
Un être si particulier
Voila 7 ans que Abbath est parti voler de ses propres ailes loin d’Immortal. En même temps, il n’a pas trop eu le choix au vu de ses relations avec son ancien compagnon Demonaz. La dernière sortie d’Abbath, à savoir Outstrider en 2019, m’avait laissé un bon goût et j’avais une certaine hâte de découvrir Dread Reaver.
Comme beaucoup le savent, ce personnage si riche en couleur est passé par des épreuves personnelles difficiles au cours de ces 3 dernières années. Mais Abbath, c’est un peu comme le tonton rigolo qu’on aime bien retrouver aux repas d’famille. Alors on s’envoie la dernière galette.
Un vent de nostalgie
S’il est à souligner que Abbath a délégué les parties basses à Mia Wallace (Nervosa) sur 4 titres, on peut remarquer que notre norvégien avait les 80’s dans la tête.
On démarre donc avec Acid Haze, plutôt entrainant. Le morceau est assez sombre, et on reconnait la patte Abbath dans la composition. Jusqu’ici tout va bien, avec des riffs qui galopent bien et une batterie en mode pilotage automatique. On ne peut pas dire que la basse soit tant mise en avant avec cette prod plutôt froide à l’image des groupes de black des années 80 en fait.
Alors on va continuer notre aventure sonore avec Scarred Core. On sent de suite l’influence Motörhead très Rock n’Roll avec des intonantions vocales empruntées à Lemmy Kilmister. Inutile de préciser que sieur Olve Eikimo, de son vrai nom, fut grandement influencé par notre iconique britannique. On pourra également noter une grande inspiration du solo de guitare puisée chez Kirk Hammett. Tout du moins, cela m’y fait penser fortement.
A contre courant
Outre le fait de ne pas marcher dans les pas des productions actuelles, Abbath insiste dans cette version Old School du Metal. Sans spécialement parler de Black à fortiori, il parait évident que l’on s’éloigne des codes modernes de notre courant musical. Et d’une certitude absolue, on sent que Abbath regrette une certaine époque, avec encore une fois un hommage à Lemmy sur Myrmidon, et cette imitation vocale absolument parfaite sur le dernier pont. Et en toute sincérité, je me suis demandé s’il ne s’agissait pas d’un enregistrement de la voix de Lemmy.
Bien que nous découvrions des morceaux comme The Deep Unbound ou bien Septentrion, de tradition plus sombre, les titres ne décollent pas vraiment. Alors on va se laisser surprendre par la reprise de Metallica : Trapped Under Ice issu de l’album Ride The Lightening. C’est plutôt cool, même si la voix d’Abbath est assez déroutante dessus, les guitares sont en phase. Et on comprendra donc l’influence Kirk Hammett pour Ole André Farstad un peu plus tôt.
On se quitte comme on s’est retrouvé
L’album s’achève avec The Book Of Breath et Dread Reaver. Tout comme l’album a démarré, on retrouve des riffs assez sympas, mais toujours dans une certaine mélancolie, et sans jamais décoller. Les influences citées précédemment sont toujours aussi présentes, et l’on imagine très bien Abbath chanter la tête vers le haut avec un micro à 10 cm au dessus de sa bouche. Donc, on continue avec ce côté très Rock n’Roll froid du Nord.
Un Abbath mélancolique
Inutile d’en faire des caisses, cet album n’est pas le plus inspiré d’Abbath. On sent une personne nostalgique et en mal-être. On perd le Abbath déconneur capable de chercher l’inspiration dans des styles plus Heavy, et du coup plus accrocheurs. On notera quand même sa capacité à incarner vocalement Lemmy. Mais il faut se l’avouer, on tourne assez en rond sans jamais exploser. Dread Reaver ne traversera pas le temps comme un bon vieux Motörhead.
Sortie : le 25/03/2022
https://www.facebook.com/abbathband
https://loudtv.net/news/abbath-est-de-retour-en-studio-et-mia-wallace-reintegre-le-groupe-loud-tv/





