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Gorod – The Ember Gone : Le retour enflammé des patrons du Tech Death

Gorod – The Ember Gone : Le retour enflammé des patrons du Tech Death

Gorod-Lineup-2026

Il y a des certitudes dans le metal extrême français : le Hellfest attire soit la pluie soit la canicule, le pit finit toujours en sueur, et Gorod sort des albums qui mettent l’ensemble du monde de la musique technique d’accord. Depuis 1997 (sous l’ère Gorgasm puis sous leur nom définitif), les Bordelais envoient des leçons de composition sans jamais donner l’impression de réciter un manuel d’algèbre.

Avec The Ember Gone, leur huitième opus studio, le quintet ne se contente pas de relancer la machine : il affine son propos, resserre ses thèmes et signe sans doute son travail le plus ambitieux depuis le vénéré EP Transcendence.

Plus que 4 dodos: The Ember Gone sortira le 28 Aout 2026!

Un retour aux sources progressives sans perdre le groove

Si vous craigniez un album d’exhibitionnisme guitaristique stérile, soyez rassurés : la marque de fabrique du groupe reste intacte. Entièrement autoproduit au Bud Studio par le guitariste et cerveau créatif Mathieu Pascal, puis confié aux mains d’expert de David Thiers au Secret Place Studio pour le mixage et le master, le disque offre un son d’une clarté exemplaire. Chaque note respire, chaque coup de cymbale fait mouche, et le groove naturel de la section rythmique empêche toute sensation d’overdose.

L’empreinte progressive se fait sentir dès les premières mesures. Les structures s’allongent, les atmosphères se déploient, et le groupe ose des digressions harmoniques qui rappelleront aux fins connaisseurs les plus belles heures de leur discographie intermédiaire. Mais là où d’autres se perdraient dans des méandres purement démonstratifs, Gorod parvient à conserver un sens de la mélodie et du rythme absolument jubilatoire.

Des braises, du feu et une humanité en crise : Les thèmes décortiqués

Terminée l’époque des récits fantastiques, cette fois-ci Gorod nous parle de trucs bien d’ici, bien d’aujourd’hui, et clairement pas très réjouissants. Sauf qu’il n’est pas question de pleurnicher : les mecs nous balancent leurs réflexions avec la précision d’un sniper et une théâtralité qui fait mouche. En gros, si on devait résumer ce qui a gâché leurs nuits pendant l’écriture, on pourrait parler de l’urgence écologique et des incendies dévastateurs. En plus d’avoir été une fois de plus notre triste feuilleton de l’été, le feu n’est plus seulement une métaphore abstraite, mais une réalité palpable. Ça sent le sapin brûlé du premier au dernier morceau. Gorod nous dépeint une planète surchauffée, gavée de béton, de pétrole et d’extraction industrielle. Le constat est simple : on a allumé le brasier, et maintenant on regarde les étincelles sauter en se disant « oups ».

Vous connaissez l’histoire du mec de la mythologie qui a volé le feu aux dieux pour l’offrir aux humains ? Gorod s’est demandé ce qu’on en avait fait. Spoiler : au lieu de s’en servir pour s’éclairer intelligemment, on s’est empressé de tout cramer et de construire des plates-formes pétrolières. Le groupe évite heureusement le piège du « ouin-ouin pardonnez-nous ». Ici, pas d’exagération hypocrite : on a déconné, on assume, et de toute façon il est un peu tard pour faire de la thérapie de groupe.

Et si on ajoute à ça les élites déconnectées, les gouvernants qui font des discours pendant que le toit brûle, et notre belle société de consommation qui nous promet le bonheur en promo, on comprendra alors ce qui a motivé l’écriture de cet album. Tout le monde en prend pour son grade. Le groupe égratigne cette fâcheuse manie qu’on a de toujours repousser les vrais problèmes à demain. Ils vont même jusqu’à poser LA question piège : est-ce vraiment une bonne idée de faire des gosses dans ce foutoir moderne ? Vous avez quatre heures.

Gros coup de cœur pour la pochette signée Hugo Gravel

Visuellement, c’est une petite claque sombre et organique. L’artiste nous sort un buste en pierre/magma totalement fissuré qui recrache ses dernières braises au-dessus d’un paysage calciné. La métaphore parfaite de notre planète qui brûle. J’aime quand l’artwork raconte à mes yeux ce que mes oreilles vont entendre avant même d’avoir ouvert le disque.

GOROD-pochette album

Et sous la vidéo, ça dit quoi ? (Spoilers : la fanbase jubile)

Pas besoin de sortir une étude sociologique : il suffit de jeter un coup d’œil dans l’espace commentaires des internets pour comprendre l’ambiance. C’est simple, c’est un festival de cœurs en feu et de « LET’S GOOOOO ».

Les puristes du groupe applaudissent à deux mains ce virage encore plus progressif. Entre ceux qui se réjouissent de retrouver la vibe complexe façon Transcendence et ceux qui se prennent des baffes sur les passages plus aérés, l’enthousiasme est quasi unanime.

En bref : on valide ou pas ?

Avec The Ember Gone, Gorod confirms juste un truc : ils ne jouent définitivement pas dans la même cour que tout le monde. C’est ultra technique sans jamais devenir chiant, c’est engagé sans qu’on se sente pris de haut, et surtout, ça conserve ce groove légendaire qui donne envie d’ouvrir un pit dans son propre salon. Un disque massif, intelligent qu’on a hâte de découvrir sur scène.

Si cet album vous a plu, écoutez-le encore, s’il ne vous a pas plu, écoutez-le plus fort!

 

Gorod-TOUR2026

Line-up :

  • Julien Deyres : Chant
  • Mathieu Pascal : Guitare
  • Nicolas Alberny : Guitare
  • Benoît Claus : Basse
  • Karol Diers : Batterie

Discographie :

  • Neurotripsicks (2004)
  • Leading Vision (2006)
  • Process of a New Decline (2009)
  • Transcendence (EP, 2011)
  • A Perfect Absolution (2012)
  • A Maze of Recycled Creeds (2015)
  • Kiss the Freak (EP, 2017)
  • Æthra (2018)
  • The Orb (2023)
  • The Ember Gone (2026)

Pour les suivre sur internet:

https://gorodofficial.com/

https://www.facebook.com/GorodOfficial/?locale=fr_FR

https://www.instagram.com/gorod_official/?hl=fr

Chronique du single Remains sorti en juillet dernier:

https://loudtv.net/news/gorod-sort-remains-extrait-de-leur-nouvel-album/

Retrouver l’interview de Julien Deyres:

 

Ma note : 

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