Five finger death punch – Legacy
4 ans … Il nous aura fallut 4 ans presque jour pour jour avant d’enfin découvrir le successeur d’AfterLife. Les Névadiens nous reviennent avec Legacy, 10 chansons pleines de rage, de thèmes divers : la guerre, la religion, les travers humains. Pas très original niveau thématique, cet album les met cependant très bien en musique et en paroles.
La production est excellente de ce nouveau Five finger death punch ! Cet 11ème opus sonne lourd, rien n’est en trop, tout est très bien équilibré et l’écoute est très agréable. Des chansons avoisinant les 3 minutes 30, tout est en mode « pan dans les dents » avec cet album. C’est clair, concis, direct.
L’album est très intelligemment construit, chaque chanson étant sinon un single potentiel, au moins des occasions à haut potentiel de pogos pendant les concerts.
Nous attaquons avec le titre éponyme de l’album, Legacy. Une excellente intro très technique à la guitare après un passage clair qui donne le ton, une batterie en béton armé. Le chant d’Ivan Moody est entêtant, très groovy. C’est un hymne live sans aucun doute.
Dans la même veine, « De oppresso Liber » vous prend à la gorge sans aucun compromis.
Devise des bérets verts Américains, venus pour libérer l’opprimé ce titre est ciselé à la baïonnette. Clin d’œil à l’armée au milieu de la chanson avec une caisse claire tout militaire derrière des chœurs hymniques du plus bel effet.
On ressent encore une fois que la chanson a été composée pour le live.
Le très mid tempo « In Time » nous offre un petit répit après ce déluge de rage, de grooves, de punches très efficaces.
On sent l’esprit torturé et plein de questions métaphysiques et sociétales d’Ivan, notamment dans « Shelter » où il décrit les tempêtes cérébrales que certains d’entre nous connaissent parfois (et lui le premier !) Peser les pours et les contres, en son âme et conscience, et pouvoir se réfugier dans un endroit confortable qu’il est parfois compliqué de trouver. Sans forcément nous apporter des réponses ou nous faire pencher d’un coté ou l’autre de la balance, il a le mérite de soulever ces questions que certains d’entre nous ont peut-être besoin d’entendre pour soigner un mal-être.

Dans « everybody lies », il nous confie ses doutes sur ses concitoyens et leurs intentions et manipulations. Il va même plus loin en remettant en cause certaines institutions, notamment l’école où on nous apprendrait des mensonges… Parti pris délibéré ? Provocation ? Ivan seul le sait. Les chœurs chantés par des enfants, amènent une innocence à une chanson lourde de sens.
« If God forgives, why don’t you, why can’t you ? » chante-t-il dans “Nails in the coffin”.
Je crois qu’on effleure ici une question très belle et pourtant, dans l’humanité de nos jours, Ivan se demande pourquoi il est tellement facile d’effacer les gens de nos vies ? Les justifications sont-elles les bonnes ? Est-ce opportun de faire le vide autour de soi pour une erreur ? Un mot plus haut que l’autre ?
On sent derrière cette phrase la souffrance d’un homme qui n’a pas toujours été compris, pas toujours entendu.
Le très Slipknotien « Unscathed » résume très bien cet album. On choppe l’auditeur au colbac, à grands coups de riffs de guitares très bien construits, de refrains très accrocheurs et d’un groove à toute épreuve. Les soli amènent un vrai plus aux compositions, et ne font pas office de démonstrations techniques. Cet album a vraiment de quoi contenter nombre d’auditeurs acquis ou non au groupe.
Le très indus « Scapegoat » clôture à merveille cet opus. La manipulation par autrui est encore le thème central de cette chanson : ces gens qui vous croient corvéables à merci, et vous utilisent comme bouclier quand cela leur convient.
On sent Ivan très inspiré par ces thèmes de société, humains où tous les mauvais penchants qu’on a tous croisés un jour ou l’autre sont mis en évidence de la plus belle et agressive des façons. Cette ultime chanson est conclue d’un « Fuck You » retentissant qui résume à merveille l’attitude sans compromission musicale et thématique des Américains.
On peut reprocher un manque de risques à Legacy cependant : rien n’est franchement nouveau, mais était-ce le but recherché par les Américains ? A l’écoute de l’album ce n’est pas flagrant : les formules du groove metal et autres étiquettes sont appliquées à la lettre, et peut-on, réellement, leur en tenir grief ? Non car tout est mené de main de maitres. On y retrouve tout ce qui fait la magie et le succès de Five finger Death Punch. Le groupe amène la patte qui a fait d’eux un des groupes leaders du metal mondial, à juste titre. Succession de bangers, cet album est là pour faire plaisir au public et la mission est très bien accomplie.
Le groupe se fait plaisir également, cela s’entend. On les sent très en confiance et ils nous proposent une tracklist contrastée, des lyrics poétiques et torturées, accompagnées à merveille par les riffs.
Les 10 chansons de cet album sont composées très intelligemment et ce dernier est un vrai plaisir à écouter. Une pépite. On est loin de démonstrations techniques de certains groupes.
On est dans l’efficacité pure et (très) dure.
Legacy est un album clairement composé à des fins scéniques : les lignes de chant sont millimétrées, les mots savamment placés et frappants, les titres structurés très simplement, mais que demander de plus ? Le groupe nous gratifie d’un album clair, net et précis. Pas de place pour les fioritures. Les instruments et voix sont utilisés pour servir les chansons et non l’inverse. Cet album tant attendu ne décevra pas l’auditeur tant il est varié, intelligent et sans aucun compromis.

Five finger death punch Legacy tracklist
Legacy
De Oppresso Liber
Eye Of The Storm
Nails In The Coffin
In Time
Unscathed
Joke’s On Me
Everybody Lies
Shelter
Scapegoat
Plus d’informations sur ce 10 eme album ici :
https://loudtv.net/news/five-finger-death-punch-annonce-son-album-legacy/
Le groupe sera en concert debut 2027 avec Lamb of God ainsi que Bleed from Within !
Toutes les dates des Americains en Europe et notamment la parisienne sont ici :
16 janvier 2027 – Manchester (Royaume-Uni)
17 janvier – Glasgow (Royaume-Uni)
19 janvier – Dublin (Irlande)
22 janvier – Birmingham (Royaume-Uni)
23 janvier – Londres – The O2
26 janvier – Düsseldorf (Allemagne)
27 janvier – Hambourg (Allemagne)
30 janvier – Copenhague (Danemark)
2 février – Munich (Allemagne)
4 février – Stuttgart (Allemagne)
7 février – Amsterdam (Pays-Bas)
8 février – Bruxelles / Forest National (Belgique)
10 février – Paris – Accor Arena
14 février – Vienne (Autriche)
16 février – Berlin (Allemagne)
18 février – Prague (République tchèque)
20 février – Stockholm (Suède)
22 février – Helsinki (Finlande)
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