Machine Head a sorti « UNATØNED » dans monde entier le 25 avril 2025 via Nuclear Blast Records,
Robb Flynn n’en a toujours fait qu’à sa tête.
Après avoir cassé la baraque, en 1994, avec la sortie de « Burn my eyes », le premier album de son groupe Machine Head, et être devenu l’espoir d’une scène Thrash/Power metal en pleine effervescence, il se saborde progressivement avec le décevant » The more things change… »(1997), l’opportuniste virage Neo Metal « Burning red » (1999) et le médiocre « Supercharger »(2001), qui réduit la carrière des Californiens au niveau des ruines fumantes du World Trade Center.
Se retrouvant dans le creux de la vague, sans label, il faudra attendre 2003 et la sortie du très bon « Though the ashes of empire » et surtout du fabuleux « The Blackening »(2006), albums Thrash Metal épiques, pour voir Machine Head renaitre de ses cendres et reprendre sa couronne pour la deuxième partie de sa carrière.
Sa période la plus faste à ce jour, avec les mémorables « Into the Locust « (2011), « BloodStone and Diamonds » (2014) et l’expérimental « Catharsis » (2018).
Le tout avec des prestations scéniques dont la réputation n’est plus à faire, soutenu par un line up solide et quasi stable depuis plus de 10 ans, mais qui, à la surprise générale, quitte le navire Flynn, avec perte et fracas, à la fin de la tournée de « Catharsis » début 2019.
Laissant Machine Head pour mort et un Robb plus désabusé que jamais, annonçant même la probable fin de son groupe sur les réseaux sociaux.
C’est sans compter sur la résilience du gaillard, qui profite des 25 ans de « Burn my eyes » pour reformer le line up originel du groupe à travers une énorme tournée Américaine et Européenne avortée par la crise du Covid.
Cela n’empêche pas le guitariste chanteur de mettre sur pied une sixième (!!!) formation de Machine Head pour la sortie de l’excellent « Of Kingdom and crown » (2022).
Ressuscitant une nouvelle fois un groupe qu’il incarne maintenant à lui tout seul, de façon incontestée et incontestable, pour la troisième période de son existence.
Phase qui se poursuit aujourd’hui, avec la sortie du nouvel effort des Californiens « Unatoned », qui, comme toutes les deux sorties du groupe depuis quelques années, sera plus expérimental et aventureux que son prédécesseur, quitte à diviser, encore une fois, les fans.
Machine-Head-UNATONED-Artwork
Robb Flynn, toujours ouvert aux tendances musicales de son temps, n’a pas hésité à collaborer avec l’ex Bring Me The Horizon » Jordan Fish , dans une volonté évidente de donner un aspect plus actuel à la musique de Machine Head.
Le sublime artwork gothique de « Unatoned » reste dans la tradition esthétique du dernier album et rassure sur les intentions du groupe, malgré ce choix de producteur qui peut interroger.
De même que le fracassant « Atomics Revelations », qui, après l’introduction atmosphérique « Landscape of Thorns », rue dans les brancards à grand renfort de riffs ravageurs, de couplets énervés et de soli épiques.
Le chant clair sur le refrain étonne, mais passe plutôt bien et sera une constante sur quasiment tous les morceaux de l’album.
« Unbound », premier single destructeur, est déjà un classique, avec son énorme riff mid tempo, et son refrain entêtant à l’énergie communicative.
« Outsider », d’une efficacité sans pareille est taillé pour le live, avec sa rythmique entrainante typiquement Neo Metal . Le refrain chanté, plutôt laborieux et dégoulinant, peut agacer. Mais ce nouveau single est des plus réjouissants et fera jumper les foules comme un « From this day » a su le faire en son temps.
Le lancinant « Not long for this world » s’inscrit dans la plus pure tradition des power ballades mélancoliques et chargée d’émotions de Machine Head.
Avant l’ébouriffant « These scars won’t define us » dans une veine beaucoup plus Thrash, sublimé par un très bon refrain en forme d’hymne, un excellent solo de guitare et un break pachydermique où Flynn se déchire les cordes vocales.
L’on constate à ce stade de l’opus des compostions, qui, bien que passées à la moulinette du métal moderne type BMTH, conservent les fondamentaux de Machine Head, bénéficiants d’un rafraichissement bienvenu et d’une production solide.
Beaucoup plus compactes et directes que sur les derniers albums, elles vont à l’essentiel, et ne tombe pas dans l’écueil d’un « Catharsis », qui avait tendance à parfois s’éparpiller dans les expérimentations.
Ici, les multiples samples et arrangements synthétiques servent le propos musical et sont amenés avec fluidité, pertinence et intelligence.
Sans trahir l’héritage du groupe, en gardant une véritable cohérence, la musique du combo s’en trouve revigorée.
Le sombre intermède instrumental « Dustmaker » nous désoriente ensuite par son ambiance artificielle ouatée, toute Deftonienne, inhabituelle pour Machine Head.
Une respitation bienvenue avant le single roboratif « Bonescraper », son groove martial et ses chœurs entêtants. Un break sauvage en fin de morceau enfonce le clou de ce nouveau standard des Californiens.
Une bonne dose de violence nous est ensuite assénée avec « Addicted to pain », qui précède un « Bleeding me dry » très expérimental et ténébreux aux multiples ambiances, renforcées par des chœurs et solis harmoniques.
« Shards of shattered dreams » fait une dernière fois la synthèse entre refrains mélancoliques ultras léchés et couplets brutaux typiques, avant la superbe ballade « Scorn ».
Sur fond de piano et de samples planant, Robb livre une des plus belles prestations de sa carrière à la montée progressive, pour un final bouleversant, qui clôt l’album en apothéose. Un futur grand moment en concert, à n’en pas douter.
Ce Machine Head cuvée 2025 s’avère donc être, finalement, une franche réussite et une très bonne surprise.
La prise de risque est audacieuse, clivante et va forcément diviser les fans mais le contrat est rempli.
Le groupe livre une œuvre personnelle, intense et variée, qui fera date, et où l’on ne s’ennuie pas une seule seconde. A mille lieux du concept album « Of kingdom and crown », beaucoup plus cérébral, »Unatoned » ne fait pas de chichi, va droit au but, fait mouche et donne la pêche.
L’abondance de refrains mélodiques, parfois poussifs, peut lasser par sa redondance, mais Flynn s’en sort vocalement avec les honneurs.
Aidé, il est vrai, par la superposition de couches vocales, et les chœurs de son bras droit de bassiste, Jared Mac Eachern, toujours exploités à bon escient.
Rare sont les groupes qui, après une si longue carrière, arrivent encore à surprendre et à se renouveler avec talent. Machine Head est de ceux-là, et il le doit avant tout à l’intégrité artistique de son inoxydable et charismatique frontman .
Robb Flynn, quoi que l’on pense du bonhomme, a toujours assumé ses choix, refusé la facilité, et porte Machine Head à bout de bras, contre vents et marées depuis 30 ans, quitte à y laisser des plumes.
Quand on vous dit qu’il n’en fait toujours qu’à sa tête.
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