
Après plus de vingt-cinq ans d’histoire, DeadlySins aborde une nouvelle étape avec une line-up renouvelée, sans renoncer à ce qui fait son identité. A l’occasion de leur passage au Mennecy Metal Fest, le groupe revient sur cette transformation, sa conception du collectif, son attachement au thrash old school et surtout sur cette énergie qui, malgré les années, continue de les pousser vers la scène.
Bonjour DeadlySins, pouvez vous vous présenter et me présenter le groupe en quelques mots ?
Mathieu : Mathieu, vocaliste.
Laurent K : Laurent K, guitariste droitier.
Nico : Nico, basse.
Laurent G : Laurent G, guitariste gaucher. On est Deadly Sins, on fait du thrash metal depuis 2000. Aujourd’hui, on est au Mennecy Metal Fest, on est très contents d’être là !!! On vient de descendre de scène et c’était super.
Jake Venom : Jake Venom, j’aime taper. Deadly Sins, les péchés capitaux… On flirte avec le coquin, avec le violent. Et sur ma casquette, il y a 777. C’est plus fort que The Beast : The Beast, c’est 666 ! (rires)
Mathieu : Sur les sept péchés capitaux, il y en a trois qui sont chouettes. Les autres, l’avarice, on n’a pas un sou, donc ça n’a aucun intérêt. La bouffe, la boisson, le cul. Et puis un peu la colère aussi, parce que jouer du thrash avec des fleurs, non merci !
Laurent K : Plus sérieusement, Deadly Sins est né de mon amitié avec Laurent. On se connaît depuis la sixième, et ça fait un bail.
Nico : Et moi, je suis le petit dernier. Je suis arrivé fin février et je suis content d’être là.
Vous arrivez aujourd’hui au Mennecy Metal Fest après plusieurs mois de transformation. Avez-vous le sentiment que votre nouvelle line-up est stabilisée ?
Laurent K : Complètement. Laurent et moi, on a eu quelques projets avant, mais DeadlySins existe depuis 2000. La line-up est super stable aujourd’hui. Et ce n’est que le début.
Jake Venom : Le petit dernier s’est très bien intégré. Habituellement, quand on va à un concert, on rigole, mais lui, il nous a cassé les couilles, dès le départ, avec un plan de carrière, les disques qu’il faut sortir, etc…
Comment cette transformation a-t-elle impacté vos façons de composer ? Qu’est-ce que les nouveaux ont apporté ?
Laurent G : Ça impacte forcément beaucoup de choses. Je compose une grosse partie des morceaux, mais je prends toujours en compte les goûts et les spécificités de chacun. Il y a les capacités techniques, bien sûr, mais aussi les sensibilités de tout le monde.
Mathieu : On a quand même une forme de démocratie chez DeadlySins. Sur le dernier album, il y avait un morceau qu’on n’a finalement pas sorti parce qu’on n’était pas d’accord. Cette façon de composer nous convient très bien parce qu’il n’y a pas d’embrouilles. En plus de 20 ans, on n’a jamais claqué la porte du local ni éclaté un instrument sur la gueule d’un autre, et c’est très bien comme ça.
Vous avez déjà joué plusieurs concerts avec cette nouvelle formation. Qu’est-ce que ces premières dates vous ont appris ?
Nico : J’ai surtout essayé d’apporter mes connaissances techniques, et de faire mon job de mon côté.
Jake Venom : Il a roulé sa bosse, le bassiste. Il a vu des choses que nous, petits poucets du thrash underground, nous n’avons pas encore vues ! (rires)
« Quand j’ai vu notre bassiste lors du premier concert commencer à descendre et jouer au milieu du public, je me suis dit : “C’est bon, c’est gagné.” »
Mathieu : Pour revenir au line-up, quand j’ai vu notre bassiste lors du premier concert commencer à descendre et jouer au milieu du public, je me suis dit : « C’est bon, c’est gagné. » Il est à l’aise, il s’impose, il est dedans. Il est totalement fait pour ça.
Laurent G. : On a eu la chance que les départs ne se soient jamais faits en mauvais termes : c’est la vie, les gens ont leurs contraintes. Et les musiciens qui se sont greffés ensuite ont tous apporté un souffle, une particularité et des capacités. On se retrouve aujourd’hui avec une équipe fraîche et ultra-motivée.
Mathieu : Ce qui est assez drôle pour des types presque quinquagénaires.
Comment réussit-on à s’intégrer dans un groupe qui a déjà une longue histoire ?
Jake Venom : En ce qui me concerne, j’ai été biberonné au thrash depuis l’âge de 13 ans. L’ADN musical est le même, donc ce n’est pas très compliqué. Au début, ce sont des individualités qui possèdent les mêmes repères culturels, donc c’est facile. Et puis ce sont de braves mecs, des bonnes personnes. Tu t’intègres très facilement avec des mecs qui auraient pu être tes potes depuis le collège. Je vous aime les gars !!! A boire !!! (rires)
Laurent K : On a tous les mêmes contraintes : on est tous mariés, tous parents. On est de la même génération, avec les mêmes références. Ça facilite énormément les choses.
Mathieu : Peut-être qu’il y a également un état d’esprit différent. On a connu l’ancien temps, celui de la VHS, du catalogue papier pour commander nos vinyles. Et puis c’était une époque où, quand on s’engageait, on s’engageait vraiment.
Aujourd’hui, on voit des jeunes groupes où les mecs composent chacun de leur côté pendant six mois, se retrouvent pour deux répétitions et partent faire des concerts. Il y a moins de discussions et même d’engueulades. Chacun fait son truc de son côté. Moi, je suis très heureux de cette line-up de vieux briscards.
Jake Venom : On a tous commandé nos T-shirts et nos albums sur Adipocere. On avait le catalogue papier, on recevait ça par la poste. Et, ironie de l’histoire, c’est devenu notre label. Saint Christian nous a signés, et on le remercie parce que ça nous a aussi boostés !
Comment trouvez-vous l’équilibre entre votre identité historique et l’évolution apportée par les nouveaux membres ?
Jake Venom : Nos références, ce sont Destruction, Slayer, Kreator et Metallica : du thrash pur jus des années 80. Néanmoins, on est restés ouverts à la New Wave of Thrash Metal, comme Municipal Waste et consorts. Dès qu’une nouveauté nous plaît, on l’intègre, mais on reste thrash.
Mathieu : On écoute aussi ce qui se fait actuellement : le deathcore, les trucs ultra-techniques qui vont à 200 à l’heure, surproduits en studio. Mais notre vision de Deadly Sins restera old school, même si on ne reste pas bloqués en disant « avant c’était mieux » ! Récemment, on a fait fabriquer des patchs parce que beaucoup de jeunes de 20 ans nous en demandaient pour leurs vestes. Ils cherchent une musique intègre, où les mecs se donnent à fond sur scène, sans être trop synthétique ou lissée.
Laurent K : On attire naturellement des gens qui nous ressemblent. Du coup, tout se fait simplement.
Mathieu : Il y a une phrase qui résume bien l’état d’esprit. Quand Pantera a explosé et qu’on a demandé à Slayer ce qu’ils en pensaient, Tom Araya a répondu : « On s’en fout, on est Slayer ! »
Quelque part, c’est pareil pour nous. Quand on a commencé il y a plus de vingt ans, tout le monde nous disait qu’il ne fallait plus faire de thrash. Aujourd’hui, le thrash revient partout et les jeunes ont envie de quelque chose de plus authentique.
Autrefois, le thrash était extrêmement brutal. Les gens ressortaient avec des hématomes, des arcades pétées. Aujourd’hui, c’est peut-être différent, mais l’énergie est toujours là. Ce qu’on a vu aujourd’hui en est une preuve : peu de téléphones, beaucoup de mouvement dans le public. Les gens vivaient réellement le concert. C’est ça que j’aime.
Jake Venom : Le métalleux est un animal nocturne. Dès que le soleil se couche, son cerveau reptilien se réveille et il a envie d’aller bouger dans le pit, avant d’aller boire des bières avec les copains. En journée, c’est plus tranquille, c’est normal !
« Tant que DeadlySins pourra jouer, on ira jouer, même si on finit sur les rotules. »
Mathieu : La dernière fois qu’on a joué près de Grenoble, je suis reparti à 23h00 pour embaucher à 04h00 du matin. J’ai dormi deux heures. À presque 50 piges, c’est ça être vivant ! Tant que DeadlySins pourra jouer, on ira jouer, même si on finit sur les rotules. Le chanteur d’Angelcorpse m’avait dit un jour : « Monter sur scène, c’est ce qui sépare les vrais hommes musiciens des autres. »
Après toutes ces années, Qu’avez-vous envie de conserver de Deadly Sins et que souhaiteriez-vous faire évoluer ?
Laurent K : on gardera toujours notre intégrité, l’énergie et la simplicité. Après, on a envie de franchir des étapes, de se professionnaliser davantage et de peaufiner certains détails. Mais l’esprit de base restera le même. On ne sait pas faire autrement.
Nico : Gravir les échelons, ça se fait petit à petit, en travaillant. Sur ce concert, on a ajouté quelques petites choses qui complètent le set. Le résultat est excellent, on est contents, on a le smile.
Mathieu : C’est important pour nous de sortir de notre région. À Lyon, on a notre public. Mais quand on joue ailleurs, devant des gens qui ne nous connaissent pas, et qu’ils viennent nous dire après le concert : « Putain, je ne vous connaissais pas, c’était génial ! », c’est la meilleure phrase du monde. Ça donne une banane d’enfer et ça motive pour continuer.
Aujourd’hui, les groupes émergents travaillent énormément leur visuel, leur univers et leur communication. Vous, vous restez très instinctifs. Quel regard portez-vous sur cette nouvelle génération ?
Laurent G. : Les nouveaux groupes se professionnalisent très sur leurs concept et de l’univers. Sur Internet, on t’explique à travers 50 tutoriels qu’il faut penser ton projet dans les moindres détails dès le départ.
Je pense qu’on arrive à un point de cassure avec le numérique et le dématérialisé. Nous, on fait la même chose depuis 26 ans, avec authenticité, parce qu’on aime ça.
Au départ, on était trois dans un garage chez nos parents. Notre projet s’est développé au fil du temps, sur la base de l’amitié, de l’authenticité et des rencontres.
Aujourd’hui, certains reviennent peut-être un peu en arrière et sont contents de retrouver cette approche. Les groupes qui arrivent avec un projet très construit, c’est bien. Mais j’aimerais savoir lesquels seront encore là dans 26 ans.
Mathieu : aujourd’hui, les groupes cherchent des concepts compliqués. Nous, par exemple, on aimait bien la chanson The Deadly Sleep. On s’est dit qu’on allait s’appeler « Les Slips Mortels », puis c’est devenu DeadlySins ! (Rires)
Pour finir, qu’allez-vous retenir de cette édition du Mennecy Metal Fest ?
Jake Venom : C’était super ! S’ils veulent de nous, on revient quand ils veulent, même sur la Menn’ Stage à 21h00 ! Un grand kiff.
Nico : L’accueil, le public aux petits oignons, le smile… C’était top. Le festival est très pro. Au fil des ans, l’équipe sait se remettre en question pour faire plaisir aux groupes et au public. Côté technique, c’était zéro défaut.
Laurent G : L’accueil, la technique, le site, le village d’exposants… Tout est super bien pensé. La jauge du site est parfaite : ce n’est pas surpeuplé, on peut se promener et discuter facilement. On a été extrêmement bien reçus par l’organisation.
Laurent K : On tient aussi à remercier Adipocere, Christian, et Chris de MusikÖ Eye. Sans eux, on ne serait pas là aujourd’hui. Un grand merci à eux !
Retrouvez notre interview de Jean Philippe Dugoin Clément à propos du Mennecy Metal Fest 2026 : https://loudtv.net/interviews/mennecy-metal-fest-2026-interview-de-jp-dugoin/
Retrouvez le groupe sur :
https://www.facebook.com/DeadlySins.Official
https://www.instagram.com/deadlysins_official_777/





