
Deathtura revient avec un tout nouvel album : Faith
Le groupe, fier représentant de la scène métal Belge Francophone, se forme en 2012 près de Bruxelles.
Après un premier EP et des concerts permettant au combo de se faire repérer rapidement, il stabilise son line up en 2016 et enregistre son premier album « DIVISION » en Italie.
L’opus frappe fort avec un thrash/groove/heavy metal puissant et moderne du plus bel effet et bénéficie même d’une sortie en dehors de ses frontières en Europe aux Etats-Unis et au Japon le 26 octobre 2018.
Après sept longues années d’absence, les Wallons reviennent en février 2025 avec leur tout nouvel album « FAITH » sous le bras.
Un laps de temps conséquent, donc, qui a sans doute permis au groupe de mieux se connaitre, d’explorer et de faire évoluer son univers musical.
Le superbe artwork de l’album donne le ton et immerge l’auditeur dans l’univers de « FAITH » avant même le lancement de la première piste. Un sceau représentant un œil sans fond, ou une planète aspirée par un trou noir selon l’interprétation de chacun, interpelle, fait réfléchir et nous met dans de bonnes dispositions psychologiques pour découvrir la nouvelle offrande des Belges.
Le brûlot « D.E.A.T.H.T.H.U.R. A » ouvre l’album et surprend agréablement avec sa boucle samplée inquiétante, son rap sombre et ses riffs lourds et profonds.
On pense à CLAWFINGER sur ce morceau entêtant à l’ambiance poisseuse. Un style plutôt original et expérimental, teinté d’indus, qui aurai mérité d’être davantage exploité pour la suite de l’opus.
Le destructeur « MONSTER » ne pourrait pas mieux porter son nom tant l’influence de GOJIRA est prégnante. L’ombre de ce dernier qui d’ailleurs, on le constatera, n’a pas fini de planer outrageusement sur tout le déroulement de « FAITH ».
L’ambiance dramatique et oppressante qui se dégage du morceau et renforcée par un puissant refrain ou le chanteur Bastien Flames montre toute l’étendue de sa capacité vocale.
Le single « BURDEN » illustré par un clip plutôt rudimentaire, prête à sourire tant le motif de guitare d’introduction est directement pompé sur le célèbre groupe métal Landais.
C’est cependant bien élaboré et on se laisse volontiers entrainer par cette composition brutale, aérée par un refrain planant, malgré le plagiat évident.
On embraye sur le sauvage « MY INCEPTION » ou la violence ne laisse aucun répit à l’auditeur, les couplets gutturaux s’enchainant à merveille avec les refrains plus clairs.
Un break destructeur vient parachever le tout de façon « Gojiresque » sur fond de soli de guitare timide.
Le martial « BURN WITH ME » déboule ensuite avec une rythmique endiablée et un refrain hurlé bien burné ou la filiation avec un certain Joe Duplantier se fait clairement sentir.
A ce stade de l’album on constate une énorme progression du groupe, tant dans les compositions beaucoup plus matures, sombres et torturées, que dans la production et les arrangements.
L’évolution vers un style musical plus introspectif et moins démonstratif que sur « DIVISION » ,avec notamment l’éviction des solos de guitare, en est la preuve la plus flagrante.
Un riff ultra groovy ouvre « YES I’AM » (ALL OVER) deuxième single de l’album.
Les couplets oppressants, très glauques, où Bastien Flames semble mettre ses tripes sur la table donnant le change à un refrain énergique, en font une des compositions les plus ambitieuses et réussie de ce nouvel album.
Dommage ceci dit que le clip, fait de bric et de broc, qui présente le titre ne soit pas à la hauteur et démontre un manque de charisme et de créativité évident sur ce point.
L’intermède « BLUE MOON » à l’ambiance délicieusement malsaine, presque « Mansonienne », permet de reprendre sa respiration sans relâcher la tension, avant d’enchainer avec un ‘énorme « DIE TO CHANGE » plus heavy que l’enfer.
Les rythmiques et breaks syncopés font encore penser à qui vous savez sur ce morceau en forme de rouleau compresseur soutenu par la voix habitée de Bastien Flames d’une rare intensité.
« TAKE IT » véritable décalque du morceau « BACKBONE » de GOJIRA époque « FROM MARS TO SIRIUS » montre, pour qui avait encore un doute, de qui ils s’inspirent sur cet album, qui se conclu en beauté sur le planant et cathartique « CYEATATFIM » et sa magnifique introduction à l’ambiance hypnotisante.
L’intervention déchirante de Bastien Flames en milieu de chanson, enfonce le clou sur un final chargé en émotions.
Ce hiatus de 7 ans a donc été bénéfique pour Deathtura qui a effectué un pas de géant depuis son précèdent méfait.
Les Wallons ont beaucoup muri et travaillé et cela se ressent à l’écoute de FAITH.
Un album riche, percutant et efficace qui dégage beaucoup d’émotions, de talent et de volonté de bien faire, à défaut d’être inoubliable.
Le tout souffre en effet cruellement d’un manque de personnalité, et peine à sortir du lot de cette scène metal moderne, certes prolifique, mais avec peu de groupes transcendants capables de faire la différence.
Le combo doit arriver à digérer ses influences, car avec un tel potentiel, il mérite sans doute mieux que d’être un vulgaire clone du groupe des frères Duplantier.
Retrouvez notre article à propos du premier clip du groupe : https://loudtv.net/deathtura-presente-yse-i-am-all-over-extrait-de-faith/
Retrouvez le groupe sur sa page facebook : https://www.facebook.com/deathtura





