
Make Them Suffer, un groupe incontournable de la scène metalcore
Formé en 2008 à Perth en Australie, Make them suffer fait partie des groupes qui sortent du lot d’une scène Metalcore qui n’en finit plus de produire des clones.
Les divers changements de line up à travers les années, dont dernièrement en 2022 avec l’arrivée de Alex Reade au chant/claviers, n’affectent pas la montée en puissance du groupe qui produit 4 albums très qualitatifs entre 2012 et 2020 et se positionne parmi les formations de metal moderne les plus intéressantes du moment.
A l’instar d’un groupe comme Bring Me The Horizon dans un autre registre, le combo Australien produit d’abord une musique plutôt extrême, en mélangeant son metalcore à un Death/black Metal symphonique sur ses 2 premiers albums. Des morceaux travaillés et progressifs avec divers arrangements au piano et cuivres, une voix deathcore omniprésente et l’utilisation avec parcimonie de chant féminin.
Il évolue intelligemment vers un style plus direct, épuré et accessible sur ses dernières productions, en incorporant des éléments électroniques et mélodiques, une mise en avant du chant clair féminin sur les refrains, le tout sans y perdre son âme et ses racines musicales.
Une évolution qui se poursuit en 2024 avec la sortie du cinquième effort du groupe au titre éponyme.
L’album débute sur les chœurs religieux de l’introduction instrumentale « The warning ». Son atmosphère électro, futuriste et cinématographique donne le ton et débouche sur le destructeur « Weaponized ».
Le morceau avec son riff martial, ses growls impressionnants et parfaitement maitrisés du chanteur Sean Harmanis, les refrains pop aériens de la nouvelle recrue Alex Reade, le tout enrobé d’une grosse couche électro/indus étonne et séduit par son exceptionnelle fluidité.
Les singles « Oscillator » et « Doomswitch » jetés en pâture aux fans en 2022, imparables hits, démontrent l’évolution toujours plus moderne et mainstream du groupe tout en gardant intacte sa brutalité et son énergie.
La voix féminine de Alex Reade est une réelle valeur ajoutée pour Make them suffer qui tranche avec la brutalité de la voix saturée et gutturale de Sean Harmanis, et apporte un réel contraste entre les deux vocalistes, comme une alternance entre ombre et lumière.
« Mana god » déboule ensuite pour ce qui est peut-être le morceau le plus violent et réussi de l’album. Tout n’est qu’avalanche de hurlements deathcore et gros riffs pachydermiques sur fond d’ambiance électro à la Prodigy. Un must qui se démarque de par une absence totale de chant clair et rappelle les racines plus extrêmes du groupe.
On enchaine avec le féroce « Epitaph » et son refrain fédérateur, avant les surprenants et superbes « No hard feeling » et « Venusian Blues » qui s’aventurent sur un terrain plus pop et atmosphérique dans leurs constructions. Une prise de risque notable et réussie qui apporte une respiration bienvenue à ce stade de l’opus, l’ombre des Deftones n’est pas très loin.
Un « Ghost of me » puissant nous sort de notre torpeur et revient à un style sauvage mais toujours maitrisé. L’hypnotique « Tether » nous malmène une avant dernière fois sous un déluge de brutalité metal/electro et un très beau refrain radiophonique avant « Small town syndrome » qui conclut l’album sur une touche metalcore caractéristique.
Avec un côté indus et deathcore, Make them suffer est toujours bien présent, une production énorme, rugueuse et massive, les nouveaux morceaux sont de véritables rouleaux compresseurs.
Malgré un relatif assagissement du propos avec les années, le combo se démarque par un style musical plus violent et organique, moins lisse, que ses collègues de la scène metalcore actuelle, et se rapproche plus d’un Fear Factory sur vitaminé que d’un Spirit Box.
Les Australiens ont mis les petits plats dans les grands et cassent la baraque avec un album énergique, percutant, et intense qui ravira les fans de métal moderne et burné, même si certains regretteront un côté plus commercial et des compositions moins ambitieuses que par le passé.

Retrouvez le groupe sur sa page facebook : https://www.facebook.com/makethemsufferau
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