Raunchy brise enfin douze ans de silence
Il aura fallu attendre douze ans pour retrouver Raunchy. Douze années depuis
Vices.Virtues.Visions., une éternité pour un groupe dont le dernier album avait pourtant
démontré une remarquable capacité à mélanger metal industriel, death mélodique,
électronique et refrains aux accents presque pop. Avec Prisoner, sorti le 14 août 2026
chez Mighty Music, les Danois signent donc leur grand retour avec une ambition claire : ne
pas simplement ressusciter leur passé, mais reprendre leur histoire là où elle s’était
arrêtée.
⚡ Un retour immédiatement convaincant
Dès Frostbite, Raunchy rappelle pourquoi son approche a toujours été aussi particulière.
Les riffs sont lourds, mécaniques, tandis que les claviers installent immédiatement cette
atmosphère futuriste qui constitue l'une des signatures du groupe. La production de Jacob
Hansen, fidèle au poste, offre une puissance impressionnante tout en permettant aux
différentes couches électroniques de conserver leur place. Hansen connaît parfaitement
l’ADN de Raunchy, puisqu’il accompagne le groupe depuis ses premières années.
Stranded poursuit sur cette lancée avec un mélange particulièrement efficace entre
groove industriel et mélodies accrocheuses. Raunchy ne cherche jamais à choisir entre
brutalité et accessibilité : les deux dimensions cohabitent constamment
L’identité death poptoujours intacte
C’est probablement ce qui frappe le plus sur Prisoner. Après douze ans d’absence,
Raunchy n’a pas abandonné ce qui faisait sa singularité. Le groupe continue de jouer avec
les frontières entre metal et musique électronique, avec des synthétiseurs omniprésents et
des refrains capables de s’imprimer rapidement dans l’esprit.
Frameworker est un excellent exemple de cette philosophie. Les rythmiques mécanisées,
les riffs tranchants et les textures électroniques construisent une atmosphère sombre et
oppressante. Le morceau aborde notamment la manière dont le langage et les idéologies
peuvent façonner notre perception du monde, donnant au disque une dimension
conceptuelle supplémentaire.
Deux voix pour une même identité
L’autre grande force de l’album réside dans la complémentarité entre Mike Semesky et
Jeppe Christensen. Le premier apporte une puissance et une agressivité remarquables,
tandis que Christensen injecte davantage de mélodie et assure également les claviers.
Sur Designed Despair, leur interaction est particulièrement réussie. Les deux voix
semblent véritablement dialoguer, passant de la mélodie aux passages les plus agressifs
sans jamais casser la dynamique du morceau. Le titre constitue d'ailleurs une excellente
synthèse de l’album : des refrains amples qui viennent se fracasser contre des passages
industriels beaucoup plus lourds.
Une seconde moitié qui monte en puissance
Après un début déjà solide, Prisoner devient particulièrement intéressant dans sa seconde
partie. Higher Truths et Masquerade développent davantage la dimension mélodique,
tandis que Revealing I revient à une approche beaucoup plus agressive.
Ce dernier évoque notamment l'influence de Fear Factory, avec ses riffs mécaniques et
son contraste saisissant entre violence instrumentale et beauté du refrain. Vanishing Act,
quant à lui, joue davantage sur le groove et les variations rythmiques avant de laisser
place au morceau-titre.
Un album marqué par le temps
Le titre Prisoner prend finalement une dimension particulière lorsqu'on connaît l'histoire de
sa création. L’album a été élaboré progressivement, avec des sessions de batterie
commencées dès 2021, avant que le groupe ne construise patiemment les morceaux.
Cette longue gestation semble avoir permis à Raunchy de prendre le temps de
sélectionner ce qui méritait réellement de figurer sur le disque.
Le résultat est un album qui paraît étonnamment sûr de lui. Il ne cherche pas à prouver
que Raunchy est toujours capable de jouer comme en 2006 ou 2010. Il montre
simplement que cette formule peut encore fonctionner en 2026.
Conclusion
Prisoner est un véritable retour aux affaires. Après douze ans de silence, Raunchy aurait
pu se contenter de jouer la carte de la nostalgie. Ils choisissent au contraire de regarder
vers l’avant, tout en conservant cette identité unique faite de riffs industriels, de death
metal mélodique, de synthétiseurs futuristes et de refrains terriblement efficaces.
Le disque n’est peut-être pas révolutionnaire, mais il est cohérent, puissant et surtout
profondément Raunchy. Avec son atmosphère sombre, ses contrastes permanents et
une production particulièrement soignée, Prisoner donne surtout envie de poser une
question : pourquoi avoir attendu si longtemps ?
Après douze ans d'absence, les Danois sont enfin de retour. Et visiblement, ils n’étaient
pas vraiment prêts à se laisser enfermer. Ecoutez l’album complet ici :
Line-up actuel — Raunchy
Le line-up de Prisoner est particulièrement intéressant puisqu’il réunit les six membres qui
constituent le noyau de Raunchy depuis plusieurs années :
Mike Semesky — chant (depuis 2013)
Lars Christensen — guitare
Jesper Andreas Tilsted — guitare, claviers
Jesper Kvist — basse
Jeppe Christensen — chant, claviers
Morten Toft Hansen — batterie
Raunchy Discographie complète
1. Velvet Noise — 2001/2002
2. Confusion Bay — 2004
3. Death Pop Romance — 2006
4. Wasteland Discotheque — 2008
5. A Discord Electric — 2010
6. Vices.Virtues.Visions. — 2014
7. Prisoner — 2026
Si vous ne connaissiez pas Raunchy, sachez que le batteur Morten est aussi derrière les futs de ASINHELL avec Michael Poulsen de Volbeat :
https://loudtv.net/chroniques/asinhell-chronique-de-la-nouvelle-bombe-death-metal/
Instagram du groupe :






