
Quand on m’a proposé de chroniquer The Nothing That Is de Fit For An Autopsy, j’ai dit oui sans trop savoir où je mettais les oreilles. Et comme je ne connaissais pas et qu’en plus je n’aime pas trop le deathcore en général… j’y allais sans trop d’attentes (mais sans a priori non plus, non mais !) Et quelle ne fut pas ma surprise : non seulement je n’ai pas trouvé ça si deathcore que ça, mais en plus, c’est hyper atmosphérique.
A la découverte de Fit For An Autopsy
Chez Loud TV, on connait Fit For An Autopsy ! Retrouvez notre interview avec le guitariste et producteur Will Putney du groupe ici :
Mais, comme je suis une newbie du groupe (eh oh, ça va ! Certes, je suis team « c’était mieux avant », mais je sais reconnaître quand un groupe récent fait quelque chose de bien), je n’aurais pas su vous dire si l’album est représentatif du groupe ou non. J’ai dû aller plonger dans quelques chansons issues des albums précédents pour me faire mon idée et, si on retrouve quand même bien les codes de Fit For An Autopsy, on sent quand même une évolution certaine.
D’ailleurs, je parle de « groupe récent », mais j’ai été assez surprise de voir que Fit For An Autopsy avait enregistré sa première démo en 2008 (donc il y a presque 17 ans, de rien pour le petit coup de vieux) et compte six albums studio à son actif.
Nouveau clip de Red Horizon. :
Mon avis sur The Nothing That Is
Avec The Nothing That Is, j’ai découvert un groupe qui réussit le subtil équilibre entre technique et ambiance. Musicalement, j’ai été extrêmement séduite par les riffs graves et surtout par le jeu de batterie de Josean Orta, qui montre sa capacité à mettre du jeu dans son âme malgré une technique très carrée. Du point de vue vocal, The Nothing That Is me semble montrer une palette plus complète de ce que peut faire Joe Badolato. Alliant chant clair et scream, la voix est ici parfaitement en harmonie avec la musique. Elles se complètent et se soutiennent tour à tour, ce qui est particulièrement agréable pour du deathcore où j’ai parfois l’impression que la voix écrase le reste.
The Nothing That Is propose 10 titres pour une durée totale de 44 minutes. C’est un album que j’ai aimé écouter dans son intégralité sans avoir à changer de chanson, ce qui n’est pas non plus dans mes habitudes et témoigne d’une certaine cohérence globale. Seul bémol à ce stade (mais qu’on peut faire à bon nombre d’albums aujourd’hui) : beaucoup de chansons ont des structures et des patterns similaires, ce qui les rend assez peu singulières. En d’autres termes, pour être plus directe : j’ai trouvé que beaucoup de chansons se ressemblent.
L’album ouvre sur Hostage, premier single, qui est relativement lourd avec un tempo finalement assez lent, ce à quoi je ne m’attendais pas nécessairement. Spoils Of The Horde accélère un peu le rythme et témoigne de la structure de la plupart des titres de The Nothing That Is : une chanson heavy et grave, coupée aux deux tiers, ici par un solo parfaitement maîtrisé. Savior of None – Ashes of All, autre single, s’inscrit dans la lignée de la précédente niveau tempo. On notera ici une déstructuration rythmique assez intéressante, que j’ai cru identifier lors de mes écoutes de ce que Fit For An Autopsy avait pu faire dans le passé.
Plusieurs titres comme Red Horizon, The Nothing That Is, Lurch ou Lower Purpose commencent de manière sereine et atmosphérique avant de livrer la lourdeur et la densité qu’on attend. Tu vois, c’est un peu comme quand tu manges ton américain (le sandwich hein…) et qu’après avoir mangé de la salade à tout-va, t’es content d’arriver aux frites pleines de mayo compressées dans le pain à la mie bien dense. Après tout ça, Lust For The Severed Head rapporte la dynamique dont l’album avait besoin, dès ses premières notes. Et moi qui suis très sensible aux intros et outros d’albums, j’ai trouvé que Silver Sun bouclait The Nothing That Is à la perfection.
Bref, vous l’aurez compris, si The Nothing That Is ne m’a pas non plus retournée comme une crêpe, j’ai trouvé l’album très bon, très bien mixé (par le guitariste du groupe qui est aussi producteur Will Putney) et extrêmement qualitatif (+1 pour les arrangements). Mention spéciale à l’artwork que je trouve absolument sublime et qui colle avec l’écoute de The Nothing That Is. Fit For An Autopsy est donc une belle découverte pour moi, même si je suis certaine qu’il décevra certains fans de la première heure, comme j’ai pu le constater sur certains réseaux sociaux (ce qui n’est pas gage de pertinence, je vous le concède). Et si le groupe est actuellement en tournée aux USA, j’espère pouvoir confirmer mon ressenti avec une prestation live.

Line-up de Fit For An Autopsy
Joseph Badolato – chant
Patrick Sheridan – Guitare
Timothy Howley – guitare
Will Putney – guitare
Peter Blue Spinazola – basse
Josean Orta – batterie






