
ANVIL à L’Empreinte : le heavy metal ne prend pas sa retraite !
L’Empreinte, Savigny-le-Temple — Vendredi 9 octobre 2026
Il y a des groupes qui traversent les décennies en regardant leurs plus belles années dans le rétroviseur. Et puis il y a Anvil. Depuis Toronto, le trio canadien continue de défendre un heavy metal sans compromis, forgé à une époque où les riffs se jouaient à plein volume et où l’on n’avait pas besoin de déclencher une avalanche de samples pour faire trembler les murs. Vendredi soir, à L’Empreinte de Savigny-le-Temple, Steve « Lips » Kudlow et ses complices avaient une mission : remettre les premières années d’Anvil au centre du jeu.
Lady Ahnabel : une première décharge électrique
La soirée débute avec Lady Ahnabel, formation française qui ouvre les hostilités dès 19 heures. Le groupe développe un univers metal personnel, comme en témoignent ses productions et ses vidéos officielles, notamment « Bête de live » et « Bionic ». Avec un premier passage pour chauffer la salle avant l’arrivée des vétérans belges, cette ouverture permet de rappeler que le metal ne se résume pas à ses légendes : la scène continue aussi de vivre à travers des formations qui construisent leur propre identité.
Killer : les pionniers belges montent au front
À 20 heures, place à Killer. Et le choix de cette première partie est loin d’être anodin : formé au début des années 1980 à Anvers, le groupe fait partie des pionniers du heavy metal belge. Son histoire est intimement liée à celle d’une scène européenne qui, dans le sillage de la New Wave of British Heavy Metal, cherchait à pousser les amplis toujours plus fort.
Avec Paul « Shorty » Van Camp à la guitare et au chant, Killer cultive un heavy metal direct, rapide et sans chichis. Les albums Ready for Hell (1981), Wall of Sound (1982) et Shock Waves (1984) témoignent de cette identité, entre riffs acérés, énergie speed metal et une approche qui a souvent valu au groupe des comparaisons avec Motörhead.
La présence de Killer aux côtés d’Anvil prend ainsi tout son sens : deux formations historiques, deux parcours marqués par la persévérance et une même fidélité à un metal joué avec les tripes. Avant même l’arrivée de Lips et de ses compagnons, l’affiche propose déjà un joli voyage dans les racines du genre.
Et le timing est d’autant plus symbolique que Killer a sorti The Grand Finale et nous l’annonce comme son dernier album studio. La tournée avec Anvil représente donc une occasion particulière de retrouver ce groupe historique sur scène, dans une affiche qui célèbre autant la mémoire du heavy metal que sa capacité à continuer de vivre.
À 21 h 15, Anvil peut alors prendre le relais pour son retour aux trois premiers albums.
Et quoi de mieux que « March of the Crabs » pour ouvrir les hostilités ? L’instrumental donne le ton avec Lips venu joué au milieu de la fosse, avant que « 666 » ne vienne rappeler que, chez Anvil, les riffs ont toujours eu quelque chose de primitif et d’efficace. « School Love », « Ooh Baby » et « Bedroom Game » poursuivent ce voyage dans les premières années du groupe, lorsque le heavy metal se construisait à coups de guitares tranchantes, de rythmiques solides et d’une bonne dose d’insolence.
Avec « Mad Dog » et « Motormount », la machine poursuit sa route. Pas besoin de réinventer la formule : Anvil assume pleinement son héritage et rappelle que les morceaux de cette époque n’ont rien perdu de leur identité.
Lips, toujours fidèle à lui-même, a la banane, il est particulière heureux de faire le show pour le public de Savigny-le-Temple.
« Winged Assassins » bénéficie d’une longue introduction basse-batterie, avant que « Free as the Wind », dédié à Lemmy Kilmister, ne fasse résonner un hommage à une autre figure incontournable du rock sans compromis. Lips en profitera pour narrer une anecdote avec le leader de Motorhead, issue d’une tournée commune dans les 80’s
La séquence se poursuit avec « Forged in Fire », véritable retour au cœur de l’identité musicale du trio.
Mais Anvil ne serait pas tout à fait Anvil sans son goût pour les démonstrations aussi improbables que mémorables. « Mothra » est ainsi associé à l’une des signatures scéniques les plus extravagantes de Lips : son utilisation d’un vibromasseur pour faire chanter sa guitare.
Du Anvil dans le texte !
Robb Reiner n’est pas en reste : « Swing Thing » lui permet de mettre la batterie à l’honneur, avant que « Jackhammer », dédié à l’ancien guitariste Dave Allison, ne ramène le groupe vers ses racines.
« Metal on Metal » : le mot de la fin
Pour conclure, difficile d’imaginer un choix plus évident que « Metal on Metal ». Le morceau-titre de l’album de 1982 reste l’un des hymnes les plus emblématiques du répertoire d’Anvil. Lips termine le concert au milieu du public, une manière de pousser jusqu’au bout cette proximité qui fait partie de l’ADN du groupe.
Quatorze titres, trois albums fondateurs et une plongée dans les premières années d’une formation qui n’a jamais vraiment accepté de rentrer dans le rang : la soirée de Savigny-le-Temple s’inscrit dans la logique de cette tournée Pounding the Past. Une célébration d’un heavy metal brut, sans artifices inutiles, qui préfère les riffs aux discours et l’énergie à la nostalgie passive.
Anvil n’a peut-être jamais récolté toute la reconnaissance commerciale qu’il méritait, mais son histoire et son influence parlent pour lui. Et tant que Lips et Robb continueront à faire vivre ces morceaux sur scène, le métal aura encore quelques belles années devant lui.
Setlist :
1. March of the Crabs
2. 666
3. School Love
4. Ooh Baby
5. Bedroom Game
6. Mad Dog
7. Motormount
8. Winged Assassins
9. Free as the Wind
10. Forged in Fire
11. Mothra
12. Swing Thing
13. Jackhammer
14. Metal on Metal
Autre groupe de qualité de thrash metal en provenance d’Espagne à regarder ici :
https://loudtv.net/news/angelus-apatrida-nouvel-ep/
Page facebook officielle : https://www.facebook.com/anvilmetal































































