Interview d’UUHAI (2026)
Chez Loud TV, on vous parlait d’UUHAI il n’y a vraiment pas longtemps : https://loudtv.net/news/uuhai-premier-album-human-herds/
On a pu interviewer Otgonbaatar Damba, batteur, fondateur et auteur du groupe UUHAI.

Bonjour,
Je suis Emy de Loud TV. J’ai vraiment apprécié les chansons que j’ai eu l’occasion d’écouter ! Merci de prendre le temps de répondre à mes questions !
Pour commencer, UUHAI est encore un nom nouveau pour beaucoup de fans européens. Comment présenteriez-vous le groupe et votre univers musical à quelqu’un qui vous découvre aujourd’hui ?
UUHAI est un groupe enraciné dans la culture mongole et façonné par les réalités du monde moderne. Notre musique réunit le chant diphonique mongol traditionnel, le morin khuur et des pratiques vocales ancestrales avec la puissance et l’intensité du rock. Cette combinaison reflète ce que nous sommes aujourd’hui : des personnes vivant dans le présent, qui portent leur héritage vers l’avenir plutôt que de l’observer à distance.
Notre univers musical repose sur la connexion. La connexion à la terre d’où nous venons, à notre histoire et à l’expérience humaine partagée. Les vastes étendues de la Mongolie, son profond respect de la nature et son sens de la responsabilité collective influencent la manière dont notre musique respire et se déploie. En parallèle, nous utilisons le rock comme un langage pour exprimer l’urgence, la force et la conscience moderne.
UUHAI n’a pas pour objectif de recréer le passé ni de suivre des tendances. Il s’agit de continuité. Nous croyons que la tradition est vivante et capable de s’exprimer clairement dans le présent. Nos chansons naviguent entre des moments calmes, presque rituels, et une énergie collective puissante, tout comme la vie elle-même.
À ceux qui nous découvrent aujourd’hui, nous vous invitons à écouter avec le ressenti plutôt qu’avec des attentes. Il n’est pas nécessaire de comprendre la langue pour comprendre l’intention. UUHAI parle d’unité, de respect de la nature et du souvenir que nous avançons tous ensemble sous un même ciel.
Votre musique est profondément enracinée dans la culture mongole, à travers le chant diphonique, la vièle à tête de cheval et les thèmes que vous explorez. Était-il important pour vous de rester fidèles à vos racines sur votre premier album ? Si vous deviez choisir une chanson pour diffuser la culture mongole, laquelle serait-ce ?
Rester fidèles à nos racines était essentiel pour notre premier album. Sans cette base, la musique perdrait son sens. Le chant diphonique, le morin khuur et les thèmes que nous explorons ne sont pas des éléments ajoutés pour l’identité ou l’effet. Ils font partie de ce que nous sommes. Si nous les retirions, la musique ne serait plus honnête.
Pour nous, ce premier album représentait une responsabilité. C’était notre première déclaration complète au monde, et elle devait refléter notre culture avec respect et sincérité. Nous ne voulions pas simplifier ni séparer nos racines. Nous voulions les laisser exister naturellement au sein d’un son moderne.
Toutes nos chansons portent la culture mongole à travers leur musique et leurs mélodies. Chaque morceau exprime un aspect différent de notre terre, de notre histoire et de notre manière de penser. Certains s’expriment par le rythme, d’autres par la voix, l’atmosphère ou le récit, mais tous sont reliés par le même esprit.
C’est pourquoi nous encourageons les gens à écouter l’album dans son ensemble. Découvrir UUHAI ne se résume pas à une seule chanson. C’est un voyage à travers tous les titres. En écoutant l’album du début à la fin, les auditeurs peuvent explorer et ressentir plus profondément et plus complètement la culture dont nous venons.
Pourquoi avoir choisi Human Herds comme titre de votre premier album ? Que représente pour vous l’idée de « troupeaux humains » dans le monde d’aujourd’hui ?
Nous avons choisi Human Herds car ce titre capture l’idée centrale que nous voulions exprimer avec cet album. Cette expression reflète la manière dont l’humanité se déplace collectivement, souvent sans suffisamment de conscience de la direction ou des conséquences. Ce n’est pas un jugement, mais une observation.
Pour nous, les troupeaux humains représentent à la fois l’unité et le danger. Les humains sont capables d’une grande coopération, de créativité et de bienveillance, mais lorsque la conscience disparaît, ce même mouvement collectif peut mener à la destruction de la nature, de la culture et de l’équilibre. Nous voyons cela aujourd’hui à travers les dégâts environnementaux, les divisions et les mouvements constants guidés par l’impulsion plutôt que par la responsabilité.
En même temps, cette idée porte aussi de l’espoir. Un troupeau peut avancer avec un objectif s’il est guidé par la conscience et le respect. L’album pose une question simple : avançons-nous ensemble en pleine conscience, ou avançons-nous simplement ?
Human Herds reflète notre vision du monde comme un espace partagé où chaque action compte. Il nous rappelle que nous vivons tous sous le même ciel et sur la même terre. Le titre invite les auditeurs à réfléchir à leur rôle au sein de ce collectif et à choisir le soin, l’équilibre et la responsabilité dans la manière dont nous avançons ensemble.
Votre musique mêle des traditions ancestrales à un son rock très lourd. Comment trouvez-vous cet équilibre sans que l’un ne prenne le dessus sur l’autre ? Est-ce naturel ou difficile en studio ?
Trouver cet équilibre nous vient naturellement, car ces deux aspects font partie de nos vies. Les traditions ancestrales ne sont pas quelque chose que nous étudions de l’extérieur. Elles font partie de notre manière de grandir, de respirer et de comprendre le son. Le rock est tout aussi naturel pour exprimer l’énergie, la tension et les émotions modernes.
En studio, la clé est le respect. Nous ne traitons jamais les éléments traditionnels comme de simples décorations, et nous ne laissons jamais le rock dominer uniquement pour la puissance. Chaque élément a son rôle. Parfois, la voix traditionnelle ou l’instrument porte l’émotion. D’autres fois, ce sont les batteries et les guitares qui apportent l’élan. Nous écoutons ce dont chaque chanson a réellement besoin.
Il y a des défis, notamment dans la gestion des dynamiques et de l’espace. Les instruments traditionnels et le chant diphonique ont besoin de respirer, tandis que le rock lourd demande de l’intensité. Le travail consiste à s’assurer qu’aucun des deux ne perde son caractère. Cela demande de la patience et une communication claire au sein du groupe.
Ce qui nous aide le plus, c’est l’intention. Quand le but d’une chanson est clair, l’équilibre se crée de lui-même. Nous ne mélangeons pas des styles : nous exprimons une seule identité à travers différents sons. Tant que cette identité reste honnête, rien ne semble excessif.
Même si vos paroles sont entièrement chantées en mongol, le message de Human Herds paraît universel. Pensez-vous que la musique peut dépasser les barrières linguistiques ?
Oui, nous croyons profondément que la musique peut dépasser les barrières linguistiques. La langue porte le sens, mais l’émotion porte la vérité. Quand la musique est honnête, on la ressent avant de la comprendre.
Nous chantons en mongol parce que c’est la seule manière de nous exprimer pleinement et naturellement. En même temps, les thèmes que nous abordons ne sont pas limités à une seule culture. La nature, le respect, la responsabilité et la manière dont la société moderne avance sont des expériences humaines partagées.
Lorsque les auditeurs ne comprennent pas les mots, ils écoutent différemment. Ils perçoivent la respiration, la tension, le relâchement et l’intention derrière le son. Le chant diphonique, le rythme et la mélodie communiquent directement au corps et au cœur. C’est là que le sens circule sans traduction.
Pour nous, la musique est un pont. Elle permet à des personnes de différents horizons de se retrouver dans un même espace émotionnel. Si quelqu’un ressent du calme, de la force ou de la réflexion en écoutant Human Herds, alors le message est passé. À ce moment-là, la langue n’est plus une barrière, mais fait partie de la beauté de l’échange.
De nombreux médias comparent UUHAI à THE HU. Comment vivez-vous ces comparaisons ? Sont-elles une fierté, une pression ou simplement une étape naturelle pour un groupe mongol qui s’ouvre à l’international ?
Les comparaisons sont naturelles, surtout lorsque le public découvre la musique mongole sur la scène internationale et commence à en percevoir la diversité. Nous comprenons pourquoi les médias et les auditeurs établissent ces liens, et nous respectons le chemin qui a permis de mettre la culture mongole en lumière à l’échelle mondiale.
Pour nous, ces comparaisons ne sont ni une pression ni quelque chose sur lequel nous nous concentrons. Chaque groupe vient de son propre vécu, de ses intentions et de sa direction artistique. UUHAI a sa propre voix, façonnée par nos parcours personnels, notre compréhension de la tradition et les messages que nous choisissons de transmettre. Même si nous partageons des racines culturelles, notre langage musical et notre regard sont uniques.
Nous voyons cette période comme une étape positive pour la musique mongole dans son ensemble. Un intérêt croissant signifie plus de curiosité, plus d’écoute et plus d’espace pour que différentes voix puissent s’exprimer. C’est une chose saine.
Notre objectif reste simple : rester honnêtes dans ce que nous créons et clairs dans ce que nous défendons. Si les gens nous découvrent à travers une comparaison, cela nous va. Ce qui compte, c’est qu’une fois qu’ils écoutent, ils entendent quelque chose de sincère et de distinct.
La chanson « Uuhai » est à la fois un cri de ralliement, un symbole historique et le nom de votre groupe. Pouvez-vous expliquer la signification de ce mot et ce qu’il représente pour vous sur scène ?
Le mot Uuhai est profondément enraciné dans notre histoire et notre vie quotidienne. C’est un cri mongol ancien, utilisé pour rassembler la force, encourager l’unité et attirer la bonne fortune. Il était lancé lors de célébrations, de moments de détermination et lorsque les gens avaient besoin de se tenir ensemble. Ce n’est pas un mot à sens unique, mais une expression d’énergie collective.
Pour nous, Uuhai représente l’identité et l’intention. C’est la raison pour laquelle nous avons choisi ce nom pour le groupe. Il reflète notre conviction que la véritable force vient de l’unité plutôt que de l’agression. Lorsque nous amenons ce mot sur scène, il devient un moment partagé plutôt qu’un symbole du passé.
Sur scène, crier Uuhai ouvre un espace. Cela invite le public à faire partie de l’expérience plutôt que de rester spectateur. Lorsque la foule répond, le cri devient vivant. Il n’est plus uniquement mongol : il devient une expression universelle d’énergie, de courage et de connexion.
Uuhai implique aussi une responsabilité. Parce qu’il vient de la tradition, nous le traitons avec respect. Nous ne l’utilisons pas pour l’effet ou le spectacle, mais avec conscience de son origine et de sa signification.
Au final, Uuhai représente ce que nous cherchons à créer à travers notre musique : un moment où de nombreuses voix ne font plus qu’une, où l’énergie est partagée et où les gens se sentent connectés au-delà des langues et des origines.
« Khar Khulz » est un morceau très mélodique, presque cinématographique. Est-ce une chanson clé de l’album pour vous ? Quelle histoire vouliez-vous raconter à travers elle ?
Khar Khulz est une chanson très importante pour nous, car elle porte le cœur émotionnel de l’album de manière calme mais puissante. Elle n’impose pas son message par la force. Elle invite l’auditeur à entrer par l’atmosphère, la mélodie et l’imaginaire. En ce sens, elle représente une autre facette essentielle de notre musique, tout aussi importante que les moments plus lourds.
La chanson s’inspire de l’idée du Khulz, une offrande sacrée et un point de connexion entre la terre, le ciel et l’intention humaine. À travers ce morceau, nous voulions exprimer l’harmonie plutôt que le conflit. Il parle de renouveau, d’équilibre et d’écoute. La mélodie avance lentement, laissant de l’espace à la réflexion.
Khar Khulz raconte une histoire sans l’expliquer directement. Elle peint des images de terres, de mouvement et de force tranquille. Cette dimension cinématographique vient de la manière dont la musique se déploie, comme un voyage à travers des espaces ouverts. Chaque instrument et chaque ligne vocale servent la même intention : guider plutôt que submerger.
Pour nous, Khar Khulz agit comme un pont au sein de l’album. Elle relie les éléments rituels au récit émotionnel de Human Herds. Elle rappelle que la puissance peut exister dans la douceur et que l’éveil ne passe pas toujours par le bruit.
Comment naissent généralement vos chansons ? Commencent-elles par la musique, les paroles ou une idée liée à l’histoire ou à la nature mongole ? Le processus est-il entièrement collectif ?
Nos chansons commencent généralement par une idée ou un ressenti plutôt que par une structure définie. Cette idée peut venir de nombreux endroits : parfois d’une pensée liée à l’histoire, à la nature ou à la tradition mongole, parfois d’un rythme, d’une phrase vocale ou d’une mélodie porteuse d’émotion.
Souvent, la musique arrive en premier. Un rythme de batterie, une phrase de morin khuur ou une couleur vocale peuvent définir l’atmosphère. Une fois cette atmosphère en place, les paroles viennent naturellement. Les mots sont façonnés par l’émotion déjà présente dans le son, plutôt que d’être écrits séparément.
Le processus est entièrement collaboratif. Chaque membre apporte sa sensibilité et son point de vue, et la chanson grandit à travers l’écoute mutuelle. Les instruments traditionnels, le chant diphonique et les éléments rock ne sont pas ajoutés après coup : ils se développent ensemble dès le départ.
Nous laissons du temps aux chansons. Nous les laissons évoluer jusqu’à ce qu’elles soient équilibrées et honnêtes. Si quelque chose ne sert pas l’idée centrale, nous l’enlevons. Le but n’est pas la complexité, mais la clarté.
Une chanson prend véritablement vie lorsque chacun ressent qu’elle porte la même intention. À ce moment-là, la musique est complète et prête à être partagée.
Après des millions de vues sur vos premiers titres, les attentes autour de ce premier album sont élevées. Ressentez-vous plutôt de la pression ou de l’excitation ?
Nous ressentons beaucoup plus d’excitation que de pression. Les premières réactions nous ont montré que les gens se connectaient au ressenti de la musique, et c’est encourageant plutôt que stressant. Cela confirme que l’honnêteté touche plus que le calcul.
Nous n’avons pas laissé les attentes ou les chiffres guider la création de l’album. Human Herds a été écrit comme une affirmation de ce que nous sommes, pas comme une réponse à l’attention reçue. Pour cette raison, nous n’avons pas cherché à reproduire une formule. L’accent est resté sur la clarté, la sincérité et l’équilibre.
Bien sûr, il est naturel de savoir que beaucoup de personnes écoutent, mais nous voyons cela comme une responsabilité plutôt qu’une pression. Si de nombreuses oreilles sont ouvertes, alors le message doit rester vrai. Cela nous a aidés à rester ancrés.
L’excitation domine donc. L’excitation de partager enfin le voyage complet de l’album, de l’amener sur scène et de voir comment les gens le vivent dans son ensemble. Une fois la musique sortie, elle ne nous appartient plus uniquement. Elle devient un espace partagé, et c’est quelque chose que nous attendons avec impatience.
Vous partirez sur les routes avec Human Herds lors d’une grande tournée européenne en 2026. Que peut attendre le public de UUHAI en live ? Êtes-vous encore plus intenses sur scène qu’en studio ?
En concert, UUHAI devient plus physique et plus immédiat. Le studio capture l’atmosphère et les détails, mais la scène est l’endroit où la musique respire pleinement. Le public peut s’attendre à une énergie forte, des rythmes profonds et des moments de libération collective, équilibrés par des passages plus calmes et presque rituels.
Sur scène, la connexion entre le groupe et le public devient centrale. Les chants, la respiration et le mouvement créent une expérience partagée plutôt qu’une performance dirigée vers les gens. Lorsque les voix se rejoignent, notamment lors de moments comme Uuhai, l’intensité augmente naturellement.
Le groupe est souvent plus intense en live parce que la musique n’est plus contenue. Les vibrations du chant diphonique, la résonance du morin khuur et la puissance de la section rythmique interagissent directement avec l’espace et le public. Chaque concert développe sa propre énergie selon cette interaction.
En même temps, nous laissons de la place à la réflexion. Tout n’est pas question de volume ou de vitesse. Le contraste entre la puissance et l’immobilité donne sa profondeur au concert.
Le public peut s’attendre à une expérience live ancrée, honnête et immersive. Il ne s’agit pas seulement de spectacle, mais de présence, d’énergie partagée et de la création d’un moment unique, propre à un lieu et à un instant précis.
Vous faites partie de la tournée « Across Europe » du Motocultor Festival, un festival de metal français emblématique avec une forte identité. Qu’est-ce que cela change pour vous, artistiquement et en termes de visibilité ?
Faire partie de la tournée Motocultor Festival Across Europe est une étape importante pour nous, tant sur le plan artistique que sur celui de la visibilité. Motocultor possède une identité forte et un public très engagé, et intégrer cette tournée place notre musique dans un contexte où l’intensité, l’authenticité et la diversité sont réellement valorisées.
Artistiquement, c’est un défi positif. Partager la scène avec de nombreux groupes chaque soir nous pousse à rester concentrés, présents et pleinement engagés dans chaque performance. Cela affine notre expression scénique et approfondit notre compréhension de la manière dont notre musique communique dans différents espaces et auprès de publics variés. Chaque concert devient une expérience d’apprentissage.
En termes de visibilité, la tournée nous permet de rencontrer des auditeurs qui ne sont pas encore familiers avec la musique mongole ou notre culture. Ce type de découverte est très important pour nous. Elle permet aux gens de ressentir notre musique en live, là où son esprit est le plus fort, plutôt que seulement à travers des enregistrements.
Faire partie de cette tournée est aussi une forme de reconnaissance. Cela montre qu’une musique enracinée dans une culture spécifique peut s’imposer sur des scènes internationales sans renier son identité. C’est très encourageant pour nous.
Globalement, la tournée Motocultor Across Europe nous aide à grandir, à nous connecter et à partager notre message avec ouverture et respect. Elle renforce notre chemin tout en nous maintenant fidèles à ce que nous sommes.
Que représente pour vous le fait de jouer devant un public européen, parfois culturellement très éloigné de la Mongolie ? Avez-vous déjà ressenti une connexion particulière avec ces publics ?
Jouer devant un public européen, c’est entrer dans un espace d’échange et de découverte. Les cultures peuvent sembler éloignées en apparence, mais dès que la musique commence, cette distance disparaît souvent. Sur scène, nous n’avons pas l’impression de présenter quelque chose d’étranger, mais de partager quelque chose d’humain.
Même lorsque les gens ne comprennent pas la langue ou le contexte culturel, ils réagissent au rythme, à la respiration et à l’énergie. Nous avons déjà ressenti des connexions très fortes avec les publics européens. Des moments comme les chants collectifs, les silences partagés ou les mouvements spontanés nous montrent que le cœur émotionnel de la musique est compris sans explication.
Ce qui est particulièrement touchant, c’est l’ouverture d’esprit que nous rencontrons. Beaucoup de publics écoutent avec curiosité plutôt qu’avec des attentes. Cela crée de la confiance. Et lorsque cette confiance existe, la performance devient un dialogue plutôt qu’une simple présentation.
Ces connexions confirment pour nous la raison de notre démarche. Elles montrent qu’une musique profondément ancrée dans une terre peut parler largement et sincèrement. Jouer sur des scènes européennes nous rappelle que la culture ne sépare pas les gens : lorsqu’elle est partagée honnêtement, elle les rassemble.
Si vous deviez résumer Human Herds en un seul message à destination des auditeurs du monde entier, lequel serait-ce ?
Human Herds est un rappel que nous avançons tous ensemble sur la même terre. Chaque action, chaque choix et chaque pas comptent. L’album invite à ralentir, à devenir conscient et à se souvenir de notre connexion à la nature et aux autres.
Ce n’est ni un avertissement ni une leçon. C’est une invitation. Une invitation à choisir le soin plutôt que la négligence, l’unité plutôt que la division et la conscience plutôt que l’habitude.
S’il n’y avait qu’un seul message à transmettre aux auditeurs du monde entier, ce serait celui-ci : nous partageons un même ciel, une même terre et un même avenir. La manière dont nous avançons ensemble décidera de ce que cet avenir deviendra.
Ce premier album semble poser des bases solides. Avez-vous déjà une idée de la direction que prendra UUHAI par la suite, ou préférez-vous laisser la route vous guider ?
Human Herds est une fondation, pas une conclusion. Il définit ce que nous sommes aujourd’hui, mais ne limite pas ce que nous pourrons devenir. Nous avons des idées et des visions créatives pour l’avenir, mais nous ne voulons pas nous enfermer trop tôt dans une direction figée.
Pour nous, la route est une enseignante essentielle. Les tournées, les rencontres avec le public et l’énergie partagée sur différentes scènes révèlent souvent des choses impossibles à découvrir en répétition ou en studio. Ces expériences influencent naturellement l’évolution de la musique. Nous préférons rester ouverts à ce processus plutôt que de forcer un chemin prédéfini.
Ce qui restera constant, c’est notre socle. Le respect de notre culture, l’honnêteté dans l’expression et la responsabilité envers la nature et l’humanité guideront toujours notre travail. À l’intérieur de cet espace, il y a place pour explorer de nouveaux sons, des récits plus profonds et différents paysages émotionnels.
Nous restons également ouverts aux nouvelles opportunités et aux échanges. Tournées, collaborations, festivals ou dialogues créatifs : nous accueillons tout ce qui permet à notre musique et à notre message d’aller plus loin.
Tant que nous restons ancrés dans ce que nous sommes et ouverts au monde, nous avons confiance que la prochaine direction se révélera au bon moment.
Un dernier message pour notre audience et pour votre public français ?
Merci de prendre le temps d’écouter, de lire et d’aborder notre musique avec ouverture. Cette curiosité est ce qui permet aux cultures de se rencontrer et de se comprendre.
À toutes celles et ceux qui découvrent UUHAI, nous vous invitons à écouter avec le ressenti plutôt qu’avec des attentes. Il n’est pas nécessaire de comprendre la langue pour ressentir l’esprit derrière le son. Notre musique parle de connexion, de responsabilité et du souvenir que nous partageons tous la même terre.
À ceux qui marchent déjà à nos côtés, votre énergie et votre soutien donnent du sens à notre travail. Chaque moment partagé sur scène et chaque voix qui se joint à la nôtre devient une partie de ce voyage.
Prenez soin de la terre sur laquelle vous vivez. Respectez-vous les uns les autres. Restez conscients de l’impact de vos actions sur le monde qui vous entoure. Nous espérons que notre musique vous accompagnera et vous apportera force et calme, où que vous soyez.
Nous avons hâte de vous rencontrer sur la route et de partager ce moment ensemble.
Merci beaucoup !
Emy, pour Loud TV
Loud TV remercie Napalm Records (et notamment Annika Eichstädt et Lukas Frank) ainsi que Otgonbaatar Damba de UUHAI.





