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Koudeta nous parle de son album éponyme

Koudeta - Pierre Guérin
Koudeta – Pierre Guérin

Il est parfois des noms de groupes qui vous cueillent comme un uppercut au creux de l’estomac. Un de ces noms qui vous intrigue et vous donne envie d’en savoir plus. Koudeta est de cette trempe. Mais prenons garde à ne pas nous laisser entrainer sur les fausses pistes de ce qui sonne comme un slogan politique (quoique ???) ou sur les chemins de traverse d’un groupe de copains/copines transfuges d’autres formations qui « s’amuseraient » à faire de la musique. Koudeta est bien plus que ça et ses musiciens nous raconte leur version de l’histoire.

Bonjour Koudeta, vous avez sorti votre 1er album le 13 octobre, pouvez-vous vous présenter et nous présenter le groupe ?

Rémi : Le groupe se compose de Thomas Chamereau à la batterie, (qui fait également partie du groupe War Inside), de Ludovic Chaveau à la basse (également bassiste dans Trepalium) de Teona Chitishvili au chant et moi-même Rémi Verger à la guitare.

On a commencé tous les 3 en 2019 avec l’envie de faire de la musique entre copains.

Puis on a intégré Teona qui est la femme de Sylvain Bouvier le batteur de Trepalium. On a commencé à travailler dans un registre metal extrême death/thrash, et on a intégré des éléments de rock, de fusion qui correspondent au registre vocal très large de Teona.

L’envie de s’amuser entre amis nous a amené à enregistrer l’album et le résultat nous donné envie d’aller plus loin. C’est pourquoi on a fait appel à Klonosphère pour la promotion.

On demande souvent à des musiciens qui jouent dans différentes formations si leur projet est un side projet ou un « vrai groupe ». Qu’en est-il pour vous ? 

Thomas :  ce n’est pas un side-projet pour moi. Même si ça prend du temps et que ce n’est pas toujours facile.

Rémi : cette notion n’a de sens que si tu as un groupe qui tourne beaucoup et que tu fais autre chose à côté « pour t’amuser » ou explorer d’autres voies artistiques. Mais ce n’est pas quelque chose d’annexe pour nous.

Quelles sont du coup vos influences ?

Rémi : j’aime tout le métal au sens large, et mes influences sont très variées et pas très originales. Elles vont du death thrash 80’/90’, toute la scène death américaine, en passant par le heavy et le hard rock. Quand j’ai commencé à écouter du gros son, j’écoutais surtout du punk hardcore. J’aime beaucoup cet état d’esprit et cette authenticité. Mais nos grosses influences sont surtout Pantera et Alice In Chains.

Thomas :  j’ai commencé aussi comme toi, j’aime beaucoup le death technique, avec Anata par exemple. J’écoutais pas mal de punk quand j’étais plus jeune. Mais plus je vieillis, plus j’écoute des choses plus calmes, comme Ghost en ce moment.

Remi : En ce qui concerne Teona, elle aime beaucoup de choses, mais surtout Rage Against The Machine, Pantera et Alice In Chains. Il faut savoir que c’est aussi une chanteuse de variété et qu’en Géorgie, elle officiait dans Vanilla Cage. Elle peut chanter du Aretha Franklin, du JJ Goldman ou du Mariah Carey.

Le nom de l’album sonne comme un slogan politique, quelle est sa signification et est-ce un album revendicatif ?

Remi : on cherchait à l’époque, un nom de groupe tout en buvant un whisky qui s’appelle Koudeta. Il a été baptisé par un lord écossais, en hommage au coup d’état de 1799 de Napoléon Ier. On a trouvé le nom cool, d’autant plus qu’on fait du metal et qu’il nous fallait un nom un peu « méchant ». Mais il n’y a aucune autre signification.

Comment se passe de processus de création, qui écrit et qui compose ?

Remi : la composition musicale est collégiale, même si j’apporte 2/3 des idées de base et Ludovic 1/3. On les retravaille ensuite ensemble et chacun donne son avis. C’est vraiment un travail de groupe et d’appropriation. Par contre c’est Thomas qui propose ses parties de batterie.

Quels sont les thèmes abordés dans cet opus ?

Rémi : Je rédige des textes sur des sujets dont j’ai envie de parler. Cependant,  j’écris les paroles après qu’on ait intégralement composé la chanson. Il faut non seulement qu’on ait la musique, mais aussi que Teona ait posé son « chant en yaourt » non pas bulgare mais géorgien (rires). Et c’est tout ce travail qui va m’inspirer. Il peut y avoir des résonances politiques, parce que c’est ce qui m’aura agacé au moment de l’écriture, mais nous ne sommes pas un groupe engagé. Quoique…. Teona est géorgienne et son pays est sous occupation russe tout comme l’Ukraine. N’étant pas la plus grande admiratrice de Poutine, elle m’avait demandé d’écrire un texte et c’est devenu « Bastard ». Le discours qu’on entend est celui que le maître du Kremlin a prononcé la veille de l’invasion de l’Ukraine.

Les morceaux sont courts à part On The Way Of The Creator et The Maze. Et on rentre dans le vif du sujet dès le 1er morceau de l’album.  Il y a des alternances de lignes musicales entre heavy/thrash et fusion parfois un peu de mélancolie et surtout des changements de rythmes. On sent une subtile filiation avec RATM (Bastard) et un son très 90’. Qu’en pensez-vous ?

Rémi : c’est exactement ça, on n’a rien d’autre à dire (rires). Mais comme je suis un grand fan, et je m’en repends (rires) de Dream Theater, ça peut me conduire parfois à composer de longs morceaux. Alors Ludovic veille au grain pour qu’on garde un format un peu « pop », un peu percutant qu’on aime tous !

Teona a une voix puissante, et on sent qu’elle peut pratiquement tout chanter, entre chant rappé et clair comme On The Way of The Creator ou The Maze (qui pour moi est un bon résumé de l’album) et incroyable sur Fascist Coward ou sur Gaia’s Revenge ou elle est sur 2 registres différents frisant presque le lyrique !  

Thomas : elle est tout à fait capable d’aller vers le lyrique !

Rémi : elle peut tout chanter et pourrait très bien faire Stairway To Heaven pendant 10 mn ! Ou, faire du « lyrique » même si le niveau d’exigence est plus haut dès qu’on parle de musique classique. On aurait tendance à aller vers le registre mélodique dans lequel elle est très à l’aise. Mais elle préfère vraiment ce registre beaucoup plus « brut ».

La production est un peu brute, Rémi tu as dit que votre concept est d’être direct et authentique, comment avez-vous enregistré ?

Rémi : on a enregistré de façon assez « classique » en ayant pas mal maquetté en amont. On n’a pas enregistré de façon live, ce qui serait le plus ultime dans le coté brut, mais plutôt avec un son assez naturel. On n’a pas voulu multiplier les couches musicales, mais garder le son qu’on a en live.

Parlez-moi de votre artwork : qui l’a conçu et qu’en est le message ? On dirait la Statut de la Liberté insolente et provocatrice, qui nous interpelle et nous demande ce qu’on a fait à cette pauvre planète Terre.

Thomas : c’est une belle description

Ludovic : je la vois exactement comme tu l’as décrite

Rémi : c’est mon cousin Quentin Vincendeau qui l’a conçu. Je voulais une figure féminine majestueuse et souveraine et je lui ai donné une direction esthétique pour qu’il puisse travailler, mais sans aucune autre indication. Et il nous a fait cet artwork.

Koudeta Artwork
Koudeta Artwork

Comment allez-vous défendre cet album, avez vous quelques dates ?

Rémi : on va en faire en 2024. Teona ayant eu un bébé en juillet de cette année, on a décalé la sortie de l’album et les concerts. On a déjà quelques dates, dont une en janvier à Bressuire. On va essayer d’en faire un maximum pour défendre l’album et ouvrir la voie au deuxième album.

Ah ! Scoop : un deuxième album en préparation !

Rémi : on a déjà quatre titres qui sont bien avancés et sur lesquels Teona a posé son « chant ». On va avancer, mais j’aimerais bien qu’en 2025 on sorte notre prochain opus !

Rendez vous  pris pour une future interview à propos du deuxième album de Koudeta !

Enregistrements, Mix/Master : Fabien Guilloteau (Nomad Studio)

Enregistrements Guitares : Thim Valade

Crédit photos : Pierre Guérin
Influences :

Websites :
koudeta.bandcamp.com/releases
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