The Standard, premier album de Southpaw FLHC

Présentation
Les Floridiens nous arrivent avec un premier album sans aucune concession possible.
Dans la pure veine hardcore qu’on a plus l’habitude de voir arriver du Nord de l’Amérique,
Ils nous envoient un « The Standard » en pleine face, sans compromis. Du pur. Du vrai. Du très très bon hardcore.
Cet album est produit comme les albums du début des années 2000 à la manière d’un « Supremacy » de Hatebreed. Ça te casse la bouche sans aucune autre forme de procès et c’est tout ce qu’on leur demande ! Si vous vouliez de la pentatonique jouée à 200 kms à l’heure, passez votre chemin… mais vous allez passer à côté d’une pépite !
Des chansons courtes, avec une grosse pression d’entrée. Rien à redire, Southpaw FLHC n’est pas là pour vous conter fleurette, juste vous tarter avec des chansons enragées.

Le quatuor de Jacksonville nous assène son hardcore teinté de punk / Hip Hop à grands coups de pattes sudistes dans la mâchoire. Sans prétendre renouveler ce genre, on retrouve tout au long de cet album ce que Madball, Hatebreed, Biohazard, et tant d’autres ont distillé avec panache depuis les années 90. Ça sent bon les rues des banlieues Américaines : ça sent le hotdog, la canelle, les vieilles Ford Mustang qui roulent à côté de vous avec du Cypress Hill à fond les ballons. Ça sent aussi les fins de mois difficiles, les débuts aussi, la dope, la violence que seule cette musique sait contenir, tant elle est puissante niveau décibels, mais surtout des lyrics.
Le vif du sujet
Arrêtons-nous un moment sur la chanson éponyme de cet album : The Standard.
On pourrait s’attendre à une chanson qui vous balance poing après poing des uppercuts qui vous laisseraient KO. Étant la chanson que le groupe a choisi pour nommer son album, on est en attente d’une puissance supplémentaire, d’une majesté. Mais non. Que neni !! C’est un rap accapella. Ni plus (pas besoin), ni moins. Beau contrepied de Southpaw FHLC.
Pas ce genre de rap qui n’est élogieux que pour la violence, les filles faciles et la drogue.
Non non. Un vrai rap qui témoigne de situations difficiles, de chemins de vie semés d’embûches qu’il serait tellement plus simple d’emprunter au lieu de sortir grandi de ces épreuves. Ce rap vous prend aux tripes. Ça sent le vécu, la sueur, l’effort, les valeurs. Cette chanson vous laisse KO par sa vérité, sa réalité, son témoignage d’une société brutale qui malgré sa belle devanture vous laisse exsangue dans le fossé de la vie si vous n’avez pas l’envie de vous en sortir, de lever la tête quelle que soit la puissance du tsunami qui vient vous cueillir. Plus clairement, de prendre la vie de façon Hardcore.
Le Hip-Hop a toujours été partie prenante dans le hardcore. Après tout, ne viennent-ils pas des mêmes quartiers ? N’ont-ils pas cette même rage ? Cette même envie de dénoncer quelques injustices ? Force est de constater que le Hip-Hop qui n’est que samples, une fois sorti du caniveau a tendance à ne plus vraiment se retourner. C’est triste, mais presque factuel. Le Hardcore, qui partage donc quelques racines communes a lui cette valeur, cette humanité.
Pour cet album, on sent que les compositions sont très axées « live ». Ce qui est un plus énorme, car c’est ce genre de groupes qui mettent le feu en concert. Même pour ceux qui n’aiment pas ce genre très brut et cru de la sphère métal, ils ne peuvent que se rendre compte que les moshpits, les walls of death sont des héritages de cette scène précise.
On sent la poussière des moshpits sur chacune de ces chansons.
Les chœurs sont également mis à l’honneur sur « TTG ». Chœurs est un bien grand mot, certes, mais on voit bien les poings se lever, et les cordes vocales vibrer autour de cette grand messe Hardcore qu’est un concert de ce genre. Ceux d’entre vous qui ont vu Hatebreed, Walls of Jericho et ceux que j’appelle affectueusement « les bons clients » des festivals divers et variés qui vous retournent une pelouse en 30 secondes, savent exactement ce que je veux dire. « Nails in the coffin » est une excellente chanson, dans la pure mouvance hardcore. Encore une fois, le message est clair. Les changements rythmiques de cette chanson en font le banger de cet album. Une basse qui est d’une simplicité confondante, mais le combo basse batterie nettoie efficacement derrière les molaires de l’auditeur.
Un beau featuring sur « The Path » avec Eric Ellis guitariste de Bury Your Dead, et dont le nouveau projet Ellis est à zieuter avec beaucoup d’attention. Cette chanson est très inspirée musicalement par le « Trigger full of promises » de Walls Of Jericho. Ce n’est en rien un reproche ou une quelconque accusation de plagiat de ma part. Après tout, n’est-il pas impossible, ou presque en 2026 d’être original ? Surtout dans ces niches dont la sphère métal a le secret ? Et est-ce vraiment là le plus important ? Point du tout ! Quel plus bel hommage en définitive que d’avoir inspiré la génération suivante !
En conclusion
The Standard et les 10 uppercuts dans le menton qui le composent sont a se mettre sous la dent de toute urgence. Pour une première et un groupe aussi neuf puisqu’ils sévissent depuis seulement 6 ans, « The Standard » fait monter la barre très haut et la concurrence a du soucis à se faire parce que Southpaw FLHC est là pour tout casser et nous faire vibrer encore et encore.
A écouter de toute urgence!
LINE UP
Daryn LaMontagne – Vocals
Alan King – Guitar
Marc Laroche – Bass
Harrison Linder – Drums
DISCOGRAPHIE
The Standard
Southpaw
Lien
Live report de La nuit du Hardcore, le Fil (SMAC 42 Saint Etienne)





