
Bunny Bones Orchestra : le retour de la lapine la plus swing de l’hexagone avec « Back In Town ».
Ceux et celles qui nous font l’honneur de nous suivre savent que LOUD TV est un webzine spécialisée dans le metal. Chaque règle ayant son exception, je vais vous parler aujourd’hui un groupe d’un genre tout à fait différent. Souvenez vous ! Au début, il y eu le blues, les negro spirituals et le ragtime qui donnèrent naissance au jazz, qui accoucha du rock, qui lui-même engendra le hard rock qui lui-même… Bref, vous connaissez la suite. Je vous l’accorde ceci est un résumé plus que rapide !
Tout cela pour vous présenter Bunny Bones Orchestra, née des cendres de Dead Bones Bunny, lapine anglaise et danseuse burlesque. Elle naquit en 1924, mourut en 1975 et fut on ne sait par quel miracle réincarnée et propulsée à notre époque. Aidée de quelques acolytes, elle sort son nouvel EP « Back In Town » quelque part entre swing, rockabilly et rock moderne.
Bonjour BBO, vous êtes la réincarnation de Dead Bones Bunny, pouvez-vous vous présenter et me raconter votre histoire en quelques mots s’il vous plait ?
Effectivement nous sommes la réincarnation de Dead Bones Bunny. Nous faisons du rockabilly metal, du swing metal. Notre credo est de faire de la musique qui fait groover les têtes tout en faisant remuer le « popotin » On veut que cela reste festif et lourd en même temps.
Vous parlez de rockabilly, de swing metal, pouvez-vous m’en dire un peu plus pour ceux et celles qui ne connaitraient pas ?
L’idée est vraiment d’avoir ce groove à l’ancienne. Celui qu’on pouvait trouver dans le rockabilly, mais aussi dans la musique plus ancienne, avec cette inspiration rockn’ roll des années 50/60. On veut donner aussi une énergie, une force et une lourdeur plus moderne.
Même si on a l’esthétique du rockabilly, on ne fait pas que ça. On essaie de s’inspirer de toutes les musiques qui faisaient danser de cette époque.
On peut avoir des influences qui peuvent être metal moderne, sympho, avec beaucoup d’harmonie sur les voix parce qu’on a la chance d’avoir un quatuor de chant de très haut niveau.
Cette richesse des voix et des lignes de chant m’a beaucoup marquée dans cet opus.
On a essayé de travailler encore plus ce côté orchestral sur cet EP. Sur l’opus précédent les voix féminines étaient plus accompagnantes. Il est certain qu’avec nos deux chanteurs et nos deux chanteuses on pourrait faire penser à ABBA (rires) On fait du ABBA Metal ! Sans le look disco !
Quels sont les musiciens et les formations qui vous ont influencés ? Quand je parle de formations, je pense aux Big bands des années 40. Ils ont cette amplitude et richesse que je retrouve dans votre musique.
Surtout depuis qu’on a commencé à intégrer des cuivres !
Coté influences je parlerai de Brian Sedzer et de son Brian Sedzer Orchestra. Je trouve que d’est un concept qui fonctionne très bien et dont je me suis pas mal inspiré. On avait aussi joué avec le Diablo Swing Orchestra. Leur style, et leur coté choral nous a pas mal influencé aussi, surtout en ce qui concerne leurs premiers albums.
Comment se passe le processus de création chez vous ? Qui compose et qui écrit ?
On est plusieurs à composer, je balance des riffs de guitares sur lesquels mes petits camarades rebondissent et proposent d’autres choses. C’est un ping-pong musical, et c’est très collégial. Etant donné qu’on travaille à plusieurs c’est parfois un peu compliqué mais on essaie de mixer les idées de tout le monde.
Quels sont les thèmes de cet opus ? Qu’est-ce que vous avez voulu nous raconter ?
Le premier album était axé principalement sur l’histoire de Bunny. Sa nouvelle condition de lapine lui a fait entrevoir ce qui ne va pas dans ce monde actuel et elle nous a confié ses préoccupations.
Des titres comme Money Race va parler du capitalisme, de la course à l’argent, du besoin de se montrer sur les Réseaux Sociaux.
On parle de sujets actuels que l’on peut comparer à se qui se passait à l’époque où notre chère lapine est décédée. Comment les choses ont-elles évoluées ? Est-ce mieux ? Est-ce pire ? En voyageant dans le temps, n’aurait-elle pas provoqué des déficiences temporelles qui auraient influer sur notre époque ?
Est ce qu’on peut réparer cela en faisant de la musique ? On essaye en tous les cas !!!
Je le disais, dès le départ, cet EP donne envie de bouger et affiche tous les codes du style, de la rythmique, des chœurs. un très joli travail sur les voix et sur les lignes de chants féminines.
Je n’ai pas pu m’empêcher de penser, aux Andrews Sisters, Et on se retrouve vraiment propulsés dans les années 50. Et je le disais, le groupe a tout quand même du Big Band. Qu’ en pensez vous ?
On y va grandement quand même ! (rires) Quand on dit Big Band, on s’en approche pas mal puisqu’on est dix sur scène ! Effectivement, ça fait partie des projets que d’avoir un set qui soit plus riche harmoniquement avec l’ajout de cuivres. Ça nous titille fortement
Vous avez été enregistré par Étienne Sarthou. Excusez du peu quand même. Pourquoi lui? Comment s’est faite la rencontre et qu’est-ce qu’il vous a apporté?
Quand s’est posée la question de savoir avec qui on allait travailler, on a eu plusieurs noms et celui d’Etienne s’est imposé, parce qu’un des membres du groupe avait déjà enregistré avec lui et que son travail matchait bien avec l’esthétique qu’on voulait donner à cet EP. A titre perso j’ai bien apprécié son approche de travailler un petit peu à l’ancienne.
Il a été un coup de cœur musical et amical. On a super bien bossé avec lui et ça a été une super expérience. Il a su nous recentrer, puisque nous sommes nombreux. .Il a été force de proposition pendant l’enregistrement et il a fait de belles surprises qui ont sublimé nos idées.
Vous avez été surpris par ce qu’il vous a proposé ?
Oui agréablement surpris. C’est l’intérêt de travailler avec quelqu’un qui n’est pas juste un presse bouton. Il est aussi un musicien, et est capable d’apporter son avis extérieur, sa patte et son esthétique.
On peut dire qu’il vous a remis en question, vous a donné une autre vision. D’autant qu’en tant que musicien, il n’office pas trop dans votre style !
Tout à fait ! Le premier album avait été enregistré dans l’urgence, en vase clos en très peu de temps. Mais il reste un chouette album avec ses qualités et ses défauts. On a pris plus de temps pour celui-ci, pour le peaufiner et surtout pour en extraire le meilleur de ce qu’on pouvait donner à ce moment-là. Peut être sonnerait il différemment si on l’enregistrait aujourd’hui !
Votre clip montre Super Bunny dans un monde apocalyptique. Pourquoi ce contraste entre le morceau qui est quand même très joyeux et ce clip qui est un peu dark ?
Le clip porte le texte. Le coté joyeux du morceau représente l’espoir d’essayer de se battre contre les injustices dont se rend compte Bunny dans le monde actuel.
Le texte parle de l’exploitation animale et en particulier des lapins que l’on tue encore en 2025 pour leur fourrure ce qui est absolument inadmissible ! D’où ce côté apocalyptique ! Il a été réalisé par Leslie Tomassi.
Et que voulez-vous rajouter que j’aurais dû vous demander ?
Toujours compliquée cette question. Plutôt carottes à l’eau ou carottes râpées ? (rires)
Retrouvez notre article à propos de la sortie du coffret vinyle pour les 40 ans de Stray Cats : https://loudtv.net/divers/the-stray-cats-sortie-du-coffret-vynile-pour-les-40-ans-du-groupe/
Retrouvez le groupe sur sa page facebook : https://www.facebook.com/Bunny.Bones.Orchestra
Pour aller plus loin :
Swing : Le swing est un genre musical et une danse qui tire ses racines du jazz. Selon certains auteurs, le swing accompagne toute l’histoire du jazz ; pour d’autres, comme André Hodeir, il est devenu un courant musical du jazz qui prend son essor au milieu des années 1920 et va jusqu’à l’avènement du bebop dans les années 1940. https://fr.wikipedia.org/wiki/Swing_(musique)
Rockabilly : style de musique rock ‘n’ roll apparu au début des années 1950. Le terme est un mot-valise formé sur rock et hillbilly. https://fr.wikipedia.org/wiki/Rockabilly
Andrews Sisters sont un célèbre trio de chanteuses américaines de jazz des années 1940, composé des trois sœurs LaVerne Andrews (contralto), Maxene Andrews (soprano) et Patty Andrews (mezzo-soprano) https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Andrews_Sisters
Brian Sedzer (né le 10 avril 1959 à Massapequa à Long Island, New York, aux États-Unis) est un chanteur, guitariste et auteur-compositeur américain, connu notamment être le chanteur du groupe de rockabilly – https://fr.wikipedia.org/wiki/Brian_Setzer
Le Diablo Swing Orchestra est un groupe suédois de metal avant-gardiste. Formé en 2003, il mélange différents genres tels que le jazz, le heavy metal et plusieurs de ses variantes : symphonique, progressif, psychédélique ou encore folk. Leur style décalé, à part de tous les genres classiques, leur a valu de très bonnes critiques. – https://fr.wikipedia.org/wiki/Diablo_Swing_Orchestra





