technologie, aux interfaces et aux addictions.

Les addictions peuvent être technologiques, mais aussi liées à l’alimentation, aux drogues ou à énormément d’autres choses.

Il y a donc une trame générale sur l’album, mais chaque morceau possède malgré tout son propre univers.

Loud TV : Tu utilises beaucoup le terme « down ». Est-ce que cela évoque pour toi une mutation, mais peut-être aussi une forme de régression ?

Bastien : Oui. C’est vrai que je l’ai souvent utilisé. Mais lorsqu’il apparaît dans les morceaux, il y a généralement son contraire quelque part dans les paroles.

Je n’ai pas envie d’être totalement négatif. La musique est assez sombre et agressive, mais il y a la plupart du temps un penchant positif et lumineux dans les paroles, ou au moins quelque chose qui vient contrebalancer.

J’aime créer une contradiction et laisser une ouverture sur le sens.

Loud TV : Il y a également Twisted Flesh, avec un riff qui rappelle fortement Nirvana. C’est volontaire ?

Bastien : Oui, clairement. C’est une grosse influence de Nirvana, notamment de Territorial Pissings.

Quand j’ai découvert Nirvana, je devais avoir neuf ans. C’est vraiment ce qui m’a donné envie de faire de la musique. Je me suis pris ça en pleine tête, et ce morceau en particulier m’a énormément marqué.

J’avais donc vraiment envie d’utiliser cette influence et d’en faire quelque chose dans l’univers de HORSKH.

Loud TV : Parlons de la pochette. J’ai eu l’impression, au premier regard, qu’il s’agissait d’une véritable photographie. Est-ce le cas ?

Bastien : Non. La pochette a été créée par une artiste qui s’appelle Joanna Jaszkowska.

Je suivais son travail depuis un moment, principalement sur Instagram. Je trouvais que son univers correspondait totalement à cet album et à ce que j’avais en tête.

Elle est d’origine polonaise, mais elle est française et vit en Espagne.

Je l’ai contactée et nous avons commencé à échanger. Je lui ai donné un petit cahier des charges et elle m’a proposé plusieurs images. Nous sommes finalement arrivés à cette pochette.

Son travail tourne beaucoup autour de l’humain, du non-humain, de l’humain modifié ou augmenté, des prothèses… Tout cela correspondait parfaitement à l’album.

Loud TV : Donc ce n’est pas une photo retravaillée ?

Bastien : Non, c’est une création digitale.

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Loud TV : J’aime beaucoup cette ambiguïté. Quand on regarde la pochette, on se demande si le personnage est humain ou humanoïde, un peu comme dans Blade Runner.

Bastien : Oui, c’était justement le concept.

L’idée était de créer un être un peu bizarre, dont on ne sait pas vraiment s’il s’agit d’un homme ou d’une femme. Il y a une petite mutation, mais elle reste relativement légère puisqu’elle se traduit notamment par les yeux rouges.

Et ensuite, on peut se demander ce que cela implique : est-ce qu’il y aura une autre mutation ? Est-ce qu’il y en a d’autres sur son corps ?

Je ne voulais pas non plus faire une pochette complètement gore. L’idée était de rester dans quelque chose d’assez implicite.

Loud TV : Cette notion de mutation va-t-elle également se retrouver dans le live et les visuels du groupe ?

Bastien : Oui, il y aura de nouvelles choses en live. Mais on va rester dans la continuité de ce qu’on a fait jusqu’à présent.

Loud TV : Votre manière d’occuper la scène est également très intéressante. Votre batteur est souvent excentré et vous utilisez vraiment tout l’espace. Vous travaillez beaucoup cet aspect ?

Bastien : Oui, beaucoup. Ça fait vraiment partie du show.

On travaille différents moyens d’occuper la scène : le corps, mais aussi la lumière et la scénographie.

On joue aussi bien dans de toutes petites salles que sur de très grandes scènes, donc il faut constamment s’adapter.

Ce n’est pas toujours évident d’adapter un live à un espace minuscule puis à une grande scène.

Loud TV : Vous aviez notamment joué en première partie de Carpenter Brut au Zénith de Paris. Comment avez-vous vécu cette expérience ?

Bastien : C’était une super expérience et un super concert pour nous.

Cette date nous a permis de prendre conscience de certaines choses qui n’étaient pas forcément adaptées à des salles de cette dimension.

On a donc fait évoluer pas mal d’éléments de notre live grâce à cette expérience.

Loud TV : Et justement, Carpenter Brut apparaît sur un titre de l’album. Comment cette collaboration est-elle née ?

Bastien : Lorsque je composais l’album, j’avais énormément de titres : entre soixante et soixante-dix morceaux plus ou moins avancés.

Ça faisait déjà un moment que j’avais envie de faire une collaboration avec Carpenter Brut. Comme nous avions fait plusieurs dates ensemble en première partie et que nous nous connaissions, je pensais qu’il y avait quelque chose à faire.

J’avais un morceau dont je pensais qu’il pouvait permettre de connecter nos deux univers. Je lui ai donc proposé le titre et il a travaillé dessus.

Loud TV : Il a notamment ajouté des claviers. On ressent vraiment sa patte.

Bastien : Oui. J’avais déjà une bonne ossature du morceau. Il a ajouté des claviers et ensuite nous avons fait le mix ensemble en visioconférence avec Thibault.

Comme Franck, de Carpenter Brut, travaille également avec Thibault, nous avons pu faire le mix ensemble et avancer comme ça.

Loud TV : C’est assez impressionnant de voir qu’il peut apporter sa personnalité avec finalement quelques claviers et certains sons. On reconnaît immédiatement son univers.

Bastien : Oui, sûrement. C’est aussi ce que j’attendais de lui.

Je me disais qu’il avait la possibilité d’apporter quelque chose de vraiment cool en utilisant ses synthés et les sons qu’il utilise habituellement.

Loud TV : Côté scène, les choses continuent d’avancer. On s’était notamment vus à Savigny-le-Temple et vous avez maintenant de belles dates à la Maroquinerie de Paris, à Lyon ou encore à Nantes. Comment se présente cette nouvelle tournée ?

Bastien : Ça se présente bien.

On a déjà eu pas mal de dates cet été, notamment en festival. C’était vraiment hyper cool. On a pu jouer certains morceaux du nouvel album, notamment les singles qui étaient déjà sortis, et on a eu de super retours du public.

On est donc contents d’attaquer la tournée et de jouer encore davantage de nouveaux morceaux.

La tournée commence le 8 octobre à Bordeaux et nous avons une dizaine de dates prévues.

Loud TV : Je me demande aussi comment HORSKH peut davantage exporter sa musique. Votre univers pourrait notamment très bien fonctionner en Allemagne. Vous y jouez déjà ?

Bastien : Oui. Cet été, nous avons déjà fait deux festivals en Allemagne et nous avons un tourneur allemand.

Nous sommes également beaucoup écoutés en Allemagne sur les plateformes.

En gros, nos principaux pays d’écoute sont les États-Unis en premier, l’Allemagne en deuxième et la France en troisième.

Après, il y a évidemment plein d’autres pays. Nous avons aussi joué plusieurs fois en Pologne, notamment au Poland Rock Festival.

Pour l’instant, nous n’avons pas encore fait de tournée spécifique dans certains de ces pays, mais ça devrait arriver prochainement.

Loud TV : Tu es donc plutôt optimiste pour la suite ?

Bastien : Oui, j’essaye !

Loud TV : Penses-tu que HORSKH peut encore franchir un cap et devenir un projet à temps plein, avec énormément de dates chaque année ?

Bastien : On verra ce que l’avenir nous réserve.

En tout cas, le groupe évolue de plus en plus. Nous sommes de plus en plus structurés et nous avons de plus en plus de partenaires.

Ça prend le chemin.

Après, on ne sait jamais exactement comment les choses vont évoluer, mais on met tout en œuvre pour que ça se passe bien.

Je suis vraiment content de cet album. Pour l’instant, nous avons de super retours et les écoutes sont bonnes.

Donc maintenant, on va voir ce qui se passe !

Loud TV : Merci Bastien. On va se réécouter MTNT et on se retrouvera certainement à la Maroquinerie de Paris !

Bastien : Avec plaisir !

Loud TV : Où il risque de faire chaud…

Bastien : Oui, c’est bien possible !

Loud TV : Merci Bastien, à bientôt !

Bastien : Merci, à bientôt !

Tous les détails de l’album à lire ici :

https://loudtv.net/news/horskh-poursuit-ses-mutations-sonores-avec-mtnt/

Instagram du groupe :

https://www.instagram.com/horskh.official/

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