
L’inconvénient avec des passionnés c’est qu’ils veulent toujours partager leur enthousiasme ! Alors quand des fous furieux partagent leur amour de la bonne musique qui les fait vibrer, on ne peut qu’adhérer ! C’est ainsi que Charcoal a eu l’idée d’enregistrer un EP de reprises inédites, avec le désir d’emmener dans cette aventure des copains tout aussi enthousiastes. Entre passion, amitié, travail et travail, rencontre avec un groupe qui vous fait partager son goût pour la bonne musique et les artistes qui les font toujours kiffer aujourd’hui.
Bonjour à tous les quatre, vous avez sorti en décembre un second EP, Fellaz Undercover, pourquoi ce titre d’album ?
Fabrice Trovato : Tout simplement parce que chacun d’entre nous a choisi un titre et qu’on a invité des fellaz, cinq copains qui sont venus les partager avec nous.
Un chanteur par titre : Erik Sitbon Björngard (Time Tripper), Steeven Corsini (Locomuerte), Albert Arnold (Harsh), Kourros (Riviera Paradise), et Fred Dubois (Sleazyz)
Pourquoi faire des reprises ?
Stéphane Labas : On était en plein enregistrement de l’album, ce qui nous prend du temps parce qu’on essaye de faire les choses bien. Il y a un morceau de Thin Lizzy qu’on reprend régulièrement. On en a discuté et au bout de 5 mm on s’est dit que ce serait bien que chacun fasse sa reprise.
C’était aussi l’occasion d’inviter un copain pour chaque titre. On a mis l’enregistrement de l’album en stand-by et on a enregistré l’EP en 2/3 semaine
Damien Le Boucher : Tu as oublié de parler de notre grande passion de Noël ! Tous les ans, depuis que Charcoal existe, on a toujours une idée à la con pour cette occasion. C’est notre façon de célébrer cette fête !
Stéphane : Cet EP est notre cadeau pour les gens qui nous aiment bien et nous suivent. C’est aussi, une manière pour nous de rendre hommage aux musiciens qui nous ont inspirés et qui nous inspirent toujours.
J’allais vous le demander. Est-ce que c’était un retour aux sources, un exercice de style, un challenge ou un hommage ?
Stéphane : C’est un peu tout ça. Le groupe existe pour et par la passion. C’est dans cet état d’esprit qu’on organise la Charcoal Party. On croit beaucoup à l’énergie collective, la rigolade entre copains et aux rencontres incroyables.
On est tous des faiseurs et des passionnés de hard rock. Et je suis très fier de tout ça. On avait envie de faire découvrir Faster Pussicat par exemple et des morceaux moins connus.
On peut parler alors, de hardcore, d’amitié, de musique et de partage.
Stéphane : Et un peu de militantisme aussi. On l’est de plus en plus et on défend plein de valeurs, comme l’amour de la musique organique par exemple. On a hésité à travailler plus spécifiquement sur le numérique, mais on préfère cette autre manière de faire.
C’est important, au moment où l’IA prend de plus en plus d’importance de rester sur ce côté organique et authentique ?
Stéphane : Je le crois plus que jamais, parce que ça me fait de plus en plus peur ! Je me demande quelle va être la place des artistes. On parle d’une appli qui existe depuis un an et demi, voire deux ans et dont 40 % des titres ont été généré par l’IA. Et les gens écoutent ça !
Je l’ai testé et c’est d’une facilité incroyable ! Pour moi ce qui différencie l’être humain de l’animal c’est sa pertinence et sa créativité. Je ne pensais pas qu’on allait y toucher aussi vite. Il n’y a aucun garde-fou sur les plates formes. Aux gens de faire le (bon) choix. Nous, on veut juste se marrer, partager de bons moments et faire des morceaux avec leurs défauts et leurs maladresses.
L’organique, c’est le droit aux défauts, à l’erreur, mais c’est aussi le droit à la conviction et à l’émotion.
Comment avez-vous choisi chaque invité ?
Cyrille Hawlicki : on les a sélectionnés par couleur et appétence musicale. Je voulais par ex, surprendre, sur Boulevard of Broken Dreams d’Hanoï Rocks. En effet, Steven est très loin de son registre habituel et il pensait que c’était le titre de Green Day !
Il ne connaissait pas du tout le morceau, mais il était enchanté du résultat. On a également un guest de talent : Monsieur Stéphane Labas (sourires) qui chante sur Faster Pussycat parce que c’est son groupe de prédilection. Il faut préciser qu’il est aussi un chanteur de talent, et je voulais une autre palette de voix que la mienne.
Le jour où on a enregistré, il a commencé à balancer et Fabrice et moi on a été vraiment convaincus. Ça sonne vraiment très fat, très garage. Comme lui en fait ! (rires)
Qui a choisi les morceaux ? C’est vous ou c’est eux ?
En chœur : c’est nous ! (rires)
Cyrille : En ce qui concerne cette histoire de palette, le Fire Woman de The Cult correspondait bien à Arnold. On avait besoin aussi d’un scandinave pour le titre de D-A-D, on a donc fait appel à notre suédois favori : Monsieur ERIK SITBON-BJÖRNGARD. J’ai, pour ma part, une voix assez écorchée qui peut se rapprocher quelques fois de ce que fait Jesper Binzer. Mais Éric a cette façon intéressante de chanter plus lyrique et très pop/rock et moins rock’n’roll. Ce contraste est intéressant.
Stéphane : il nous fallait des gens qu’on connait dans la vraie vie, qui sont de vrais copains. Quand on se voit, on parle beaucoup de musique. C’est notre point commun et on savait aussi ce qui allait plaire aux uns et aux autres.
Damien : il nous fallait des gars sur qui on pouvait compter, parce que notre timing était vraiment serré !
Fabrice : expliquons quand même la genèse et l’anecdote qui méritent d’être soulignées ! Quand Monsieur Labas te dit : tiens, on va faire une EP de reprise alors qu’on est en plein enregistrement de l’album, surchargés de boulot, que ça s’insère dans un planning hyper chargé, tu as un timing de ouf !!! Parce qu’il y a aussi la pochette et tellement d’autres choses à faire ! C’était un tsunami de charge de travail !!!
Stéphane : moi, je ne voulais faire qu’un titre et c’est vous qui m’avez dit (petite voix) « Pourquoi on n’en ferait pas d’autres » (rires)
Damien : C’est moi qui me suis enflammé (rires)
Quelques mots sur les groupes que vous reprenez. Certains ont été une découverte pour moi et je trouve intéressant que vous mettiez en avant des titres moins connus.
Cyrille : le projet de départ était de faire un EP de reprises que les gens n’ont pas l’habitude d’entendre « en reprise ». Sauf bien sûr Wisky On A Jar qui est lui-même la reprise d’un traditionnel irlandais. A part ce morceau personne en France, n’a enregistré du DAD, du The Cult, du Faster Pussy Cat…On voulait faire quelque chose d’original. Faire du Highway to Hell, du Welcome to the Jungle, du Smoking On The Water n’avait aucun intérêt ! Il fallait que ça corresponde à l’ADN de chacun.
Damien : en ce qui me concerne, j’adore Fire Woman. Le plus fou est que je l’ai découvert récemment, lors d’une Jam Session au légendaire bar « le Stock » (à Mennecy NDLR) interprétée par Cyrille, Stéphane, Fab et Julien de Lone Wolf. Donc ça a été une évidence pour moi au moment de choisir un titre.
Vous avez enregistré au Totem Studio : qu’est-ce que ce studio ?
Stéphane : Je vais laisser notre cher ami, le très sérieux Fabrice Trovato (sourires) nous expliquer ça. Mais je peux te dire que c’est un peu le cinquième larron du groupe.
Fabrice Trovato : c’est celui qui a enregistré les albums de Tr3nte, et c’est aussi un ami que je connais depuis plus de 40 ans. On aurait pu travailler dans d’autres studios, plus ou moins cher, je ne sais pas, mais Thierry nous comprend, et surtout il fait la meilleure choucroute de la mer qui existe (rires)
Damien : Il faut dire aussi qu’on avait enregistré le titre de Noël (qui est une tradition pour le quatuor, voir plus haut, NDLR) chez lui. La découverte de son studio a été un vrai coup de cœur et la question ne s’est pas vraiment posée de savoir si on continuait avec lui ou pas. C’était une évidence et on a kiffé de bosser avec lui.
Fabrice : on aime bien sa façon de travailler. Ce n’est pas Hollywood mais ça nous correspond bien.
On est en confiance, il voit très bien où on veut aller. C’est important pour moi de procéder de cette manière, le projet devient vraiment collectif ! On a tellement été contents de l’enregistrement que du coup on va continuer à travailler avec lui.
Stéphane : Il nous a d’ailleurs aidé à travailler notre son. J’ai été très étonné quand on a enregistré l’EP parce que je trouve que ça sonne naturellement Charcoal.
On n’a pas « inventé la poudre » mais notre son est venu avec le temps. On travaille et on répète énormément, tous ensemble et ça fait partie de notre ADN. .
On pourrait, en effet, croire qu’il est très facile de faire un album et de se produire sur scène. Mais, le commun des mortels est très loin d’imaginer la quantité de travail que cela exige !
Stéphane Labas Oui, on travaille énormément. On fait deux à trois répétitions par semaine. Ensemble ou parfois à deux ou trois. Chacun a son rôle et apporte sa pierre à l’édifice. Pour avoir déjà joué dans d’autres formations, je crois que je n’ai jamais rencontré une telle osmose entre les personnes. La confiance, le travail sont partagés, qu’il soit artistique ou administratif. Il ne suffit pas de faire de la musique, il faut la faire vivre et créer tout un écosystème autour. Et même si on ne sait pas très bien où tout cela va nous mener, je mesure tous les jours la chance que nous nous avons de nous être rencontrés.
Parlons de votre artwork : belle collection de patchs !
Stéphane : Figures toi que ça n’a rien à voir avec ma veste à patch ! On est partis d’une base de Cyrille qui a collé tout un tas de stickers de groupes et on a rajouté le logo de Faster Pussycat qui est le même que celui de ma veste à patchs. c’est Fab qui a upgradé
Fabrice : on a pris sa base pourrie, parce qu’elle est vraiment pourrie (rires généralisés) et on s’est dit qu’il était inutile de chercher plus loin !!! C’est notre coté punk, spontané, rock et organique et ça nous plait !
Comment allez-vous défendre cet EP ?
Stéphane : On a pas mal de dates qui tombent. On va jouer à La Rochelle le 6 mars avec nos copains de Furies et Harsh.
Stéphane : On va faire un festival qui s’appelle l’AMERICAN FOX FESTIVAL les 29-30-31 Mai 2026. Et bien sûr le Fertois Metal Fest les 29 et 30 Août ainsi que le Mennecy Metal Fest les 4, 5 et 6 septembre.
On essaye de ne pas toujours jouer aux mêmes endroits, parce qu’on sait bien que ça saoule tout le monde de nous voir tout le temps !!! (rires) Et puis ça nous donne une bonne excuse pour partir en week end
Qu’est-ce que vous voulez rajouter que j’aurais dû vous demander ?
Cyrille : l’album est dans les tuyaux et ça s’annonce bien ! On va essayer de faire naitre ce joli bébé bientôt.
Fabrice : l’année va être dense et elle se terminera comme d’habitude par une grande fête. Ce sera le 5 décembre au Chaudron (Le Méé sur Seine NDLR) au profit du Téléthon.
Stéphane : C’est important pour nous de défendre aussi cette ville et ce territoire grâce à notre association : la Charcoal Rocks Association. Et d’autres dates vont être annoncées
Rendez vous sont donc pris. Et d’autres sont à venir.

EP_FELLAZ UNDERCOVER
Track List :
Fire Woman – (The Cult : Ian Astbury Billy Duffy)
Sleepin’ My Day Away – (DAD : Jacob Binzer, Jesper Binzer, Peter Lundholm Jensen, Stig Pedersen)
WhiskEy In The Jar – (Thin Lizzy : Trad. arr. Eric Bell, Brian Downey, Phil Lynott)
Don’t Change That Song – (Faster Pussycat : Faster Pussycat)
Boulevard of Broken Dreams – (HanoI Rocks : Bob Ezrin, Andy McCoy, Ian Hunter)
Line Up :
CYRILLE HAWLICKI : Bass / Vocal (All Songs)
STEPHANE LABAS : Rythm Guitars & Backing Vocals (All Songs)
DAMIEN LEBOUCHER : Lead Guitars (All Songs)
FABRICE TROVATO : Drums / Backing Vocals (All Songs)
FRED DUBOIS : Vocals on «Don’t Change That Song»
STEEVEN CORSINI : Vocals on « Boulevard of Broken Dreams »
KOURROS : Vocals on « Whiskey in The Jar »
ALBERT ARNOLD : Vocals on « Fire Woman »
ERIK SITBON-BJÖRNGARD : Vocals on « Sleepin’ my day away »
STEPHANE LABAS : Vocals on « Don’t Change That Song »
Recorded at TOTEM STUDIO by TYVY
Mixed and Mastered by TYVY @ Totem Studio – ©2025
Produit par Charcoal Rocks Association
Retrouvez notre article à propos du titre précédent du groupe : https://loudtv.net/news/charcoal-enchante-noel/
Retrouvez le groupe sur sa page facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=61550994609150
Pour aller plus loin :
The Cult : https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Cult
D-A-D : https://fr.wikipedia.org/wiki/D-A-D
Hanoi Rocks : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hanoi_Rocks
Faster Pussycat : https://fr.wikipedia.org/wiki/Faster_Pussycat





