
KORN Live Report Arènes De Nîmes
En attendant un quinzième album qui se fait désirer autant que le retour de son bassiste originel, Korn enchaine les tournées depuis la sortie de son dernier opus « Requiem » en 2022.
Profitant d’un regain de popularité du Neo metal, genre qu’il a créer il y’a plus de 30 ans, le groupe remplit en effet les salles et les stades des deux côtés de l’ Atlantique et connait un nouvel âge d’or, à l’instar de ses collègues DEFTONES ou LIMP BIZKIT.
C’est donc dans le cadre d’une nouvelle tournée Européenne que le gang de Bakersfield fait escale au Festival de Nimes le 24 Juin 2025.
Un concert aux allures de rêve éveillé, tant voir la bande de Jonathan Davis se produire dans un superbe écrin tels que les Arènes de Nimes en fait fantasmer plus d’un.
Le fait que Korn se fasse très rare dans le sud de la France, certains fans sudistes ne les ayant probablement pas revus depuis le « Sick and twisted tour » en 2000 ou pour la tournée « See you on the other side » en 2006, ajoute un degré d’excitation supplémentaire à l’évènement.
C’est près de 13 000 « Children of Korn » de plusieurs générations qui investissent le colossal édifice Romain, le sourire aux lèvres et prêts à en découdre, faisant fi de la chaleur étouffante.
Une affiche quasi sold out donc, malgré le prix élevé des billets.
L’ambiance bon enfant, l’organisation impeccable au sein des Arènes, la beauté de l’endroit et la joie de revoir les Californiens sur scène nous fait cependant vite oublier ces petits désagréments.
Un évènement synonyme de grande fête qui débute avec l’arrivée de SEVEN HOURSS AFTER VIOLET sur les planches. Ce dernier étant le groupe du célèbre bassiste de SYSTEM OF A DOWN Shavo OODADJILAN, c’est une soirée aux allures de « FAMILY VALUES » qui nous est présentée ce soir.
SEVEN HOUR AFTER VIOLET avec son Néo Metal saupoudré de metalcore s’en sort avec les honneurs et délivre un set plaisant à défaut d’être renversant, la faute à un son plutôt médiocre et à un manque de charisme évident. L’excitation de voir le bassiste de SOAD sur scène laisse vite place à l’ennui et à l’envie de voir le groupe débarrasser le plancher et laisser la place aux stars de la soirée.

Ce qui sera chose faite après le traditionnel changement de plateau et la mise en place d’un immense rideau noir qui cache la scène et laisse le public, chauffé à blanc, dans l’expectative.
La tension monte crescendo au fur et à mesure que le soleil se couche et , après une intro, les premières notes du morceau BLIND retentissent, la scène toujours dissimulée aux yeux des fans.
Jusqu’au « ARE YOU READY » libérateur qui laisse tomber le rideau et nous dévoile la superbe scénographie avec écran géant et blocs de lights mobiles dévoilant de superbes jeux de lumière laser et le groupe plié en deux sur ses instruments.
Ce véritable hymne de toute une génération, carte de visite éternelle de KORN, ouvre les hostilités de la plus belle des manières et atomise un public qui exulte, conquis d’avance dés le début du set.
Le démentiel « TWIST » issu de « LIFE IS PEACHY » enchaine comme à la belle époque avant le pachydermique HERE TO STAY unique extrait de « UNTOUCHABLES » de la soirée.
Le son est massif démontrant encore une fois le rouleau compresseur qu’est la musique de KORN en live.
C’est ensuite au cultissime FOLLOW THE LEADER d’être mis à l’honneur avec le dansant GOT THE LIFE et son beat disco toujours aussi efficace.
Retour en 1994 avec le très sombre CLOWN de l’album éponyme avant un saut en 2003 pour le groovy DID MY TIME et son break destructeur qui nous permet de constater que Jonathan DAVIS est toujours aussi en forme vocalement.
Le combo est ravi d’être la et ne ménage pas ses efforts, malgré la cinquantaine bien tassée, prenant autant de plaisir que son audience.
Sur le côté gauche de la scène et désormais à la droite de Dieu, ayant définitivement vaincu ses démons, le guitariste Brian HEAD WELCH , de retour dans le groupe depuis déjà 12 ans, s’éclate , headbangue et secoue ses immenses locks comme un furieux, enchainant les poses menaçantes et les grimaces tordantes sous sa barbe fournie, c’est un spectacle à lui tout seul.
A droite, son frère d’arme, l’indéboulonnable James MUNKY SHAFFER, aux allures de jeune homme malgré ses 55 ans, toujours aussi en forme et souriant sous son avalanche de dreadlocks, se déchaine sur son IBANEZ sept cordes.
Jonathan DAVIS, au centre, charismatique en diable, tout de noir vêtu et arborant son traditionnel kilt rappelant ses racines Ecossaises, accuse, depuis quelques années une certaine fatigue et usure que compense une voix et un jeu de scène toujours aussi impressionnant.
Accroché à son célèbre pied de micro sculpté par H R GIGER il reste, malgré tout, un frontman à nul autre pareil.
L’absence du bondissant et turbulent bassiste Reginald « FIELDY » ARVIZU, en pause depuis 2021, se fait cruellement sentir tant au niveau de la présence scénique que de son jeu slappé unique.
Mais son remplaçant, RA DIAZ, rayonnant, fait montre d’une belle énergie et fait largement le job, en attendant un retour à la maison du rappeur tatoué que l’on aime tant (ndlr ce qui est fort peu probable tout de même).
Ray LUZIER, quand à lui, même s’il ne remplacera jamais le batteur d’origine David SILVERIA et son groove caractéristique dans le coeur des Korn Kids, pratique son jeu spectaculaire et puissant qui met tout le monde d’accord.
C’est avec des frissons que nous voyons débarqué ensuite JD, la cornemuse sous le bras, haranguant la foule pour la traditionnelle introduction de la comptine malsaine SHOOTS AND LADDERS, suivi comme à son habitude par la courte repise de ONE de METALLICA.
BALL TONGUE, permet a HEAD de briller en poussant des hurlements toujours aussi caverneux avant d’enchainer avec le guttural COLD et son refrain rafraichissant tiré du très bon avant dernier effort du groupe, THE NOTHING.
Moment de fun avec TWISTED TRANSISTOR que l’on n’aurai pas franchement glissé dans la set list de ce soir mais il faut reconnaitre que ce petit passage par l’époque « SEE YOU ON THE OTHER SIDE », période délicate pour le combo, est plutôt réjouissant et énergique.
L’hymne A.D.I.D.A.S retenti, dans les Arènes pour notre plus grand plaisir et celui des fans, ravi de replonger en 1996, accompagnant de leurs voix un JD toujours aussi obsédé par le sexe, pour ce morceau culte, au sublime clip morbide.
Le martial SOMEBODY SOMEONE, taillé pour le live, avec un public qui mange dans la main du frontman, pour un final poing levé à l’unisson et un HEAD qui s’arrache la voix sur les coeurs est toujours un grand moment.
De même que le plus rare et intimiste DIRTY, interprété à merveille et avec une grande intensité par un vocaliste au sommet de son art.
Ce dernier déclare réaliser un rêve en levant et abaissant son pouce dans une Arène Romaine avant de faire lever le majeur bien haut au public pour le cynique et humoristique YALL WANT A SINGLE.
Tout le groupe, ricanant et taquin, s’éclate a partagé les cœurs de ce morceau issu de TAKE A LOOK IN THE MIRROR dans une bonne humeur communicative qui conclut avec panache la première partie de ce set.
Avant un rappel en forme de communion sur un 4U atmosphérique baigné de lumières , toujours aussi poignant dédicacé au public français qui suit le groupe depuis 31 ans.
FALLING AWAY FROM ME est toujours impressionnant avec sa pluie de lights caractéristiques que l’on ne se lasse pas d’apprécier sur scène malgré ses 26 ans d’âge.
Dernier détour par l’INDIGO RANCH STUDIO avec le sans concession DIVINE et son break énervé légendaire qui n’a pas pris une ride.
FREAK ON A LEASH conclut le set de façon explosive et festive avec un jeté de serpentin dans le public au moment du break et un dernier tour de piste sur ce coup de massue qui achève de faire chavirer les ARENES.
Les Californiens quittent les planches le sourire jusqu’au oreilles ayant visiblement pris autant leur pied que la foule de Korn Kids présent qui rentrent à la maison des étoiles plein les yeux, heureux de constater que leur groupe fétiche à toujours la rage et la passion au ventre.
Si l’on peut reprocher une setlist toujours aussi paresseuse, malgré une discographie fournie, et un écran géant pas forcement utilisé à bon escient, il faut admettre que, même après une si longue carrière KORN reste le Patron et est encore capable de délivré un show dantesque, moderne, particulièrement soigné et d’une belle intensité qui aura ravi les plus nostalgiques comme les plus intransigeants de leurs afficionados.
Setlist Korn Arenes de Nimes
Intro
Blind
Twist
Here to Stay
Got the Life
Clown
Did My Time
Shoots and Ladders (avec intro de « One » de Metallica)
Ball Tongue
Cold
Twisted Transistor
A.D.I.D.A.S.
Somebody Someone
Dirty
Y’All Want a Single
Rappel :
4 U
Falling Away from Me
Divine
Freak on a Leash
Decouvrez la collaboration entre Chloé Trujillo et Ray Luzier de KORN :
https://loudtv.net/news/blvd-of-eyes-the-weight-of-the-gold-teeth-feat-ray-luzier-korn/
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