Aller au contenu

SIGH « GOH-KA » ou quand Karma vous en met plein les oreilles

SIGH sort les compositions géniales et les featurings démentiels pour son nouvel opus, « Goh-Ka »

SIGH - Goh-Ka _ 2026
SIGH – Goh-Ka – 2026

Ah le Japon… Ses geishas, ses mets délicats, sa politesse légendaire, ses traditions séculaires.
Aujourd’hui, point de tourisme. Non dans cette chronique, on va aborder un ovni du métal en général et du Black métal prog en particulier.
Si pour vous Baby Metal ou Mad Capsule Market étaient le summum du métal Japonais, alors accrochez-vous bien, parce que pour Goh Ka, Sigh a sorti des bataillons de samouraïs bien fâchés prêts à vous perforer les tympans… ou de kaméhaméhas selon votre génération.

Un peu d’histoire.

Sigh est né voilà 36 ans dans les quartiers de « la capitale de l’Est », plus connue sous le nom de Tokyo depuis 1868.

Mirai Kawashima Dr. Mikannibal (Mika Kawashima) Nozomu Wakai
Mirai Kawashima, Dr. Mikannibal (Mika Kawashima), Nozomu Wakai

Leur premier album “Scorn Defeat” jeta les bases de ce que Sigh allait devenir, un groupe marginal mais néanmoins génial. 14 albums plus tard, Goh Ka, est toujours aussi inspiré et fantastique. On y retrouve toujours ce côté brut du black métal, mêlé très subtilement à des parties un peu electro, des guitares poussées dans leurs derniers retranchements, et bien entendu des passages de shaminsen (instrument à cordes Nippon), de koto, de shinobue, qui font flotter dans l’air un parfum de génie. De folie dirons certains ? D’incongruité diront d’autres ?

Qu’importe les rabats joie spécialistes de rien, cet album est génial !

Kuso-Shi 123, 456, 789: pour les non Japonophones, ces termes mis ensembles désignent une colère intense ou bien une vulgarité. Ce sont 4 chansons distinctes au cours de l’album. D’un point de vue spirituel, bouddhiste pour être précis, ce sont les 9 phases de décomposition du corps. La phase 7 a sa propre piste, la chanson numéro 10. Phase où les os se séparent les uns des autres. Charmant, mais tellement emprunt d’une spiritualité si forte au pays du soleil levant.
Pour ces 4 chansons, Sigh ne déroge ni à sa musique sombre à souhait, ni à ses paroles toujours fortes de sens et de culture.

Quand vous mettrez cet album dans votre mange-disques, ne vous attendez pas à un fil conducteur « logique ». Sigh ont leur propre logique, leur propre grammaire. Vous allez vous retrouver des fjords Norvégiens aux montagnes de Nagano entre 2 secondes, et c’est un voyage des plus agréable je dois avouer.

Plus proche que les Alpes Japonaises, se trouve un charmant pays nommé Suède, mère d’un groupe tout aussi génial que Sigh, dans d’autres dimensions toutefois, et j’ai nommé Opeth.
Vous pensez surement que je viens de dévisser, mais si vous m’aviez laisser finir ma phrase, vous auriez compris : Mirai Kawashima, force créatrice de Sigh a eu l’idée plus que géniale d’inviter Mikael Akerfeldt sur Unputenpu.

Mikael Akerfeldt
Mikael Akerfeldt

Guitariste surdoué, Akerfeldt a totalement compris ce que Kawashima voulait distiller au travers de Goh-Ka. On retrouve le son typique des soli du maitre Suédois, mais, aussi bizarre que cela puisse sonner, le solfège nippon se mixe parfaitement aux sons Européens. Ce morceau est une pépite. Enfin une pépite d’un calibre un peu plus épais que ses 10 consœurs qui composent cet album démentiel.

Tant que la parenthèse « Guest » est ouverte, notons que Fred Leclercq fait partie du line up puisqu’il a posé toutes les lignes de basse de cet album. Un petite pause Nippone pour lui entre Sinsaenum, Kréator, Loudblast. Mike Heller, batteur de Fear Factory et Malingnancy fait également partie de ce All Star.

Fred Leclercq
Fred Leclercq

 

Mike Heller
Mike Heller

Jigoku Soshi 2, titre qui fleure bon la violette est d’un trash qui n’est pas sans rappeler le Slayer des grands jours. Une véritable bruterie sans aucune autre forme de jugement, qui régalera les oreilles les plus exigeantes. Le tout saupoudré d’un refrain Behemothien et des instruments qui hurlent, vous nettoient assez allègrement derrière les molaires.

Kushukankyo fait du bien. Elle permet une pause folko-nippone très fraiche du plus bel effet. Tout y est dosé de main de maître, tout est y intelligent, intelligible et pour peu qu’on s’en donne la peine, Goh-Ka est une de leur plus belle galette a ce jour. Ses 13 grands frères ne démériteront jamais à mes oreilles cependant.

Pour conclure, on sent toute la puissance créative de Kawashima Senseï tout au long de cet album. Je l’auto proclame Maître, mais mettez ce disque, fermez les yeux, et laissez vous transporter le long de ses rivières créatrices tortueuses, vous comprendrez aisément pourquoi. Le voyage est magique autant que brutal. Cet album vibre de la plus belle des façons et saura contenter les headbangers les plus exigeants. Arriver à mélanger autant de styles différents sans que « ça ne soit de trop », en tant que musicien, je ne peux qu’ôter mon couvre chef bien bas. Ils ne passeront pas par la France pour défendre Goh-Ka, ce qui est bien dommage, mais en attendant, jetez vous sur ce monument érigé par un des savant fou du métal le plus inspiré du moment.

じゃあね

LINE UP

Mirai Kawashima – Chant

Dr. Mikannibal – Chant et saxophone

Nozomu Wakai – Guitare

Frédéric Leclercq (Kreator) – Basse

Mike Heller – Batterie

DISCOGRAPHIE

Scorn Defeat (1993) 

Infidel Art (1995) 

Hail Horror Hail (1997)

Scenario IV: Dread Dreams (1999)

Imaginary Sonicscape (2001) 

Gallows Gallery (2005)

Hangman’s Hymn – Musikalische Exequien (2007)

Scenes from Hell (2010)

In Somniphobia (2012)

Graveward (2015)

Heir to Despair (2018)

Shiki (2022)

 

Ma note : 

Partager cet article

Nos dernier articles

Abonnez-vous à notre Newsletter

Recevez nos informations directement dans votre boîte mail. Leur nombre est limité. Vous, comme nous, n’aimons pas les mails intrusifs.