
PANTERA BAND
CHRONIQUE DE PANTERA –
THE GREAT SOUTHERN TRENDKILL
LA GLOIRE EST UN SERPENT. QUE JAMAIS NE M’ATTEIGNE SA MORSURE. V. ROZANOV.
Comme tous les mythes, PANTERA ne fut jamais vaincu, et ne le sera jamais, oui jamais, en aucun cas, avec certitude ! Car la légende texane gravée dans les relents de débauche, de crasse et d’hystérie insensés, laissée par un vécu chahuté à l’excès et par sa monumentale discographie, fut précurseur d’un nouvel horizon musical, qui tournent pleinement et sournoisement dans les sillons noirs débridés de la dernière œuvre d’exception du bastion de la LONE STAR STATE, THE GREAT SOUTHERN TRENDKILL. Mais avant tout, un flash back s’impose, car rien ne semble lié au commun des mortels chez la Panthère américaine.
Des premiers disques GLAM METAL, plutôt « quelconques », puis l’arrivée soudaine du loup bestial PHIL ANSELMO (chant) s’acquittant d’une première prestation transitoire plus enlevée (POWER METAL), amenant une stylistique nouvellement créée vers une quadrilogie infernale dont son premier monument COWBOY FROM HELL (1990). Puissant, mélodique, entraînant, où la bête vocale signe une performance majuscule, tout en diversité.
Malgré tout, les compositions sont encore sous la coupe majuscule de son célébrissime ainé adulé californien METALLICA. Elles s’en écarteront progressivement, sur un VULGAR OF DISPLAY (1992) coup poing, au groove ravagé et aux esclandres vocales infiniment tubesques. Puis prendront définitivement leur envol sur les deux autres monuments qui feront suite, FAR BEYOND DRIVEN (1994) et THE GREAT SOUTHERN TRENDKILL (1996). Ceux-ci établiront le socle de styles plus modernes par de jeunes groupes novateurs, dont l’audace aura (ou finira par avoir) une audience internationale.
Mais le destin est capable de tout, ce qu’il donne à la vie, il peut sans aucune concession le reprendre à la mort, en claquant des doigts, un seul et simple instant, annonciateur des prémices du chaos et de la tragédie. Les médicaments mangeurs de chair, l’héroïne dans les veines et le cœur, puis l’overdose un soir de concert (le 13 juillet 1996). PHIL ANSELMO survivant blessé, mais pas tué, se désengageant de plus en plus de son PANTERA d’origine (DOWN prenant une place souveraine dans sa vie d’artiste perturbé). Frasques permanentes qui scelleront le voyage du band texan, qui mettra fin à sa savoureuse aventure sur des mésaventures de fortune (2003), après une dernière composition artistique de choix REINVENTING STEEL (2000), ne réinventant pas l’acier trempé du style du félin. Mais l’embellissant d’un dernier coup de croc puissant et solide, bien qu’inférieur sans doute à son illustre quadrilogie indissociable de la légende, le précédent.

La suite ne fut qu’un mauvais film, une série B horrifique, où l’acteur principal est drame, malheur et tragédie. Éléments de morts, déclenchant à travers le globe bleu de chaudes larmes sur la rudesse des larges épaules d’un DIMEBAG DARRELL assassiné (2004), un soir de pluie, de boue, de merde, au bout du bout d’un concert funeste d’un DAMAGE PLAN médiocre, nouvellement créé.
Les palpitations du muscle cardiaque de son autre moitié de génie (VINNIE PAUL), elles s’éteindront un jour où l’opulence du jeu et de la débauche ne prendra pas fin pour autant, le 22 juin 2018 dans la capitale des interdits du vice (lundi maudit où VINCENT PAUL ABBOT s’est éteint à l’âge de 54 ans, à son domicile de LAS VEGAS, en raison d’une cardiomyopathie, soit un cœur hypertrophié).
Dès lors PANTERA n’est plus pour toujours, et la nostalgie des mots d’hier, nous mène à ceux d’aujourd’hui où PHIL ANSELMO et REX BROWN refont revivre le mythique PANTERA scéniquement, sous une autre forme avec deux autres musiciens d’exceptions ZAKK WYLDE (GUITARES : BLACK LABEL SOCIETY, OZZY OSBOURNE) et CHARLIE BENANTE (BATTERIE : ANTHRAX).
Irremplaçables, les frères ABBOT le seront pour l’éternité, mais l’occasion inespérée pour les néophytes, ou pas d’ailleurs, se présente à nouveau, afin d’y vivre la fièvre, la furia que fut la discographique du groupe en live. Également le moment idéal pour lui rendre un hommage vibrant, en son honneur et pour ce qu’il fut, l’un des monuments de l’art metallique de l’ère moderne.
Pantera – The Great Southern Trendkill (Full Album) [Official Video]:
:Pour cela batifoler avec l’obscurantisme de THE GREAT SOUTHERN TRENDKILL (1996) n’est pas vain, tant il est sans conteste l’album le plus varié et corrosif de PANTERA. Autant provocateur qu’anticonformiste, le groupe donne un successeur de renom à son déjà illustre prédécesseur étoilé FAR BEYOND DRIVEN (album qui s’est hissé à la première place du Billboard 200 (1994)), drapé d’une production percutante, explosive, expérimentale (TERRY DATE), et dont le souffle lyrique sombre dans la douleur psychologique, irradiant l’étrangeté novatrice de l’oeuvre.
L’écoute de ce monument avant- gardiste laisse toujours ce sentiment si singulier, habité, mêlé, aussi euphorisant qu’hypnotique, les sons nous embarquent dans un voyage intemporel, morbide à souhait, sans concessions qui pourtant instaurent une forme de plaisir malsain de la négation.
En pleine dissension, l’unité artistique n’a pourtant jamais été aussi prégnante, la cohésion de nos quatre musiciens jaillit d’un feu d’addictions, empli de névroses, de doutes, souffrances et douleurs.
Dans la totale complainte et le désarroi, PANTERA préserve ses racines les plus influentes, et érige en maître sa philosophe de la désarmante surprise qui redéfinit et repousse les limites et contours de la légende (la pâle splendeur de « Flood » et sa fantomatique présence éraillée féminine, hallucination ou réalité?).
Perpétuelle immersion dans les profondeurs de la déchéance psychotique aussi brutal que lancinante, contraste méchamment puissant entre sombres mélodies entêtantes (« 10’s ») et folies dévastatrices (« The Great Southern Trendkill »).
Au bord d’un cataclysme sismique, au souffle très court prêt à en découdre avant l’extinction totale (PHIL ANSELMO). Mais mené jusqu’au bout des enfers de vie (un ANSELMO, sombre, oppressant, intimiste, qui dans un accès de colères jubilatoires, fauche la terre entière, des médias (« War Nerve »), au mouvement en vogue du nu-metal (« The Underground in America »)), par des pulsions rythmiques intarissables, infatigables, infranchissables au groove diabolique (« Drag The Waters », « 13 Steps To Nowhere »), où rien ne laisse supposer au repos, sauf quand elles sont invitées à s’affranchir du malin mal qui l’habite, le ronge et le détruit, par des mélodies salvatrices (le solo improbable de « The Underground In America« ) d’un DIMEBAG gorgé de feeling au plus haut point (« Flood », « 10´s »).
Coupeur de corde, étincelle de survie phénoménale, s’opposant à la raideur d’un suicide annoncé (« Suicide Note Pt. I, Suicide Note Pt. II) , allant même déterrer la mémoire de ses ancêtres sudistes les plus anciens (les légers accents bluesy de DIMEBAG DARRELL sonnent le glas tout le long du disque).

Un appel funèbre aussi lourd et noir, qu’envoûtant et psychédélique (« Flood ») construit à partir d’une voie cérébrale dégénérative et structurer par la musique unifiée autour du génie créatif d’un band sans limite, ni contrainte, arrachant d’un psychisme paranormal, des atmosphères ahurissantes, inconcevables, à la merci d’un malade psychiatrique en quête de rédemption.
Ignorant l’avenir, le démon pourra entrevoir la guérison, d’autres plus « angéliques » verront l’ensevelissement de leur âme et génie artistique, injustement s’éteindre à jamais. Mais ce qui pourrira et ne restera que poussière, laissera l’emprunte éternelle d’un chef-d’œuvre, le meilleur album de PANTERA, peut-être parce que le plus torturé, sincère, possédé, et puissamment émotionnel.
THE GREAT SOUTHERN TRENDKILL est une expérience sonore unique des voies démoniaques de l’invisible et de sa thérapeutique que l’on se doit de vivre au plus prêt, au plus fort, ne serait-ce au moins qu’une seule et unique fois dans sa vie (mais cela est improbable, voire impossible, tant il est fantastique).
A LA MEMOIRE DE DEUX FRANGINS ET VIRTUOSES DE LA MUSIQUE : DIMEBAG DARRELL ET VINNIE PAUL
RIP
LINE-UP :
PHIL ANSELMO – CHANT

DIMEBAG DARRELL – GUITARES

REX BROWN – BASSE

VINNIE PAUL – BATTERIE

TRACKLIST : (53m 11s)
01. The Great Southern Trendkill – 03:46
02. War Nerve – 04:53
03. Drag The Waters – 04:55
04. 10’s – 04:49
05. 13 Steps To Nowhere – 03:37
06. Suicide Note Pt. I – 04:44
07. Suicide Note Pt. Ii – 04:19
08. Living Through Me (hell’s Wrath) – 04:50
09. Floods – 06:59
10. The Underground In America – 04:33
11. (reprise) Sandblasted Skin – 05:39
DISCOGRAPHIE :
METAL MAGIC (1983)

PROJECTS IN THE JUNGLE (1984)

I’AM THE NIGHT (1985)

POWER METAL (1988)

COWBOYS FROM HELL (1990)

VULGAR DISPLAY OF POWER (1992)

FAR BEYOND DRIVEN (1994)

THE GREAT SOUTHERN TRENDKILL (1996)

REINVENTING THE STEEL (2000)

PRODUCTION :
Produit, mixé et masterisé par TERRY DATE.
PHIL ANSELMO enregistre les parties de chant au studio de TRENT REZNOR à la Nouvelle-Orléans, pendant que le reste du groupe enregistre au TEXAS.
ARTWORK :

SORTIE/LABEL :
THE GREAT SOUTHERN TRENDKILL est le huitième album du groupe américain de POWER METAL/GROOVE METAL PANTERA, il est sorti le 22 mai 1996, via le label EASTWEST RECORDS.
LIEN FACEBOOK DU GROUPE :
https://www.facebook.com/Pantera?
CHRONIQUE DU NOUVEL ALBUM DE BLEEDING THROUGH NINE :
https://loudtv.net/bleeding-through-une-grele-de-destruction/
CHRONIQUE DU TOUT DERNIER DISQUE DE METALLICA 72 SEASONS :
https://loudtv.net/metallica-coeur-fougueux-dun-vieux-guerrier-juvenile/





