Alter Bridge – Alter Bridge (2026) : la chronique
Qui dit nouvelle année dit nouvelles chroniques ! Pour cette première de 2026, on part sur un groupe américain dont le nom parle à tout le monde, même moi. Alors, vous allez me dire « oui Emy, c’est facile, vous nous en aviez parlé chez Loud TV il y a quelques mois, donc bien sur que tu connais » : https://loudtv.net/news/alter-bridge-annonce-son-nouvel-album/
Mais la vérité, c’est que je suis une néophyte d’Alter Bridge… Je vous propose donc aujourd’hui une chronique pleine de sincérité réalisée à l’aide d’une oreille vierge de toute expérience Alter Bridgienne passée.
A la découverte d’Alter Bridge
Découvrir un nouvel album sans connaître réellement le groupe est un exercice intéressant, surtout quand le groupe est relativement connu : pas de préjugés, pas de complaisance.
Alors bien sur, je ne suis pas complétement inculte, je sais bien qu’Alter Bridge, c’est le groupe dans lequel officie Myles Kennedy. Pour autant, la quatuor américain fait vraiment partie des groupes dont je suis complètement passée à côté.
Le nom m’évoque immédiatement une certaine solidité dans le paysage pop / rock « moderne », mais très honnêtement et sans faire trop de suspense, je suis assez mitigée de mon écoute de cet album éponyme, ce qui m’agace d’autant plus que les membres du groupe ont l’air adorables.
Alter Bridge (éponyme) : un album sympa, mais sans plus

Dès “Silent Divide”, le ton est donné : un morceau plutôt sage, presque trop poli, qui évoque par moments un esprit à la Master Exploder de Tenacious D — toutes proportions gardées, et sans la même exubérance vocale. Le morceau fait le travail, mais reste en surface, ce qui est vraiment dommage pour une intro d’album (et vous savez peut-être que je suis particulièrement attentive aux intro d’albums… Tellement que je pourrais même faire un « top » de mes intro d’albums préférées.)
“Rue The Day” poursuit dans cette lignée : il faudra attendre la fin de ce deuxième titre pour y trouver un réel intérêt, comme si le groupe retenait volontairement ce qu’il avait sous la pédale avant de se libérer tardivement (dommage messieurs, c’était pas le bon moment pour ce genre de choses…)
Cette sensation revient souvent au fil de l’album. “Power Down” propose un pop rock bien exécuté, efficace, mais là encore très “gentillet”. Le tempo est agréable, l’ensemble passe bien, sans pour autant marquer durablement.
“Trust In Me”, plus lente, jouant sur des triolets, casse quelque peu la dynamique installée jusque-là et contribue à une impression de rupture dans la narration globale du disque.
Musicalement, certaines pistes se démarquent davantage. “Disregarded” est l’un des morceaux les plus intéressants d’AlterBridge : plus rythmée, portée par un solo convaincant, elle laisse entrevoir ce que le groupe peut proposer lorsqu’il ose un peu plus. “Tested And Able”, en revanche, pousse très loin (peut-être trop) le curseur mélodique, flirtant avec un excès de douceur qui finit par lisser l’impact émotionnel. Et pourtant, je vous assure que j’ai rien contre les trucs cheesy (je suis fan des Guns…)
La vraie surprise arrive avec “What Lies Within”. Plus sombre, légèrement plus “gloomy”, c’est la première chanson de l’album qui me donne réellement l’impression qu’il raconte quelque chose. En d’autres termes, on entrevoit enfin un peu d’âme dans cet album. L’écriture y est plus évocatrice, la construction plus inspirée et l’instrumentation soutient enfin un propos plus clair.
À l’inverse, “Hang By A Thread” s’installe dans une balade très appuyée, tirant vers un territoire qui évoque un Dream Theater trop cheesy pour le coup, moins inspiré, voire caricatural.
La fin de l’album peine à relancer l’intérêt. “Scales Are Falling” et “Playing Aces” restent agréables, mais sans aspérités. Il y a une intention musicale évidente, un savoir-faire certain, mais l’ensemble demeure trop lisse. “What Are You Waiting For” s’inscrit dans cette continuité, avant que “Slave To Master” ne tente une conclusion plus ambitieuse : une balade qui démarre timidement mais finit par décoller, sans toutefois complètement convaincre.
En conclusion : Alter Bridge ne fera pas partie de mes claques de 2026…
… Mais si ça passe en soirée dans une playlist de fond, je serai plutôt contente.
Au global, l’album souffre surtout d’un manque de cohérence. Les morceaux dynamiques sont régulièrement entrecoupés de balades, ce qui casse l’élan et empêche l’ensemble de trouver une vraie identité. D’ailleurs, après plusieurs écoutes d’Alter Bridge, je suis toujours bien incapable de vous dire de ce dont traitre l’album. Le titre éponyme n’est peut-être d’ailleurs pas un hasard.
On sent l’intention d’un bon pop rock moderne, bien produit, bien joué, mais pas de quoi casser trois pattes à un canard, comme on dit. La voix, notamment, pose question. Elle est indéniablement bonne, très efficace en live, mais reste assez « passe-partout » sur support audio. Il existe une forme de dissonance entre l’instrumentale et le chant, qui peine à s’imposer comme un véritable moteur émotionnel.
Cela dit, les voix réellement singulières (et qui arrivent à me toucher) sont devenues rares aujourd’hui, et Alter Bridge s’inscrit peut-être volontairement dans cette neutralité accessible. Sans tomber de la facile comparaison à Chris Cornell (qui pour le coup avait une voix plus singulière), je n’ai personnellement jamais été spécialement fan de la voix de Myles Kennedy, un peu à la Phil Collins. Il y a une vraie capacité technique vocale, une certaine puissance mais je n’y trouve pas mon compte. Preuve en est : même la reprise de Night Train au Hellfest en 2019 (Slash feat. Myles Kennedy & the Conspirators) ne m’a pas émoustillée plus que ça.
Enfin, beaucoup de morceaux démarrent de manière prometteuse avant de s’homogénéiser en cours de route, donnant l’impression de se ressembler à mesure que l’album avance.
En résumé, cet album d’Alter Bridge est agréable mais trop sage, bien exécuté mais rarement marquant. Une écoute qui ne déplaira pas aux amateurs de rock mélodique moderne, mais qui laissera les auditeurs en quête de caractère et de prise de risque (légèrement) sur leur faim.
Line-up d’Alter Bridge
Myles Kennedy : voix, guitare
Mark Tremonti : guitare, voix
Brian Marshall : basse
Scott Phillips : batterie

Pour les amateurs d’Alter Bride : les informations sur la tournée
avec Daughtry et Sevendust en première partie
06/02 – LYON / Halle Tony Garnier
13/02 – BORDEAUX / Arkea Arena
18/02 – PARIS / Zénith
Pour suivre Alter Bridge : https://www.instagram.com/officialalterbridge/





