
Ça fait un paquet de fois que je vois Ultra Vomit en concert et, vous savez quoi ? C’est toujours un grand moment ! Et puis, UV a ce petit truc irrésistible en live… Il y a des groupes comme ça, avec lesquels on sait qu’on va tout simplement s’éclater en fosse, chanter toutes les paroles, danser comme des fous et partager l’enthousiasme collectif du public (et un peu de sueur, mais c’est ce qui rend les bons concerts encore plus savoureux, me direz vous). Attention : spoiler incoming !
Pour cette tournée, sobrement intitulée Tour 2K24, le groupe a mis le paquet en matière d’humour et d’énergie ! Et ça tombe bien, car Fetus, Manard, Matthieu et Flockos étaient visiblement attendus de pied ferme. Les (premières) dates avaient été annoncées il y a de nombreux mois et tout est complet. De nouvelles dates sortent pour 2025 et, à chaque ouverture de vente, c’est la même chose : ça sold out aussi rapidement que papa dans maman.
Alors oui, comme je le disais, Ultra Vomit en concert, c’est toujours super, mais… est-ce que cette tournée est aussi bien (voire encore mieux) que la précédente ? Et la réponse est, sans grand suspense : oui, bien évidemment ! Avant que je ne rentre dans les détails, il me semble primordial de revenir sur l’élément principal de ce grand oui : le groupe défend, entre autres, son nouvel album, Ultra Vomit et le Pouvoir de la Puissance, en live.
Et quel album, n’est-ce pas ? Si vous ne le savez pas encore, c’est que, d’une part, vous ne l’avez pas écouté et que, d’autre part, vous n’avez pas lu ma super chronique. Shame on you (pour reprendre les paroles d’une chanteuse qu’on connaît tous, ne faites pas semblant. Et même double shame on you puisque je suis sûre que vous avez honte d’avoir la réf’).
https://loudtv.net/ultra-vomit-et-le-pouvoir-de-la-puissance-la-chronique/
Princesses Leya en première partie
En première partie sur plusieurs dates, j’ai pu voir Princesses Leya, déjà vu au Sylak cette année. Vous savez, Princesses Leya, c’est le groupe / one-man-and-woman show métallique. Certains connaissent le chanteur, Dédo, qui a participé au Jamel Comedy Club (Antoine Schoumsky, guitariste, est aussi comédien d’ailleurs). Je sais que Princesses Leya, c’est généralement assez clivant : soit les gens adorent, soit ils détestent. Pour les avoir vus sur deux dates, je peux vous dire que les gens ont globalement adoré.

En ce qui me concerne, je soutiens complètement le délire, même si je n’adhère pas à toutes les vannes (je pense que ce n’est pas tout à fait mon humour tout simplement). En fait, celles auxquelles j’adhère le plus sont celles d’Antoine (d’ailleurs, askip, il a fait des voix additionnelles de Final Fantasy VII Rebirth). Sur scène, le spectacle est très travaillé et même si on se doute qu’il y a assez peu d’impro, le groupe renvoie l’image de vrais gentils.
Pour tout vous dire, j’ai même réussi à interagir avec leur batteur, Xavier, pendant qu’il était sur scène. Donc même si on n’a pas le même humour, on a vraiment envie de rentrer dans l’univers de Princesses Leya et de se laisser emporter par son histoire.
Pour moi qui n’adhère pas à tout ce qu’ils proposent, j’ai vraiment passé une très bonne soirée en leur compagnie. On sent un spectacle extrêmement bien travaillé, une interaction sincère avec le public et, comme pour Ultra Vomit, Princesses Leya est dispo à la fin de son show au merch’ !

Place à Ultra Vomit
Une fois Princesses Leya parti de scène, les techniciens s’affairent pour l’arrivée de la tête d’affiche ! Globalement, on retrouve sur ce live tout ce qu’on adore chez Ultra Vomit : de la bonne musique, de l’humour, de l’humain, une setlist d’anthologie et beaucoup de fun. Pour cette tournée : ambiance cinéma avec quelques pubs qui mettent le public dans l’ambiance (on ne se lasse ô grand jamais du téléshopping d’Andréas Martin), un disclaimer bien drôle et un lancement en mode « Universal Studio ». Ensuite, c’est parti pour 1h30 qu’on ne voit clairement pas passer.
La setlist
L’ouverture du concert d’Ultra Vomit sur Dead Robot Zombie Cop From Outer Space II (avec la présence de Léa Bouchart en guest) donne le ton : on sait pertinemment que ça va transpirer sévère de fond en comble de la salle remplie à mort. Le mix de la setlist est particulièrement agréable : on retrouve un peu de tout, une chanson de monsieur Patate (I Like to Vomit), le meilleur d’Objectif : Thunes (Boulangerie Pâtisserie, Mechanical Chiwawa, Darry Cowl Chamber, Quand j’étais petit), tout ce qu’on surkiffe de Panzer (même Batman VS Predator quoi), et puis des nouveautés qu’on avait hâte de découvrir en live !
On a bien évidemment droit à la minute Manard en plein set. Alors, il faut savoir qu’en bonne amoureuse de Mylène, j’étais très heureuse qu’il massacre reprenne Désenchantée sur une tournée précédente. En plus, moi qui adore les jeux de mots merdiques, je rigolais trop de son « je suis une version très mal chantée ». Pour cette tournée, l’Émilie que je suis est toute aussi ravie de l’entendre défoncer rendre hommage à Joe Dassin et son fameux Dans les yeux d’Émilie (et putain, je sais pas quel génie a sorti cette photo pour habiller la chanson mais GG).
En ce qui me concerne, je souligne deux bémols tellement minimes qu’on ne les voit même pas à l’œil nu, vis-à-vis de la setlist (histoire d’être un peu relou quand même, après on va encore me dire que je ne suis pas objective avec les groupes que j’aime). Le premier (qui n’en est pas vraiment un puisque c’est très personnel mais, j’ai entendu d’autres gens le partager), c’est qu’ils ne jouent pas Tikawahukwa. La setlist actuelle est top mais j’adore tellement cette chanson que j’aurais surkiffé voir ce qu’elle donne en live.
Le second concerne les rappels. Il y en a trois : La puissance du pouvoir, Kammthaar et A.N.U.S. Donc après deux chansons où le public se termine en bonne et due forme et dans les règles de l’art (transpiration, voix cassée et sourire niais collé sur le visage), A.N.U.S. vient un peu casser le mood avec sa lenteur et sa voix grave (d’ailleurs, on est OK que ça s’inspire des Inconnus qui s’inspirent d’Indochine ? Ou d’Indochine tout court ?) Ce serait sûrement mieux de la jouer avant et de terminer le set on fire ! Mais ce n’est que mon humble avis et ça n’enlève rien à l’excellente setlist que nous propose Ultra Vomit.
Le show
S’il y a un truc qu’on ne peut vraiment qu’adorer avec UV, c’est son authenticité ! Alors oui, j’ai déjà lu des rageux se plaindre que c’est toujours les mêmes vannes à leur concert, etc. Mais les gars, vous iriez voir les Inconnus (désolée, niveau humour j’ai pas meilleure réf’) en spectacle plusieurs fois pour leur reprocher de faire les mêmes vannes soir après soir ? Non. Ben là, c’est pareil.
Et puis, il faut savoir faire la part des choses : il y a le show et le reste. Et il est appréciable de voir que le groupe est naturel et qu’au-delà du spectacle et des vannes qui en font partie, il n’y a pas de phrases standards du style « Bonsoir Lyon / Paris / Bordeaux / Charleville-Mézières » pré-enregistrées et ressorties chaque soir au même instant (on a tous des exemples en tête, pas la peine que je balance des noms de groupe).
Non non non : là, on sent que le groupe vit chaque concert pleinement et fait preuve de naturel dans ses interactions avec le public. D’ailleurs, Ultra Vomit est tout aussi respectueux de son crew : il a le mérite de présenter les techniciens et l’équipe qui les accompagnent sur la tournée, chose à laquelle je suis particulièrement sensible et qui ne fait que renforcer l’humilité que renvoie UV.
Musicalement, c’est aussi dans le mille : la technique est au rendez-vous. C’est d’ailleurs la force des groupes à tendance « humoristique / parodique » qui marchent : musicalement, ils sont bons. Alors, je ne peux pas juger de tous les instruments, évidemment. Seulement de la batterie d’ailleurs. Et chez Ultra Vomit, je trouve que la batterie a le gros avantage d’équilibrer un jeu suffisamment technique pour être légitime (du blast, de la double, des breaks, toussa toussa) et de l’âme (tous les batteurs n’ont pas de musicalité, ce qui est le cas ici). Et +1 pour l’accent espagnol de Flockos sur Patatas Bravas.

Globalement, le show est hyper bien travaillé et fonctionne merveilleusement bien : qu’il s’agisse de la scénographie, des vidéos, des happenings, le spectacle roule et les gens sont à fond de l’autre côté des crash barrières.
Le SAV Ultra-Vomitesque
Et tout ça pour un prix qui semble complètement irréel : si ça, ce n’est pas un putain de respect pour son public… Soyons sérieux quelques minutes, car ça mérite largement d’être souligné. Sur cette tournée, le prix des places se situe aux alentours de 30 euros (même en Suisse, truc de fou). C’est parfois le prix qu’on retrouve pour des soirées avec des groupes de cover (non, je n’ouvre pas de débat, je n’ai rien contre les groupes de cover perso).
Mais vu les tensions dans l’industrie musicale et les prix des billets de concert qui se sont littéralement envolés ces dernières années… il est d’autant plus appréciable de se dire qu’Ultra Vomit, malgré son succès, reste aussi abordable financièrement. Même constat au niveau du merch’…
D’ailleurs, dernier point qui mérite aussi d’être mis en avant : l’accessibilité du groupe. Les mecs viennent de se taper 1h30 à tout donner et, 20 minutes après le show, on les retrouve au merch’ où ils prennent le temps de parler, de faire des photos, de signer ce qui doit l’être, etc. et ça avec tout le monde, jusqu’à la fermeture des salles. La proximité d’Ultra Vomit avec son public est tout à fait louable. Pour avoir pris quelques photos de ces instants, je peux vous garantir qu’il faut vraiment aimer les bains de foule, encore plus quand on sort de scène (enfin, je suppose, puisque ça ne m’arrive jamais).

Bref, vous l’aurez compris, je suis plus que convaincue, ravie et emballée par ce nouveau show (que j’aurais vu trois fois en un mois pour ne pas vous mentir mais là, comme dirait Jean-Louis Aubert : voilà, c’est fini). Je n’aurai donc qu’un conseil pour vous : foncez prendre des places pour le tour 2K25 !

Mes remerciements vont bien naturellement à Ultra Vomit, Verycords et Médiatone, ainsi qu’au Radiant-Bellevue, pour leur accueil.
Un immense merci à Romaric (What the Hell) pour avoir la gentillesse de me dépanner quelques photos d’Ultra Vomit suite à un problème technique avec mon appareil.
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