Katatonia – Nightmares As Extensions Of The Waking State (2025) : la chronique
On connait tous ce meme de Katatonia : C’est drôle, c’est (souvent) vrai mais Katatonia a parfois cette image de « c’est pour les faibles ». Si vous vous limitez à ça : c’est que vous n’avez jamais vraiment écouté ! Pas de souci : ma chronique est là pour vous faire changer d’avis, parce que Katatonia, c’est trop bien. Et ce n’est pas ce nouvel opus dont on vous parlait récemment (KATATONIA : NIGHTMARES AS EXTENSIONS OF THE WAKING STATE – Loud TV) qui me fera penser le contraire.

Un album dans la continuité de l’œuvre Katatonia
Avec Nightmares As Extensions Of The Waking State, Katatonia poursuit en effet son exploration sonore avec une cohérence remarquable, malgré 30 belles années de carrière. L’album s’inscrit dans la continuité de leur œuvre récente : une musique toujours marquée par un subtil équilibre entre mélancolie heavy, sophistication prog et textures atmosphériques. On y retrouve cette patte unique, faite de contrastes, qui fait de Katatonia un groupe à part dans la scène metal.

Pourtant, le titre de l’album laissait présager une œuvre plus sombre, plus viscérale. À l’écoute, c’est une autre direction qui s’impose : plus éthérée, parfois presque lumineuse. Si les cauchemars sont là, ils prennent la forme de dérives introspectives plutôt que de déflagrations sonores.
Les titres marquants de Nightmares As Extensions Of The Waking State

Le groupe avait sorti en avant première Lilac, histoire de nous mettre l’eau à la bouche (si si, ça se dit encore je vous assure). L’introduction Thrice plante immédiatement le décor : une montée progressive, riche et maîtrisée, qui donne envie d’aller plus loin. Ce morceau présente une structure complexe, alternant passages calmes et explosions instrumentales, avec des changements de tempo et des signatures rythmiques inhabituelles, illustrant la maîtrise du groupe en matière de composition progressive.
Temporal, de son côté, est un véritable bijou émotionnel, porté par une composition soignée et une tension retenue bouleversante. Le morceau équilibre fragilité et intensité, avec des couplets intenses culminant en un refrain émotionnellement chargé, démontrant la capacité du groupe à fusionner des éléments contrastés pour créer une tension captivante.
Wind of No Change, quant à elle, brille grâce à une performance vocale puissante et inspirée — la voix y devient un instrument à part entière. Ce morceau ambitieux est à la fois simple et richement arrangé, utilisant des chœurs et des claviers de manière essentielle à son identité.
Cependant, tout n’est pas sans accroc. Quelques titres flirtent avec une approche plus pop, qui pourra dérouter les amateurs de la noirceur plus brute des débuts. Efter Solen, chantée en suédois, commence de façon hypnotique avant de s’égarer dans des sonorités synthétiques plus convenues. Ce morceau évoque des échos de la collection de nouvelles de Jonas Eika de 2018, avec une instrumentation minimaliste mais frappante.
Et c’est là toute l’ambiguïté de cet album : il séduit par sa finesse et son audace, mais frustre parfois par ses choix plus consensuels, peut-être liés à un récent changement de line-up. Même si ces derniers ont eu lieu a posteriori, il est à gager qu’ils ont influencé ce nouvel opus et certains des choix artistiques associés.
En somme, Nightmares As Extensions Of The Waking State est un album fidèle à l’ADN de Katatonia : une œuvre en clair-obscur, où l’innovation se fait sans trahir l’essence du groupe. Un disque qui divisera peut-être, mais qui ne laissera sûrement pas indifférent.
Nightmares As Extensions Of The Waking State : la setlist
01. Thrice
02. The Liquid Eye
03. Wind Of No Change
04. Lilac
05. Temporal
06. Departure Trails
07. Warden
08. The Light Which I Bleed
09. Efter Solen
10. In The Event Of
Katatonia : le line-up
Jonas Renkse – Chant
Niklas Sandin – Basse
Daniel Moilanen – Batterie
Nico Elgstrand – Guitare
Sebastian Svalland – Guitare
Site internet de Katatonia : https://www.katatonia.com/





