Aller au contenu

ARCADEA – “The Exodus Of Gravity”

Arcadea band by Calina-Walker_2025_3

ARCADEA – chronique de “The Exodus Of Gravity”

Difficile d’évoquer le nom de Brann Dailor sans mentionner MASTODON. Toutefois, ce n’est pas avec le géant d’Atlanta que le multi-instrumentaliste fait son retour sur le devant de la scène, mais bel et bien avec son autre groupe – ARCADEA – pour la sortie de The Exodus of Gravity, huit ans après l’expérimental premier jet éponyme. Accompagné de Core Atoms et Joao Nogueira – qui remplace Raheem Amlani – le batteur de MASTODON (mais pas que) se mue en leader champêtre d’une troupe de space-rockers futuristes à mi-chemin entre la pop, la funk et le rock progressif influencé par les 70’s.

Alors que son petit frère se concentrait sur des compositions purement guidées par les synthés – omettant la guitare – sur fond de vocalises à effets et de passages ouvertement psychédéliques, The Exodus of Gravity se veut plus ouvert, plus accessible, plus catchy, avec une empreinte plus personnelle et définie. Sans doute plus abouti ? Chacun se fera son avis.

Même si la notoriété de Dailor apporte sans doute une touche de lumière supplémentaire à ce projet, les compositions sont signées Core Atoms, connu pour son travail au sein de GAYLORD – en compagnie de… Brann Dailor – et plus récemment ZRUDA. Une longue histoire musicale donc pour les deux compères.

Comme souligné plus haut, l’absence totale de guitare sur le premier album pouvait étonner, mais avec ce parti pris ARCADEA a pu s’éviter toute comparaison avec MASTODON. Que l’on aime ou pas, le résultat est là. Huit années se sont écoulées depuis, le line-up a évolué, Raheem Amlani laisse sa place à Joao Nogueira. La bande propose sur le papier une aventure futuriste, nostalgique et entêtante, pas étonnant pour ces musiciens ayant passé leur enfance dans les eighties.

Le voyage commence sur un Dark Star nébuleux et assez représentatif de ce qui se déroulera au long des douze titres proposés par les trois artistes. Puissant, coloré, dansant, presque plus pop que rock sur beaucoup d’aspects, The Exodus of Gravity rassemble le côté accrocheur des années 80, avec son flair ambiant futuriste, progressif, mais en aucun cas pompeux ou maladroit.

Totalement dans l’air du temps – ou opportuniste diront les mauvaises langues. Inspiré et inspirant, la pierre angulaire de cet album réside vraiment dans son homogénéité, doublée d’une production incroyable.

La batterie claque, le rythme est dansant, enivrant et entêtant, limite disco-pop. Pas de passage surjoué, et sans oublier sa patte artistique reconnaissable derrière ses fûts, Dailor se démarque surtout par son chant. Totalement en phase avec les synthétiseurs du duo Core Atoms et Joao Nogueira, qui livrent une master-class sur le magnifiquement burlesque Fuzzy Planet ou le vindicatif Lake of Rust, la voix de l’Américain se veut nostalgique à souhait, presque kitsch, avec des mélodies simples et sensibles. Parmi les meilleures qu’il ait pu proposer tout au long de sa carrière ? Sans aucun doute.

Arcadea band by Calina-Walker_2025_2

Arcadea – « Les claviers sont littéralement utilisés comme des riffs de guitare »

Les claviers sont littéralement utilisés comme des riffs de guitare (Galactic Lighthouse), posant le ton de l’ambiance progressive. Proposant des passages atmosphériques bien pensés, à l’image de Silent Spores ou Sparks, ARCADEA est un groupe à part entière, avec une identité propre et loin de l’ombre du géant MASTODON. Bien sûr, la comparaison sera toujours présente, du fait du lourd héritage que porte désormais MASTODON sur la scène rock/metal actuelle.

Mais ARCADEA sort de l’épreuve du feu en proposant un album original, un hommage à la liberté musicale des années 70/80, revisité aux goûts du jour par des musiciens aguerris, bien implantés dans le milieu. On pourrait regretter qu’ils n’aient pas voulu aller plus loin dans le kitsch, dans la pop, tant la voix, les rythmes funky et les soli de synthétiseurs éveillent un sentiment jouissif de nostalgie. Pas de déprime dans les compositions, plutôt de la bienveillance, de la mélodie et un parfum de fraîcheur.

L’album n’est pas parfait, loin de là : il manque peut-être de ce « je ne sais quoi » pour vraiment devenir un incontournable. Mais nul doute, surtout après l’évolution du groupe suite à son éponyme, que le trio nous surprendra encore une fois en prenant une direction inattendue. L’absence de guitare peut rebuter les puristes du genre, mais c’est aussi le challenge artistique que s’est proposé ARCADEA. The Exodus of Gravity est un bel album, avec une empreinte forte et unique, qui plaira sans doute aux mélomanes. Laissez-vous juste transporter un court instant, tapez du pied, hochez de la tête, et laissez-vous aller.

Arcadea exodusofgravity_3000
Arcadea exodusofgravity

The Exodus of Gravity track listing:

1. Dark Star
2. Exodus of Gravity
3. Fuzzy Planet
4. Lake of Rust
5. Gilded Eye
6. 2 Shells
7. Galactic Lighthouse
8. Starry Messenger
9. Silent Spores
10. The Hand That Holds the Milky Way
11. Sparks
12. Planet Pounder

Pour fans de Mastodon, Lightning Bolt, Genghis Tron, Deftones, Trans Am, Puscifer

Hommage de Brann Dailor à son ancien guitariste de Mastodon mort dans un accident de moto :

https://loudtv.net/news/mastodon-rend-hommage-a-brent-hinds-en-concert/

Instagram du groupe :

https://www.instagram.com/arcadearocks/

Ma note : 

Partager cet article

Nos dernier articles

Abonnez-vous à notre Newsletter

Recevez nos informations directement dans votre boîte mail. Leur nombre est limité. Vous, comme nous, n’aimons pas les mails intrusifs.