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Le groupe Bukowski nous parle de son album « Cold Lava »

Bukowski © François Duffour
© François Duffour

Il y a des groupes que j’ai toujours plaisir à retrouver et Bukowski en fait partie.  3 ans après l’album éponyme qui rendait hommage à Julien, le groupe a choisi de continuer sa route, et de revenir plus fort que jamais.  Il a pris le temps de peaufiner son nouvel opus, entre une certaine nostalgie et la volonté d’aller de l’avant. Une œuvre riche, dense, et catchy, dans lequel le combo a une nouvelle fois donné le meilleur de lui-même. Un opus taillé pour le live mais qui s’écoute avec beaucoup de bonheur.

Bukowski : le retour gagnant avec « Cold Lava »

Bonjour messieurs, vous revenez 3 ans après votre album éponyme avec ce nouvel opus, écrit et composé pendant 1 ans et demi. C’était le temps nécessaire pour aller au bout du processus de ce nouvel opus ?

Max : Il n’y avait pas de deadline, pas de hâte. On ne voulait pas être pressés par le temps, on ne voulait pas être dans l’urgence et finalement ne pas être contents du résultat. Au contraire, on avait besoin que chaque morceau nous satisfasse à 100 %. C’est aussi cela le travail artistique, il peut être plus ou moins long. En tous les cas on est très contents du résultat

Mathieu : C’est une bonne question, on n’était pas pressés,  même si ça nous a paru un peu long.

Vous aviez vraiment envie de faire l’album plaisir ?

Mathieu : C’est bien dit. Envie de faire un album facile à défendre sur scène et qui ressemble bien à Bukowski !

Cet album s’appelle Cold Lava. Est-ce qu’on pourrait le traduire par colère froide ?

Mathieu : Oui, on peut, même si chacun peut l’interpréter. Ça représente tout ce qu’on pourrait croire éteint et qui se réveille.

Cet album parle de révolte, d’obscurantisme, de dérive de l’humanité…Tout cela est toujours d’actualité

Mathieu, Max, Romain (en chœur) : Et pas hyper festif (rires) !!!

Max :Tu parles de révolte,  de cette colère qui peut se réveiller, mais il y a quand même cette lueur d’espoir au fond de quelque chose qui a l’air éteint et mort.  On a quand même ce fond un peu positif

Il y a la révolte, et cette colère froide qui vient après la réflexion. Ce temps qu’on prend pour exprimer ces choses.

 Mathieu : C’est ce qui nous arrive le plus souvent dans la vie. Digérer les choses, négatives, même si la colère reste.

Romain  : Je pense qu’on peut effectivement parler de colère froide quand on regarde le monde qui nous entoure, quand on voit la façon dont les gens se comportent, sur le fait que pas grand-chose ne va dans le bon sens.

L’album démarre sur les chapeaux de roues avec votre rock brut et direct, qu’on retrouve avec grand plaisir. Il y a ces refrains souvent catchy et très accrocheurs qui alternent avec ces passages plus mélodiques comme avec le magnifique début acoustique de Whispers, ou plus furieux comme Neverending Fall ou la fin de Whispers.  Cold Lava, est la ballade qui permet de reprendre son souffle après la lourdeur de Criminals, tout comme Over The Vines après Communication In Silence.  Que dire de ces passages très aériens et suspendus d’Isolation !  C’est ainsi que vous avez voulu construire cet album, avec toutes ces alternances, tous ces passages ?

Mathieu : Oui, c’était voulu parce qu’on est influencé par plein de choses en musique. C’est toujours un pari de réussir à équilibrer ces moments durs et d’autres plus calmes. Il faut savoir quand le proposer. Et c’est la même chose que sur une setlist de concert. Comment faire « un Tetris » de toutes ces choses sachant que de toutes les façons c’est dans notre ADN.

Ces alternances sont votre marque de fabrique, cette façon d’alterner ces moments puissants et ces moments qui permettent de reprendre son souffle.

Mathieu :  Oui, exactement, ces espèces de montagnes russes.

Peut-être que je me trompe, mais il me semble que sur « Gunpowder », il y a un extrait de Podium.

Rire général !

 Mathieu   : Eh bien non ! Ce n’est pas Podium ! C’est mon frère qui imite Poelvoorde. Ce n’est même pas un extrait du film c’est une impro de sa part. Mais tu n’avais pas tout à fait tort !

C’était presque ça ! On va parler de Criminals. C’est un morceau puissant qui fait référence à l’affaire Pelicot. Pourquoi avoir sorti ce morceau en premier single ? Si j’étais provocatrice, je vous demanderais …

Mathieu :  Si on n’enfonce pas des portes ouvertes ?

Non, au contraire ! Pourquoi prendre ce sujet à cœur en tant qu’homme ?

Max  : Je trouve que c’est important que les hommes puissent aussi dire que les violences sexistes et sexuelles ne sont absolument pas normales. Il ne s’agit pas de démagogie ou d’enfoncer des portes ouvertes comme dit Mathieu. On sait que c’est facile de dire que c’est mal. En réalité, on a une amie proche du groupe à qui, il est arrivé ce genre de choses. Et du coup, on a été confronté à cette réalité.

Romain : ça se passe partout et tout le temps !

Max :   Le clip parle effectivement de cette affaire, mais aussi des souffrances dans le couple des violences sexistes. Je ne sais pas ce que vous en pensez tous les deux …

Mathieu : C’est ça. On connait plusieurs personnes qui ont vécu ce genre de choses. Au départ, on ne voulait pas forcément parler de l’affaire Pelicot, mais elle illustre tous ce que les victimes peuvent endurer.

Romain : Cette affaire est le symbole de ce qui est arrivé notamment à notre amie. C’est plus simple de prendre un fait connu de tous, qui parle à tout le monde pour exprimer ce qu’on en pense.

Je trouve important que des hommes prennent la parole sur ce sujet. Merci de l’avoir fait.

 Max : Mais de rien ! Il faut dire aussi et sans dénigrer aucun membre d’autres groupes, il y a eu plein d’affaires dans le milieu du rock, notamment en France. Ça nous a aussi forcément perturbés, parce que c’est un petit monde et qu’on ne peut pas rester silencieux par rapport à ce qui se passe et ne pas se prononcer.

C’est notre façon de dire que ce n’est pas normal ! Et on n’a pas d’autre moyen de dénoncer ces faits que d’en faire un morceau. C’était le plus évident pour nous.

Romain : ce n’est pas simplement un problème d’homme ou de femme, c’est un problème commun finalement !

Je trouve que les hommes ont autant le droit de dire stop que les femmes !

 Max : Qu’on soit homme ou femme, c’est en réalité un problème de tout le monde !

 Mathieu :  Les mecs dénoncent aussi, ce n’est pas vrai.

J’ai vu un reportage à propos du procès d’Aix en Provence. Deux femmes avaient porté plainte pour viol et étaient défendues par Gisèle Halimi. Le cœur du procès était la notion de consentement. A 50 ans d’écart, l’émission faisait le parallèle entre les deux histoires.

Mathieu : Ah oui ! Quand même 50 ans d’écart !!!

 Max :  Je pense que n’importe quel artiste, quelque soit sa notoriété, et même si on n’est pas un groupe interplanétaire, doit aussi prendre position. Je trouve que c’est important de transmettre ces valeurs et de montrer qu’il y a aussi es gens qui se battent pour ça.

 Tous les hommes ne sont pas pareils que Dominique Pelicot.

 Max :  Oui, c’est ça. Et c’est en ça que le message est essentiel.

C’est pour ça que je trouve ce morceau très important !

 Max : Quand on a enregistré le morceau en mars, j’ai vu que Suzanne, avai sorti une chanson qui s’appelle « J’accuse » C’est très différent, et nous ne sommes pas sur le même registre. C’est un clip de femme qui dénonce ces choses ! On était content de se dire que nous aussi, on pouvait le faire et qu’on avait un devoir de se prononcer sur le sujet. Même si on n’aura pas le même impact médiatique, et si on ne passera pas sur NRJ, c’est bien de le faire en tant qu’homme.

Comment s’est fait le feat avec Reno, qui est un morceau puissant pour moi.  Est-ce que c’est lui qui a écrit les paroles ? A-t-il eu carte blanche ?

 Mathieu : Oui, on lui a laissé complètement carte blanche. D’ailleurs, on n’a même pas corrigé quoi que ce soit. Ça c’est fait hyper simplement. Il est arrivé, il avait écrit son texte sur une feuille A4, on a tous trouvé ça mortel. Il a fait trois prises et c’était dans la boite.

Après on a passé le reste de la journée ensemble, à rire, et à faire plein d’autres choses . C’était parfait, validé immédiatement et ça nous a foutu les poils. Oui, tu as raison, c’est un morceau puissant.

J’ai vu quelque part que c’était l’une de vos idoles.

 Mathieu :   C’est vrai que c’est un collègue, un ami. J’ai grandi avec sa musique et j’étais allé le voir à l’Hôpital Ephémère en 1992 *. Je suis en grand enfant et de savoir qu’il fait partie de l’album….

Romain : moi c’est pareil, je l’ai vu sur scène quand j’étais ado.

C’est une reconnaissance quelque part ?

 Max : Oui, qu’il l’ait accepté.

 Mathieu :  En plus, il fait très peu de featuring, donc on était ravis qu’il accepte de le faire avec nous.

L’enregistrement s’est fait chez Francis Caste, un retour aux sources. J’ai l’impression qu’il y a un coté nostalgie et un même temps un pas dans le futur. C’est un grand écart !

Mathieu : C’est très bien dit, tu as bien compris l’album. Ce sont des morceaux fédérateurs avec un son moderne. On a voulu faire ce qu’on sait faire de mieux pour Buko

Bukowski artwork

artworkOn va parler de l’artwork qui m’a fait penser à une gravure ancienne, il y a ce volcan, cette femme, comme une statue antique, avec cet arbuste dont on ne sait s’il l’emprisonne ou la parasite …

Romain :  C’est une gravure ancienne. Ça dépend comment on l’interprète ; pour moi c’est une renaissance de la nature.

 Mathieu : C’est peut-être moins évident. C’était un clin d’œil à Pompéi, un mélange entre ces corps figés et les statues grecques. Ce que tu as dit est juste : les cendres, et cet arbre qui repousse et qui sort du ventre d’une femme.

 Max :  Qui symbolise le fait que même si la vie se termine pour certains, elle repart quand même toujours. On essaye toujours d’avoir un message d’espoir

 Comment allez-vous défendre cet album ?

Mathieu : Pour l’instant on est plus sur la fin de la tournée actuelle et le début de l’autre. Elle commencera avec la sortie de l’album.

Max : tout n’est pas annoncé. La tournée va sûrement commencer à partir de janvier. Les dates actuelles sont prévues depuis longtemps.

Je vous remercie pour le temps passé à me répondre. Que voudriez-vous rajouter que j’aurais dû vous demander ?

 Max   : Est-ce que ça va ? (rires). Ça va très bien ! On a fait beaucoup de dates après l’album éponyme. Et on était contents de rentrer en phase d’écriture. Ça fait un moment qu’on a écrit et composé, enregistré, mixé, masterisé avec tous les soucis de s’organiser, de trouver des investissements… Maintenant on est dans la phase de sortie de l’album, on prépare la tournée. On sait que c’est un album qui va très bien se défendre sur scène et on a très hâte de le jouer en live.

C’est en effet un album très rock et très catchy et on sent vraiment qu’il est vraiment taillé pour la scène !

 Mathieu :  ça fait plaisir, parce que c’est exactement ce qu’on voulait entendre.

Oui, je confirme, il reste en tête. (spoiler…) et pour Magnolia, je ne vous remercie pas  

Rires…

 Retrouvez notre article à propos du dernier clip du groupe : https://loudtv.net/news/cold-lava-le-feu-sous-la-glace-selon-bukowski/

POUR SUIVRE BUKOWSKI
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   Bandcamp : https://wearebukowski.bandcamp.com/music

Pour aller plus loin :

L’hôpital Ephémère : https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%B4pital_%C3%A9ph%C3%A9m%C3%A8re

 

 

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