
Qui n’a jamais piaffé d’impatience dans une file d’attente ? Qui n’a jamais maudit ce temps mort, passé à attendre que son tour arrive enfin ?
Alors quand des créateurs proposent de transformer ce temps « inutile » en moment festif, comment refuser ?
« En combinant la musique, les infos pratiques et les divertissements interactifs, Qzic.me transforme les files d’attente en une expérience mémorable. »
Tel est le pitch revendiqué par les créateurs de cette application. Mais que diable ! Quelle est ce Mystérieux Objet Interactif ?
Bonjour Stéphane, nous sommes ici pour parler de ton projet « Qzic.me » qui va révolutionner les files d’attentes. Mais, peux-tu d’abord te présenter et me présenter ton équipe ?
Je suis Stéphane Cicéron, je travaille chez LeadingFrog, un éditeur de logiciels spécialisé dans l’affichage dynamique. Mon associé, qui se prénomme aussi Stéphane, et moi avons constaté que le temps que nous passions dans les files d’attentes lorsque nous allions en concerts, était très long. De plus, de nos jours tout le monde a un smartphone, nous avons donc décidé de développer une appli pour distraire les gens pendant ce laps de temps. Le but étant de mettre le public dans l’ambiance avec des jeux en rapport avec les artistes à l’affiche, que ce soit au sujet de leurs bio ou leurs discographies par ex.
Notre équipe se compose de Mathéo qui fait les développements, Stéphane s’occupe lui de la partie administrative et financière, Mathieu qui s’occupe du community management et moi qui m’occupe de la partie commerciale et du recrutement de nouveaux joueurs lors des festivals et des concerts.
L’idée vient de ton expérience personnelle !
Oui, on n’écoute pas les mêmes genres de musiques dans l’équipe, mais on a tous eu cette expérience désagréable des files d’attentes.
C’est comme ça que tu les as convaincus de te rejoindre ?
On avait eu cette idée Stéphane et moi, il y a quelques années et on l’avait mise de côté en attendant de voir comment on pourrait la mettre en œuvre, et comment la faire perdurer entre deux concerts. Et petit à petit le concept du quiz quotidien qui permet de faire découvrir des groupes s’est imposé et permet de faire le lien entre deux évènements.
J’aime beaucoup votre slogan « l’appli qui tue le temps » !
Je ne sais plus comment c’est venu, mais c’est vrai que ça défini bien notre concept !
Depuis combien de temps travaillez-vous sur ce concept ? Quels ont été les obstacles à franchir ?
Cela fait deux ans qu’on a commencé à vraiment bosser sur ce projet. Notre plus grande difficulté a été que ni l’un ni l’autre étions dans le milieu événementiel. On voulait surtout collaborer avec des gens capables de nous accompagner et de nous donner du feedback. On a donc présenté le projet à la Plaine Image qui s’appelle maintenant EURACREATIVE. C’est l’incubateur Européen spécialisé dans Industries Culturelles et Créatives, il se situe à la jonction de Roubaix et Tourcoing.
On leur a soumis le projet et le business plan. Ils ont été intéressés, et après soutenance auprès d’un jury pluridisciplinaire, on a rejoint l’incubateur. De là, on a travaillé sur la transformation de notre idée en vrai application, comment créer et développer une société…Ensuite, mais il ne faut pas le dire, (sourires) on l’a testée en mode « pirate » sur des festivals. On a vu l’appétence du public pour le jeu, et on a mis l’appli en place d’abord sur Instagram. Les premiers joueurs nous ont connu avec notre quiz quotidien et un classement hebdomadaire… Et depuis le mois de août, on a basculé sur Apple Store et Google Play Store.
Le but a été vraiment de « professionnaliser » les files d’attentes ?
C’est ça ! On s’est dit dès le départ que vu la quantité de concerts et de festivals, que ce soit métal ou autres (on prendra plus tard tous les genres de musique) que ce soit français ou international, on ne pourrait pas se développer sans une vrai structure. En effet, ce n’est pas un projet qui peut se faire de manière « associative » ou en dilettante. On doit mobilier du temps et des compétence pour arriver à faire quelque chose de cohérent.
Vous avez associé vos compétences et celles de pro.
Oui, dans l’écosystème EuraCreative, il a plein de compétences, nous avons travaillé avec ArtFx et Piktura pour les graphismes, l’Université de Lille pour le développement informatique, entre autres. Dans l’écosystème Euracreative, on trouve des leaders comme Ankama , Music Story ou encore le groupe Alive qui est le plus gros fournisseur de système de scènes en France et en Europe. Il y a beaucoup d’acteurs pro qui sont passés par cet incubateur et qui sont aujourd’hui des références dans leurs domaines de compétences. On s’est donc dit que si ces personnes nous confirmaient que notre projet était cohérent et pérenne, on pouvait vraiment aboutir à quelque d’intéressant.
Ce concept est une première.
Effectivement ! Jusqu’à maintenant les files d’attente n’ont jamais été considérées comme faisant partie intégrante de l’expérience, elles sont tout au plus un mal nécessaire. Au contraire, nous avons considéré que, puisqu’on est là pour l’artiste, qu’on va attendre 2, 3…heures autant commencer à entrer dans son univers et démarrer « l’expérience ». D’ailleurs les jeux sont pour l’instant mono-utilisateur, mais il a été prévu dès le début du projet que la prochaine version qui sortira bientôt sera multi-utilisateurs. Ainsi les gens vont pouvoir jouer entre fans, ensemble, en attendant le concert.
On a, également la possibilité de proposer aujourd’hui, grâce à la technologie, à des salles ou des organisateurs qui le souhaiteraient de créer leurs propres questions et de faire leur propre jeu en se servant de notre technologie. On pourrait faire une version dédié aux couleurs d’un évènement. Cela a été le cas pour le Motocultor et pour la venue d’AC/DC au Stade de France.
Vous avez fait évoluer votre jeu avec un autre concept. Peux-tu m’expliquer en quoi ça consiste ?
Il s’agit du Bandit Manchot. Comme à Las Vegas, on fait tourner une roue, et on sait tout de suite si on a gagné ou perdu. On l’utilise dans les festivals, ou dans les journées comme les Dimanches du Metal in Paname par exemple.Cela nous permet d’avoir une interactivité avec le public, et de fédérer les joueurs sur un temps court et précis et de récompenser les gagnants immédiatement. On évite ainsi de diluer le jeu sur un temps trop long.Ça ne remplace pas notre application qui, elle, est toujours utile dans les files d’attente, ou quand on est chez soi ou dans les transports.

Qui élabore les questions ?
Ce sont les personnes de l’équipe en fonction de leurs affinités. Il est prévu qu’on commence à se spécialiser dans les différents genres musicaux à l’intérieur du métal et plus largement au niveau du rock par la suite.
Pourquoi vous n’utilisez pas ChatGPT pour préparer vos questions ?
On a essayé de voir justement si l’IA pouvait nous aider à développer beaucoup plus vite toutes les questions. Mais les outils comme ChatGPT vont collecter de l’information, produire des synthèses, ou des réponses aux questions qui sont des réponses plausibles en fonction des données récoltées. Ce sont des réponse cohérentes par rapports à ces données, mais elles ne sont pas toujours exactes. Donc, rien ne remplace un fan pour créer des questions pour des fans.

Votre application n’est pas seulement ludique, mais elle a d’autres fonctionnalités, comme faire de la comm par ex, des statistiques… Est-ce que ça correspond vraiment à une demandes des professionnels ?
On souhaitait offrir une expérience complète autour de l’artiste que les gens viennent voir. L’idée n’était donc pas de reprendre tous les contenus des médias qui existent déjà, mais plutôt d’être une porte d’entrée vers les réseaux sociaux -Instagram, Facebook, YouTube, Tiktok. Une fois que les joueurs ont fini leurs parties et qu’ils veulent en savoir plus, on les envoie vers les sites de l’artiste et éventuellement vers ceux des artistes associés.
On ne réinvente pas la roue, mais on donne des accès directs, plus simples, plus faciles. On a aussi un partenariat avec des photographes de concerts dont on met le travail en avant, en leur permettant de créer des collections de photos des artistes que les joueurs pourront déverrouiller grâce aux points gagnés via l’appli.
On a également la volonté d’assurer la promotion du merch pour les groupes parce qu’on sait que sur des concerts ou des festivals, les artistes sont mieux rémunérés que sur les DSP

Quelles ont été la réaction des orgas ?
Très positives parce qu’on enlève le côté négatif de la file d’attente. On a été très surpris de l’accueil qui nous a été réservé. La plupart des festivals chez qui on a testé cet été Qzic.me nous ont grand ouvert leurs portes. Ils nous ont permis de faire notre promotion auprès de leur public. On s’est même retrouvés avec des super-pass pour pouvoir rencontrer des festivaliers et leur faire connaitre le jeu à l’intérieur du festival.
Quelles ont été les réactions du public ?
Là aussi très positives ! Ils pensaient passer leur temps sur les réseaux sociaux, ou à essayer de trier leurs mails pour s’occuper dans la file d’attente et là, on leur proposait de s’amuser, se challenger. En effet même si les jeux ne se jouent que chacun de son côté pour l’instant, il reste néanmoins la possibilité de voir le scores des copains et des copines. L’aspect ludique du challenge a beaucoup plu.
L’autre idée qui a bien fonctionné dans les festivals, c’est celle de la découverte. En effet, à l’occasion des fests, on fait des quiz en mélangeant plusieurs groupes. Ainsi si vous êtes venus pour un groupe en particulier, il y a la possibilité d’en découvrir d’autres.
Qui a fait le logo ?
C’est moi, lol. Le nom (qui se prononce : kjuː zɪk mi) est le raccourci de Quiz, de Musique et peut se prononcer en français ou en anglais. Pour bien marquer le côté « metal » on a rajouté les cornes d’Angus Young sur la lettre Q, le Z d’Ozzy, et le M avec la petite référence à Metallica. D’ailleurs c’est bien un Q et non un O comme certains pourraient le croire.
Quel est votre modèle économique et comment souhaitez-vous le développer ?
On a plusieurs propositions vis-à-vis des organisateurs d’évènements, de festivals, des salles. On propose un canal de communication privilégié vers le public. On peut personnaliser l’applications aux couleurs de l’évènement ou de la salle, et faire disparaitre notre marque au profit de la manifestation.
On fournit des statistiques, du feedback sur les usages, les connaissances des joueurs, sachant que ces données sont anonymisées. On ne collecte aucune donnée personnelles. On demande un email aux joueurs pour pouvoir récupérer le compte en cas de perte, ou pour pouvoir les joindre en cas de victoire à des concours. On leur demande également de donner leur numéro de téléphone qui ne sera pas stocké et qui sert à les prévenir s’ils ont gagné.
On a également une proposition vis-à-vis des acteurs de la filière musique qui propose de relier des informations de type promotionnel. Ce n’est pas de la publicité, cela ne nous intéresse pas, mais on peut, que ce soit par ex pour les équipementiers sur du matériel de musique ou sur des accessoires, assurer la communication de leurs nouveaux matériels. Dans ce cas l’offre est payante.
Quelles sont tes attentes vis-à-vis de cette manifestation qui est Metal In Paname ?
La particularité de Metal In Paname, c’est qu’on est essentiellement entre professionnels. On a aussi du public qui va venir pour les showcases et à qui on va faire gagner des cadeaux comme à chaque évènement. Mais on va surtout rencontrer des groupes, des organisateurs à qui on va pouvoir faire connaître nos offres.
Que veux-tu rajouter que j’aurais dû te demander ?
Il y a plein de surprises qui vont arriver cette année sur l’appli. Et si les joueurs cherchent bien, ils vont comprendre ce qui est en train de se préparer.
Retrouvez notre article à propos du Mennecy Metal Fest 2025 : https://loudtv.net/divers/le-mennecy-metal-fest-annonce-son-running-order/
Retrouvez toutes les infos sur le site de l’application : https://qzic.me/
Instagram de l’appli : https://www.instagram.com/qzic.me/





