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Hope As A Weapon : du Metal Kombat au Mennecy Metal Fest

Hope As A Weapon - Gilles Dny
Hope As A Weapon – Gilles Dny

De la finale du Metal Kombat à l’ouverture du Mennecy Metal Fest, Hope As A Weapon  poursuit la construction d’un univers où musique, visuels et mise en scène se rencontrent. Évolution du set, interaction avec le public, « lore » et ambitions futures : échange avec Max, Kana et Lio sur un projet qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Laurent, le bassiste, n’a pas pu se joindre à l’interview, retenu au stand merch — un autre lieu d’échange avec le public.

Bonjour Hope As A Weapon. Vous sortez tout juste de scène. À quel moment avez-vous senti que le concert était vraiment lancé ?

Max : Je dirais au bout de trois ou quatre chansons. Les gens étaient déjà présents dès le début, mais c’est à ce moment-là qu’on a senti qu’ils commençaient à se réveiller. The Night a fait une bonne transition pour impliquer le public, et sur The Dark, ils ont vraiment tout donné dans le Wall of Death.

Kana : Moi, j’ai senti que ça commençait dès le début. Je suis le premier à monter sur scène, donc il y a toute la pression d’un coup, tous les regards, et là je sais que je suis dedans, qu’il n’y a pas de retour en arrière.

Lio : Comme Kana, dès que le concert a commencé, j’étais dedans. La pression d’avant retombe pour laisser place à une « bulle ». On rentre dedans, voilà.

C’est une pression particulière d’ouvrir un festival  comme le Mennecy Metal Fest ?

Kana : C’est une pression et un honneur d’ouvrir pour de tels groupes. Bukowski jouait juste après nous, c’est un groupe dont j’entends parler depuis que je suis gosse, donc c’est trop cool de les voir jouer après nous. Hier, il y avait Saxon et Oomph!, aujourd’hui Alestorm.

Max : C’est un honneur et un challenge. Mais c’est aussi un moyen de prouver ce qu’on peut faire sur des scènes où les gens ne sont pas encore chauds.

Lio : Oui, mais il y a aussi moins d’attentes envers un premier groupe qu’envers le dernier qui doit terminer en apothéose. Ça enlève un peu de pression.

Etant le premier groupe de cette journée, beaucoup de gens ont découverts Hope As A Weapon.

Kana : Souvent, ce sont des plus petits groupes qui ouvrent les festivals. Les gens qui viennent à midi savent qu’ils viennent découvrir des groupes qu’ils n’entendent pas tous les jours. Et ça, c’est cool.

Max : Et comme on vient de Belgique, peu de gens nous connaissent. Les retours qu’on va recevoir seront donc très honnêtes, ce sont des premières impressions, et c’est très intéressant.

Vous aviez aussi préparé un nouveau set aujourd’hui. Qu’est-ce que vous avez voulu faire évoluer depuis le Metal Kombat ?

Lio : Il y avait deux nouveaux morceaux, The Night et The Dark, qui sont les deux singles qui teasent le prochain EP.

Kana : On voulait mettre un pied un peu plus dans le côté metal avec The Dark. On a un côté très accessible, mais il faut aussi montrer qu’on sait envoyer la patate, qu’on sait faire des pogos. On a présenté notre univers avec le premier EP, et là on rentre plus dans l’histoire, dans les détails, avec un univers plus perfectionné, plus léché.

Max : On a aussi voulu mettre en place davantage de transitions, de build-up, et inclure davantage le public pour qu’il ait l’impression de faire partie du show. Les faire chanter, leur faire faire des choses plus intenses comme un Wall of Death ou un circle pit, c’était le bon moment parce qu’ils étaient déjà dedans.

Lio : J’étais vraiment sur le cul  ! Je ne m’attendais pas à voir des gens aussi chauds. Certains qu’on avait vus au Metal Kombat sont revenus et nous ont dit qu’ils étaient presque venus pour nous. Ça donne beaucoup de force. Voir que les gens sont présents, c’est génial.

À Alcatraz, vous expliquiez que votre identité et votre show se construisaient à partir des différences de chacun. Qu’est-ce qui a évolué depuis ?

Kana : Une grosse part se fait toujours à l’écriture. On a une base, et chacun amène sa patte : ses mots, ses intentions, ses influences. Les riffs parfois plus old school de Lio, la prod plus moderne ou parfois un peu folk de Max, mes drums… Dans les morceaux, il y a tout le monde. Et le show est construit en fonction de la personnalité de chacun et de sa manière de se comporter sur scène.

Lio : Oui, scéniquement et dans la composition, il y a des moments cadrés. On pourrait presque parler de « tableaux » sur certains morceaux. On a eu un coaching avec Marcella Di Troia, la chanteuse de Black Mirrors, qui est aussi coach vocale et scénique. Grâce à ça, on a des canevas d’entrée et de sortie de scène, mais le reste, on peut le remplir à notre sauce. C’est cool que chacun puisse mettre sa patte.

Max : On essaie d’avoir une ligne directrice cohérente, tout en laissant nos personnalités s’exprimer : dans la musique, la DA, le show, les tenues. On veut faire voyager les gens, les emmener dans un univers où ils ne décrochent pas.

« On veut faire voyager les gens, les emmener dans un univers où ils ne décrochent pas. »
Est-ce important pour vous d’avoir cette maîtrise ? 

Max : Oui. On analyse les vidéos et les retours, autant pour nos points personnels — comme vérifier si j’ai bien chanté et ce que je peux améliorer — que pour l’alchimie du groupe : placement, interactions, synchronisation. Ça rejoint notre direction artistique : une ligne cohérente où nos personnalités restent visibles, dans la musique, le visuel, le show et les tenues. Au final, on veut surtout embarquer les gens dans un univers dont ils ne décrochent pas. C’est parfois millimétré, mais l’émotion et le côté vrai doivent ressortir aussi.

Kana : On a de grandes lignes dans lesquelles on peut s’amuser. Si nos shows étaient une pièce de théâtre reproduite à l’identique, autant regarder une vidéo YouTube. Le canevas est important : on navigue dedans, on adapte. Moi, je suis très théâtral à la batterie, mais parfois je fatigue, donc je réduis pour redonner du peps plus tard.

« Si nos shows étaient une pièce de théâtre reproduite à l’identique, autant regarder une vidéo YouTube. »
Comment vous adaptez vous  aux réaction du public ?

Max : Par exemple, le build-up de The Dark pour créer le Wall of Death est un peu long. Les gens s’écartent très vite, c’est super, mais au bout d’un moment il faut réduire un peu. Ce sont des choses qu’on ajuste pour faire en sorte que les gens apprécient davantage, puissent être plus dedans et qu’ils interagissent.

Lio :  Tu composes chez toi, puis tu vois les photographes ou les gens réagir à un moment précis. Tu te dis : « OK, ça les touche vraiment », donc tu marques le coup. L’énergie se ressent, tu la redonnes. Heureusement que les gens sont là, ça change tout.

La relation avec le public est essentielle. J’ai été spectateur avant de monter sur scène, donc je sais ce que ça représente de vivre un concert de ce côté-là. Aujourd’hui, j’ai envie de transmettre cette émotion à mon tour. C’est un véritable échange : on donne de l’énergie au public, et il nous la rend.

Kana : On est des amoureux des concerts avant tout. On y va dès qu’on peut. C’est cette émotion qu’on veut redonner.

Votre travail sur le show semble aussi très lié à votre univers visuel. Lio, comment ton expérience dans le cinéma a-t-elle joué dans sa construction ?

Lio : Oui. J’étais fort dans les visuels : caméra, lumière… Je voulais des visuels léchés, mais aussi raconter des histoires, les mettre en image. Quand Max a parlé de « lore », j’ai essayé d’avoir des images de cet univers science-fictionnel, futuriste, sans tomber dans les cyborgs déjà vus. Je me suis inspiré de rêves, comme dans The Dark.

Et comment les autres ont-ils intégré cette notion d’univers ?

Kana : Quand j’ai rejoint le groupe, les bases étaient posées. Maintenant, je participe aux discussions sur le futur du « lore ». J’ai toujours aimé écouter des histoires, donc c’est chouette d’en raconter.

Max : J’ai apporté les premières idées, et Lio a super bien rebondi pour les concrétiser. C’était un « ping-pong d’idées », auquel tout le monde participe aujourd’hui.

Vous accordez donc une place importante à l’expérience visuelle autant qu’à la musique ?

Kana : Oui. On propose une expérience musicale et visuelle pour que le public soit dans le concert du début à la fin. On a une super ingé light, Alicia, mais comme on jouait en début d’après-midi aujourd’hui, on n’a pas forcément pu mettre son travail en valeur.

Qu’est-ce que le coaching vous a appris, au-delà de la simple mise en place du show ?

Lio : La gestion de scène. Le côté théâtral, savoir où se placer, comprendre l’équilibre.

Max : Cet équilibre de scène est hyper important et on l’utilise tout le temps. Je suis souvent devant, donc je ne vois pas ce que les autres font derrière. Heureusement,  ils gèrent super bien !

« Parfois, ne rien faire est une position. »

Lio : Ne pas en faire trop tout le temps. Jouer sur les contrastes, garder son énergie, contrairement à ce que je faisais avec mon ancien groupe. Parfois, ne rien faire est une position.

Kana : Diriger le regard du public. Par exemple, au début de The Anchor, c’est juste Lio et Max : Laurent et moi, on se met en retrait pour que le focus soit sur eux.

Lio : La gestion de scène sert aussi les morceaux.

Qu’est-ce que la scène vous a appris depuis la sortie de votre EP ?

Max : Je commence à pouvoir apprécier les concerts que je fais, alors qu’avant, l’adrénaline m’empêchait d’en profiter. Maintenant, je peux prendre un moment pour comprendre ce qui se passe. Chaque concert apprend. On a beaucoup d’idées pour la suite, ça dépend du temps et de l’argent, mais ça avance.

Kana : J’ai découvert des muscles ! (rires) La batterie, c’est violent. Au début, je n’avais pas la capacité d’enchaîner une heure de batterie. Maintenant, parfois, on enchaîne deux dates.

Lio : J’ai appris ce que c’est d’être fauché. (rires) Et j’ai appris à aller au bout de ce truc qu’on porte seul dans sa tête. Voir des gens plus chauds que toi dans ton propre projet, c’est hallucinant. Ça touche des gens très différents. Ça ouvre un champ des possibles.

Vous avez présenté un univers qui se développe avec la musique. Jusqu’où aimeriez-vous pousser cette idée sur scène ?

Max : Notre kif ultime serait un show presque « comédie musicale » : un univers entier, des lumières, des effets spéciaux, une histoire, et nous comme acteurs. Et impliquer encore plus les gens dans ce concept.

Lio : Que notre univers se développe, que les gens prennent plus de place dans les shows. Peut-être une pièce de théâtre ou une comédie musicale dérivée, pour que ce « lore » puisse prendre plus de place. Mais pour nous, ce serait surtout faire évoluer l’expérience du concert : la structure, le son, l’interactivité.

Kana : Embarquer le public de manière plus active.

Max : Le mélange des voix avec celle du public donne quelque chose de quasi parfait.

Pour ceux qui vous ont découverts aujourd’hui, qu’aimeriez-vous qu’ils emportent de Hope As A Weapon ?

Max : Un message de cohésion, d’espoir. Que plein de gens différents peuvent se connecter les uns aus autres. On donne, ils donnent, c’est égalitaire.

Kana : Il n’y a pas de concert sans public.

Lio : N’oubliez pas de kiffer !

Vous étiez venus chercher cette place en finale du Metal Kombat, vous comment avez vous vécu cette ouverture du Mennecy Metal Fest ? 

Kana : Énormément de joie. C’était incroyable, très familial.

Max : Il y a eu plein de petites étapes trop cool : partir en van tous ensemble, les chambres d’hôtel offertes, l’accueil sur le site… Tu vis un rêve d’artiste.

Lio : Ça donne envie de revenir, en tant qu’artiste ou festivalier. L’ambiance est géniale.

De la finale du Metal Kombat à cette première expérience au Mennecy Metal Fest, Hope As A Weapon continue de construire son identité sans perdre de vue ce qui fait l’essence du live : le partage avec le public. Entre nouveaux morceaux, travail scénique et développement de leur « lore, » le groupe belge avance étape par étape, avec l’ambition de transformer progressivement ses concerts en véritables expériences immersives.

Une chose est certaine : après avoir découvert Hope As A Weapon, le public n’a sans aucun doute, pas fini d’entendre parler d’eux.

Retrouvez notre article à propos du clip « The Dark » : https://loudtv.net/news/hope-as-a-weapon-sort-the-dark/

Retrouvez Hope As A Weapon sur :

https://www.facebook.com/hopeasaweapon

https://www.instagram.com/hopeasaweapon/

 

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