
« The Joke Of Tomorrow » : le nouvel album de Psykup
Nous l’avouons bien volontiers, nous partions avec un énorme à priori négatif pour ce sixième album de PSYKUP, « The joke of tomorrow ».
En effet, fan de la première heure du groupe toulousain, le départ/éviction du membre fondateur et co-vocaliste emblématique Matthieu MIEGEVILLE en 2021 nous avez énormément déçu et choqué.
Le gaillard étant, selon nous, indispensable et représentant la moitié créative du groupe avec son collègue Julien CASSARINO, son remplacement immédiat par un autre chanteur, sans possibilité de retour en arrière signait la mort de PSYKUP à nos yeux.
Nous n’avons d’ailleurs pas mis un pied sur la tournée « Hello Karma », album que nous avons pourtant adoré.
Cependant, la sortie du single « Happy sad » en octobre 2022, premier morceau avec le nouveau chanteur Montpellierain Matthieu ROMARIN, nous surpris agréablement par son indéniable qualité.
Il fait même parti, selon nous, de l’une des meilleurs pièces du groupe.
Il est ensuite utile de préciser que la mainmise de Julien CASSARINO sur PSYKUP est maintenant totale.
C’est lui qui a écrit la totalité des textes et de la musique de ce nouvel album et qui, en seul maitre à bord, peut désormais imposer sa vision plus « commerciale « de la musique des Autruches.
Un état de fait et une évolution qui avait déjà débuté lors de la reformation du combo, avec la sortie des excellents « CTRL+ALT+FUCK » (2017) et « Hello Karma » (2021).
Albums intégralement chantés en anglais, constitués de morceaux beaucoup plus courts et directs que sur le désormais culte « Le temps de la réflexion » (2002), le chef d’œuvre inégalé « L’ombre et la proie » (2005) et le très bon, mais parfois indigeste, « We love you all » (2008), double album fleuve, en parti responsable de l’implosion du groupe en 2009.
Après la sortie de ces trois premiers opus, à la construction complexe et aux morceaux dépassant souvent les 7mn, une volonté de « désintellectualiser » et de simplifier la musique du groupe est désormais de rigueur.
Un tel parti pris nous avait déjà refroidi à l’époque, tant la longueur et la structure alambiquée des compositions, l’alternance des textes en anglais et français, faisaient tout le charme, le panache et l’originalité de la musique des Toulousains.
Alors, véritable désir de changement sur la durée, ou volonté d’être en phase avec une époque faite « d’instantanés » et de conquérir un public plus jeune ?
Les deux mon Capitaine, et la mutation de PSYKUP continue sur ce nouvel effort, le plus accessible de sa discographie.
Mais transformation et normalisation de sa musique ne veut pas toujours dire compromission et manque d’inspiration, bien au contraire.
A l’écoute des 12 titres de ce « Joke of tomorrow » la qualité est là, c’est une certitude. Même si l’on peine parfois à retrouver le PSYKUP que l’on aime tant, nous y reviendrons.
Le menaçant « I will let you down » premier single, ouvre l’album de façon magistrale et nous happe dès la première écoute.
L’atmosphère est sombre et le timbre de voix caverneux et moderne de Matthieu ROMARIN étonne, mais se conjugue plutôt bien avec celui de Julien, plus aigu.
« Drinks on me « enchaine pied au plancher et détruit tout sur son passage, avec son riff dansant et son alternance de growls destructeurs entre les deux chanteurs, saupoudré d’un superbe break harmonique en voix claires.
Un morceau jouissif qui ne laisse aucun répit à l’auditeur.
Le heavy et chaotique « Rise and fall » nous permet de mieux apprécier la voix du nouveau venu à la tessiture plutôt agréable. Le refrain mélodique est superbe et les cassures de rythme sont dans la plus pure tradition des morceaux à tiroirs de PSYKUP.
Une composition très travaillée qui se révèle être une des meilleures de l’album.
Le bondissant second single « Same player » déboule avec sa boucle 8 bit et son côté décalé et délirant très efficace et rafraichissant. Julien et Matthieu se déchirent les cordes vocales sur cette chanson parfaitement maitrisée, qui nous rappelle pourquoi PSYKUP restera toujours un groupe exceptionnel.
« Bigger than life » surprend agréablement avec son R’N’B soutenu par une voix féminine et un refrain pop entêtant. Un break cinématographique parachève cette audacieuse composition qui fera des ravages en live.
Le plus brutal « Child interrupted » alterne gros riffs, voix hurlées et samples électro pour un résultat détonnant. Les voix mélodiques s’entremêlent encore une fois de façon efficace et convaincante.
La désormais traditionnelle respiration instrumentale, « Whispers in the morning » nous accorde un répit bienvenu avant « Death in the afternoon » et son ambiance orientale dépaysante. Les voix harmoniques et en canon sont le point fort de cette chanson au refrain de toute beauté qui n’omet pas les cassures brutales et les blasts sauvages.
Nous constatons à ce stade un côté plus académique sur des compostions à tendance catchy, taillées pour la scène.
Le côté fou, expérimental et déstructuré de Psykup est toujours présent mais de façon beaucoup plus épurée.
La prise de risque est notable et le résultat probant, même si tout cela manque quand même un peu d’âme.
Cela reste d’une grande cohérence avec un petit côté cinématographique et sombre agréable.
Nous déplorons toujours l’absence de textes en français. Cela aurait apporté une touche de personnalité et permis à PSYKUP de se démarquer, au moment où certaines formations metal française arrivent enfin à percer le plafond de verre à l’international.

TRACKLIST :
01. I will let you down
02. Drinks on me
03. Rise and fall and…
04. Same player
05. Bigger than life
06. Child interrupted
07. Whispers in the morning
08. Death in the afternoon
09. Fear is the key
10. Losers only
11. Burn after hearing
12. The joke of tomorrow
Retrouvez notre article à propos du clip de Baïkal (avec Matthieu Romarin) : https://loudtv.net/baikal-devoile-son-2eme-clip-cardinal/
Retrouvez le groupe sur sa page facebook : https://www.facebook.com/Psykup





