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My Own Private Alaska : rage et melancolie pour « All the lights on »

 

My Own Private Alaska - @lionelpesque
My Own Private Alaska – @lionelpesque

Chronique de « ALL THE LIGHTS ON » de My Own Private Alaska

Je ne me suis jamais véritablement penché sur My Own Private Alaska. Je connais le groupe par son chanteur Mathieu Miegeville dont je suis la prolifique carrière depuis plus de vingt ans. En effet, le musicien originaire de Toulouse s’est fait connaitre pour son travail dans le groupe PSYKUP qu’il quitte pour des raisons obscures en juillet 2021. Il officie en parallèle dans le combo post rock AGORA FIDELIO et débute une carrière solo prometteuse écourtée par la crise du covid en 2019/2020.

De par son talent, son côté touche à tout « Mike Patonnesque », son authenticité, sa générosité artistique et humaine le gaillard fait figure de taulier sur la scène rock/metal française. Son groupe My Own Private Alaska ou MOPA dont la carrière débute en 2007 avec son style piano/screamo sans guitare est plutôt déroutant. L’enrôlement du groupe dans les studios du légendaire producteur californien Ross Robinson (Korn,  Slipknot, Soulfly…) pour leur album AMEN en 2010 très bien reçu à l’époque aurait pu attirer mon attention mais toujours pas. La lumière arrive cependant avec la sortie du nouvel album « All the lights on ».

 

MOPA album

My own private Alaska : une formule musicale atypique

Les critiques élogieuses d’internautes et un teasing sur les réseaux sociaux me donnent la curiosité de découvrir le groupe. Ce qui frappe à l’écoute de cette œuvre, c’est la formule musicale atypique décrite plus haut. Ici point de murs de guitares plombées ou endiablées mais un piano qui fait office de colonne vertébrale. La batterie, la voix et le synthé/Bass, complètent le programme : dépaysement garanti !

Un « GO! » énervé ouvre l’album sur le morceau » From gold to stones » avec sa mélodie au piano lancinante et une brutalité tout en retenue jusqu’à la montée en puissance finale en forme d’apothéose.  » KA ORA » nous emmène vers des sommets de beauté et d’émotions comme l’illustre son magnifique clip enneigé avant de redescendre sur « Innocent Innocent » et son ambiance dramatique renforcée par la voix plaintive de Mathieu soutenue par un rythme de batterie martial.

Une intro à la batterie à la façon « Rock n’roll » de Led Zeppelin et c’est parti pour « We all die » qui permet à Mathieu de laisser libre court à sa voix la plus énervée avant de se poser sur la ballade aux tonalités graves « Touch again » beaucoup plus contemplative et tout en sensibilité.

« on constate une musique chargée en émotions, une très grande richesse dans les morceaux »

A ce stade de l’opus l’on constate une musique chargée en émotions, une très grande richesse dans les morceaux, avec de nombreux breaks et une alternance équilibrée entre passages parlés, chant clair et voix hurlée/ éraillée. L’impression d’être assis entre CHOPIN et WILL HAVEN est présente tant la brutalité screamo côtoie avec bonheur la beauté des mélodies et arrangements.

Le meilleur reste à venir avec le très bon « Burn and light the way » et son ambiance façon John Carpenter mais surtout le progressif « Question Mark » que l’on imagine bien dans un « Dark side of the moon » version 2024 avec sa nappe de synthés très 70’s. Véritable voyage ce morceau de 7mn est le point d’orgue de l’album tant il est riche. On se remet doucement avec « All the lights on  » qui clôt l’album sans nous brusquer entre voix de velours et cris déchirants.

Voici une proposition musicale qui sort du commun en cette époque de formatage. Même si nous sommes coutumiers du fait avec. le sieur Miegeville. Une telle intégrité et originalité artistique force le respect et merite que l’on s’y interesse. S’il faut être dans une humeur appropriée pour véritablement l’apprécier, la musique du groupe dégage une rage et une mélancolie tout en pudeur qui en fait une expérience unique. Tout est sur le fil du rasoir, au bord du chaos. Miegeville met ses tripes et ses burnes sur la table comme rarement au cours de sa carrière. Reste à découvrir le groupe sur scène pour une expérience qui sera, à n’en pas douter, à nulle autre pareille.

 

Retrouvez notre article à propos de Better Lovers : https://loudtv.net/better-lovers-chronique-highly-irresponsable/

 

Retrouver le groupe sur sa page facebook : https://www.facebook.com/myownprivatealaska

Ma note : 

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