AMON AMARTH, ORBIT CULTURE & SOILWORK AU ZENITH de PARIS : LA SUÈDE DÉCHAÎNE LES ÉLÉMENTS !
Entre le death metal mélodique de Soilwork , la dynamique de Orbit Culture et la déferlante viking d’Amon Amarth, la soirée parisienne a offert trois prestations aux univers bien distincts. Retour sur cette soirée haute en couleurs (jaunes et bleues) du drapeau suedois.
SOILWORK : UNE MONTÉE EN PUISSANCE FACE À UN PUBLIC TIMIDE
Pour ouvrir cette soirée placée sous le signe du metal suédois, Soilwork se retrouve face à un public qui semble encore avoir besoin de quelques morceaux pour entrer pleinement dans son univers. Dès le premier titre, les Suedois lancent The Nurturing Glance avec un son quelque peu brouillon.
Le deuxième morceau confirme que le groupe est en forme avec Distance puis Figure number five, même si l’assistance reste relativement timide. Le groupe tente bien de lancer un circle pit sur « Figure Number Five », mais la fosse ne se transforme pas encore en champ de bataille. Il faut dire que tout le monde ne semble pas forcément familier avec le répertoire de Soilwork, groupe culte depuis 30 ans de death melodique !
Cela n’empêche pas les musiciens de défendre leur musique avec conviction. Le groupe poursuit son set avec « Spirit of No Return », dernier single en date sorti il y a 2 ans. Un titre tantot brutal tantot melodique qui sera peut être sur le prochain album à paraitre dans plusieurs mois.
Soilwork déroule ainsi son death metal mélodique, entre riffs incisifs, mélodies accrocheuses et passages plus agressifs. Malgré une réception encore mesurée dans la fosse, la prestation reste solide et le groupe finit par emporter l’adhésion avec Stålfågel et l’incontournable Stabbing the Drama et son refrain exceptionnel.
Une prestation convaincante, qui aura peut-être permis à quelques spectateurs de redécouvrir un groupe qui mérite davantage qu’une simple écoute distraite. A revoir absolument en tête d’affiche dans de meilleures conditions.
ORBIT CULTURE : LA CLAQUE SONORE
Changement d’ambiance avec Orbit Culture. Dès la longue introduction, le ton est donné : la production monte clairement d’un cran et le son devient tout simplement colossal.
Les Suédois proposent une véritable déferlante sonore. Les riffs sont massifs, les guitares accordées bas écrasent tout sur leur passage et la double grosse caisse, au son particulièrement percutant, pilonne la salle avec une précision redoutable. Le groupe développe une identité à la croisée du death metal moderne et de sonorités industrielles, avec une puissance qui prend toute sa dimension sur scène.
C’est du très, très gros son, comme on en voit et en entend rarement en concert.
Chaque morceau semble posséder son propre univers visuel, grâce à des éclairages adaptés à l’atmosphère de chaque titre. Les lights sont tantot vert, rouge et bleu, au profit de la scénographie qui est particulièrement soignée et accompagne parfaitement les variations de la musique.
On regrettera simplement que les lumières ne soient pas toujours plus généreuses : notre photographe Greg aurait certainement apprécié quelques éclairages supplémentaires pour immortaliser cette déferlante métallique !
Musicalement, Orbit Culture possède également ce petit côté des années 1990 qui pourra rappeler aux amateurs les regrettés Dearly Beheaded. Une référence qui parlera aux connaisseurs et qui souligne une certaine filiation avec un metal à la fois lourd, sombre et sans concession.
Mais au-delà des références, c’est bien la puissance de la prestation qui impressionne. Le son est énorme, la production parfaitement maîtrisée et les musiciens semblent déterminés à ne laisser aucun survivant dans la fosse.
Une véritable démonstration de force qui confirme qu’Orbit Culture fait partie de ces groupes capables de transformer une salle de concert en véritable machine de guerre sonore et qui merite bien sa place de challenger sur l’affiche mais aussi sur la scène metal suedoise !
AMON AMARTH : BIENVENUE AU CŒUR DE LA BATAILLE VIKING !
Après ces deux premières parties, place aux maîtres de cérémonie : Amon Amarth. Et avec les Suédois, il ne s’agit plus simplement d’assister à un concert, mais de prendre part à une véritable épopée nordique.
Dès l’introduction de « Gjallarhorn », le décor est planté. Quatre piliers encadrent la scène, tandis que deux imposantes figures de guerriers vikings veillent au second plan. Des figures de proue en forme de dragons protègent également la batterie. Tout est pensé pour transporter le public dans l’univers du groupe.
La scénographie impressionne par son ampleur et son souci du détail. Les éléments du décor ne sont pas de simples accessoires : ils participent pleinement à l’identité visuelle du spectacle.
Le groupe entre rapidement dans le vif du sujet avec « War of the Gods », suivi de « Death in Fire » et « Free Will Sacrifice ». Les classiques s’enchaînent, et Johan Hegg se montre particulièrement convaincant. Sa voix puissante ne faiblit pas et conserve toute son autorité au fil des morceaux.
Le public, lui, répond présent. Les spectateurs reprennent les refrains avec Johan, qui sait parfaitement comment fédérer une salle autour de la musique du groupe. On sent que les fans sont venus pour participer à la fête autant que pour assister au spectacle.
Avec « Deceiver of the Gods », Amon Amarth poursuit sa démonstration avant de proposer plusieurs morceaux plus récents, dont « The Allfather Awakes » et « We Rule the Waves ».
UN MOMENT DE CALME AVANT LA TEMPÊTE
Au milieu de cette bataille sonore, les Suédois surprennent leur public avec « Upphaf ». Pour accompagner ce morceau acoustique, les musiciens s’installent assis sur scène et invitent l’assistance à taper dans ses mains autour d’un feu de camp, à l’instar du clip.
L’image est assez inhabituelle : voir les cinq membres d’Amon Amarth assis au milieu de leur imposant décor viking a quelque chose de presque surréaliste.
Un moment de respiration qui permet de reprendre son souffle avant que la tempête ne reparte de plus belle.
Et quelle reprise ! « Guardians of Asgaard » relance immédiatement les hostilités. Les guitares reprennent toute leur puissance, la batterie martèle à nouveau son rythme guerrier et le public retrouve ses réflexes de combattant.
Le groupe n’a clairement pas l’intention de laisser retomber la pression.
DES CORNES DE BIÈRE ET DES SLAMS À LA CHAÎNE
Après plusieurs morceaux particulièrement efficaces, les musiciens s’accordent une petite pause boisson. Les cinq Suédois lèvent leurs cornes remplies de bière et les vident cul sec sous les acclamations du public.
Une scène parfaitement dans l’esprit d’Amon Amarth !
Les cornes reposées, il est temps de lancer « Raise Your Horns ». Le morceau se transforme rapidement en véritable chanson paillarde collective. Le public reprend le refrain de bon cœur, tandis que les slams se multiplient dans la fosse.
La communion entre le groupe et son public fonctionne à merveille. Amon Amarth maîtrise parfaitement cet exercice : transformer chaque refrain en hymne fédérateur et chaque concert en une grande célébration du metal.
Johan Hegg remercie une nouvelle fois les spectateurs pour leur accueil avant d’annoncer « For Victory or Death ». Le rythme repart à la hausse et les Vikings semblent puiser dans leurs dernières forces pour livrer une ultime bataille.
Mais le combat n’est pas terminé.
LE FINAL : UNE ÉPOPÉE JUSQU’AU BOUT
Après une dernière pause, Amon Amarth revient pour une fin de concert particulièrement spectaculaire.
« The Way of Vikings », extrait de l’album Jomsviking, donne lieu à une scène de combat entre deux guerriers au premier plan. La mise en scène renforce encore cette impression d’assister à un spectacle pensé comme une véritable fresque guerrière.
Le groupe enchaîne avec « Saxons and Vikings ». Si Biff Byford, le chanteur de Saxon, n’est pas physiquement présent sur scène, sa participation virtuelle permet de faire vivre ce morceau dans toute sa dimension épique.
Puis vient le moment tant attendu : « Twilight of the Thunder God ».
Pour ce dernier assaut, Johan Hegg fait son apparition avec le marteau de Thor. Les explosions éclatent, la scène s’embrase et le décor évolue une nouvelle fois. Le monstre marin qui surgit remplace les deux guerriers vikings, donnant à ce final une dimension presque cinématographique.
Amon Amarth pousse le spectacle jusqu’au bout, mêlant puissance musicale, effets pyrotechniques et imagerie mythologique.
Le public parisien assiste ainsi à un final grandiose, à la hauteur de l’ambition du groupe.
CONCLUSION : UNE SOIRÉE PLACÉE SOUS LE SIGNE DE LA PUISSANCE
Cette soirée aura offert trois approches différentes du metal moderne et extrême.
Soilwork a défendu son death metal mélodique avec sérieux, malgré un public encore timide en début de set. Orbit Culture a ensuite frappé très fort avec un son monumental, une production impressionnante et une identité musicale qui prend toute son ampleur sur scène.
Enfin, Amon Amarth a transformé la salle en royaume viking, avec un spectacle visuel particulièrement travaillé, des musiciens impeccables et un Johan Hegg toujours aussi impressionnant derrière son micro.
Au-delà des riffs et des décibels, c’est cette capacité à proposer une véritable expérience scénique qui restera en mémoire.
Trois groupes suédois, trois univers, mais un même goût pour la puissance. Et avec Amon Amarth, la bataille s’est achevée comme elle devait s’achever : dans le fracas du tonnerre, le feu et les légendes nordiques.
Lisez notre chronique du dernier album d’Amon Amarth ici :
https://loudtv.net/chroniques/amon-amarth-the-allfather-awakens/
Instagram de Amon Amarth : https://www.instagram.com/amonamarth/


























































