
Présent à la Viry Tattoo Convention, Lies We Sold s’inscrit dans une dynamique de stabilisation après plusieurs années de transformation. Entre changements de line-up, évolution artistique et recherche d’identité sonore, le groupe metalcore revient sur un parcours marqué autant par les ruptures que par la construction progressive d’une cohérence musicale et visuelle.
Bonjour Lies We Sold, nous sommes à la Viry Tattoo Convention. Merci de répondre aux questions de Loud TV. Pouvez vous vous présenter ?
Maxime : je suis le batteur de Lies We Sold et je suis arrivé en 2022/23.
Anthony : je suis le chanteur et je suis arrivé en octobre 2018.
Quentin : je suis le guitariste et j’ai monté le groupe avec Florian. Le line up a un peu évolué puisque Anthony et Max sont arrivés après. Aujourd’hui le groupe est stable, ce qui nous permet d’avancer.
Florian : je suis le batteur et j’ai donc cofondé le groupe.
Quelle est l’histoire du groupe ?
Quentin : Le groupe est né en 2015, après un changement de projet et de nom. On a voulu repartir sur des bases plus solides.
Anthony : Quand je suis arrivé, il y avait eu une période sans chanteur. C’est à ce moment-là que le projet a vraiment redémarré.
Quentin : On a même failli arrêter. On avait un EP prêt, mais sans line-up stable, ça n’avait plus de sens. L’arrivée d’Anthony a relancé toute la dynamique.
Parlez moi de vos influences.
Anthony : Elles évoluent, mais on reste solidement ancrés dans le metalcore. On mélange des sonorités modernes avec une touche plus old school, inspirée des années 2000, ce qui donne un style moins “ultra moderne”. On partage des références comme Polaris, Architects ou Bring Me The Horizon, tout en gardant des influences personnelles propres à chacun.
Dites m’en plus à propos de votre processus de création.
Quentin : La plupart du temps, les morceaux naissent d’un de mes riffs. Anthony et moi construisons une première base qu’on fait évoluer ensemble. Puis chacun vient ajouter sa touche pour enrichir le morceau.
Anthony : Quentin a apporté la majorité des idées de riffs sur les quatre derniers singles — dont un qui sort bientôt. Moi, je me concentre davantage sur la production : structurer les morceaux pour qu’ils soient cohérents, et enrichir le tout avec des synthés, des effets et différents éléments d’arrangement.
On avait un autre guitariste qui assurait aussi les back vocals. Mais il a quitté le groupe.Du coup on réfléchit à des solutions, notamment en travaillant davantage les voix.
Quels messages avez-vous envie de transmettre dans vos morceaux ?
Anthony : Mes textes évoluent pas mal en ce moment. Avant, j’écrivais beaucoup à partir d’images en tête, influencé par mon travail sur les clips que je réalise. Je partais donc sur des thèmes assez universels comme la séparation ou l’enfermement, pour laisser à chacun la possibilité de s’y reconnaître et pour pouvoir les traduire visuellement.
Aujourd’hui, je tends vers quelque chose de plus personnel et introspectif, avec des sujets toujours sombres mais parfois teintés d’espoir. Il n’y a pas de message politique : l’objectif reste avant tout de transmettre des émotions.
Est-ce que tu penses au clip quand tu écris ?
Anthony : Oui, tout à fait. J’écris à partir d’une images en lien avec l’ambiance de la composition.
Et toi, comment tu t’appropries ces morceaux ? Est-ce que tu te retrouves dans ces morceaux ?
Maxime : c’est une question intéressante. Je ne m’y retrouve pas systématiquement, mais je comprends l’intention et j’essaye de me l’approprier au mieux. C’est bizarre à dire mais j’essaye de prendre plaisir à les jouer. Avant même les paroles, il faut que la musique me touche pour que j’ai du plaisir à jouer le morceau.
Anthony : On compose tout, tous les deux et on soumet les idées au reste du groupe, ce qui donne un processus assez collaboratif.
Florian : Ben moi j’apprends les morceaux ! (rires). Comme il a déjà été dit, notre façon d’écrire et de composer est assez collaboratif. Ce qui nous donne cette cohésion. Après, il n’y a plus qu’à les jouer !
En quoi Fragments a été un tournant pour Lies We Sold ?
Quentin : On a changé d’accordage, il était beaucoup plus bas ! (sourires)
Anthony : On a sorti ce morceau en novembre 2024, et c’est à ce moment-là que le projet a commencé à prendre une direction plus claire. Par la suite, notamment avec Night Circles Deep, on a affiné notre style et notre approche.
On a trouvé une vraie dynamique de travail, plus fluide, qui nous permet de composer de manière plus naturelle et cohérente. En parallèle, on a aussi posé les bases d’une direction artistique plus solide, pour éviter les clips isolés et donner une vraie continuité à l’ensemble du projet.
Maxime : Je trouve que les morceaux devenaient plus adaptés à la scène.
C’est important d’avoir cette cohérence et de pouvoir rejouer les morceaux tels quels sur scène ?
Florian : On ne les joue pas forcément tels quels. Certains morceaux de l’EP nous plaisent beaucoup, mais semblent un peu mous en live. À l’inverse, les nouveaux titres fonctionnent mieux et sont plus motivants à jouer.
Sujet du jour : qui est tatoué, qui ne l’est pas ?
Anthony : On est tous tatoués, parce que l’année dernière, on s’est tous fait faire le même ! Quentin et Flo ont un petit tatouage chacun et ceux de Max et moi sont plus « gros ».
Que représente pour vous le tatouage ? Est-ce un message, une esthétique, un acte de rébellion, l’appartenance à une communauté ou quelque chose d’autre ?
Maxime : Esthétique et message pour moi. C’est personnel et notamment lié à mes parents.
Anthony : C’est surtout un choix esthétique, lié à des souvenirs de jeunesse. Il y a pas mal de références à des jeux et des mangas qui m’ont marqué.
C’est aussi le besoin de les ancrer (encrer ? NDLR) sur moi, comme une manière de les garder. J’ai mis du temps à franchir le cap : j’ai fait mon premier tatouage à 31 ans. Et au final, je ne regrette pas du tout.
Quentin : De mon côté, c’est à la fois un choix esthétique et un symbole fort. On l’a fait en groupe, avec la même tatoueuse et autour d’un thème commun, Toy Story. Chacun a choisi un personnage, entouré de fragments de verre, en référence directe à Fragments, le morceau sorti à ce moment-là.
C’est aussi une manière de symboliser le groupe et de garder une trace indélébile de cette période.
Florian : Pour moi, c’est surtout une démarche artistique. Je suis plus attiré par l’esthétique ou le travail d’un artiste que par une symbolique particulière.
Vous avez déjà fait pas mal de concerts, (notamment au Mennecy Metal Fest NDLR), est ce que la configuration de ce soir change quelque chose pour vous ?
Maxime : Non, pas pour moi, on envoie la même dynamique et le même message quel que soit le lieu .
Anthony : C’est un défi, car le public est très varié et familial. Les gens ne viennent pas forcément pour le metal ou le tatouage.
Il me semble que cette année, il y a davantage de passionnés de metal et de tattoo. On a déjà joué plusieurs fois ici, et même si l’ambiance varie selon les éditions, on ne change pas vraiment notre approche. Aujourd’hui, on sent plutôt une bonne énergie.
Quentin : Pour moi, on ne change rien, il faut qu’on donne tout, comme d’habitude.
Si quelqu’un découvre Live We Sold aujourd’hui, quel morceau devrait-il écouter et pourquoi ?
Quentin : Le dernier « Echos Inside »
Maxime : Je dirais les deux derniers. Parce qu’ils représentent un peu la dynamique du moment.
Anthony : Night Circles Deep. Il est court, condensé, et va droit au but : efficace, direct et facile à appréhender.
Le dernier est un peu plus complexe dans sa structure, moins immédiat, donc pas forcément le plus accessible pour découvrir le projet. C’est pour ça que je le considère comme une meilleure porte d’entrée.
Quentin : Night Circles Deep fonctionne très bien mais je préfère Echos Inside : il est très complet, avec un refrain accrocheur, un breakdown qui tabasse, et une vraie efficacité globale.
Florian : Moi, ce serait Nine Circle Deep, parce que ça tabasse bien.
Que voudriez vous que les gens retiennent concert de Lies We Sold de ce soir ?
Anthony : L’objectif est de transmettre de l’énergie et de partager un vrai moment avec le public, sans message imposé. On veut surtout que les gens vivent le concert avec nous, bougent et se laissent porter, dans une énergie collective et immersive.
Quentin : on veut du partage, de l’émotion et du plaisir partagé, tout simplement.
Et de retrouver vos fans.
Quentin : Tout à fait. On essaye de porter un maximum notre musique.
Florian : Pareil, l’amusement avant tout, qu’ils s’amusent au moins autant que nous.
Anthony : Et qu’ils continuent à nous suivre.
À travers cette interview, Lies We Sold apparaît comme un groupe en équilibre entre son passé mouvementé et une phase de structuration plus stable. Entre metalcore moderne, construction collective et affirmation progressive d’une identité visuelle et sonore, le projet continue d’évoluer sans rupture brutale, mais avec une direction de plus en plus lisible.
Retrouvez notre interview de Manu Cross, organisateur de la Viry Tattoo Convention : https://loudtv.net/interviews/la-viry-tattoo-convention-expliquee-par-manu/
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